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Actualités Publié le 21 mai 2019

L’Hermione : petite histoire de l’invitée d’honneur

La « frégate de la liberté », qui emmena La Fayette en Amérique en 1780, a sombré au large du Croisic en 1793. C’est sa réplique, construite de 1997 à 2014, qui est en vedette à Débord de Loire.

Au terme d’un chantier de 17 ans, la réplique de la « frégate de la liberté » a pris la mer (photo Francis Latreille, Association Hermione).
Au terme d’un chantier de 17 ans, la réplique de la « frégate de la liberté » a pris la mer (photo Francis Latreille, Association Hermione).

Avril 1779 : L’Hermione est mise à l’eau à Rochefort où elle a été construite par l’Arsenal royal. C’est une frégate dite légère, rapide et maniable, à trois mâts, équipée de 34 canons. Elle témoigne d’une période féconde pour la construction navale et des ambitions maritimes du royaume de France.

En mars 1780, le marquis de La Fayette embarque à bord de L’Hermione. Âgé de 23 ans seulement, il a convaincu Louis XVI de le laisser partir combattre aux côtés des insurgés américains qui luttent pour leur indépendance contre l’Angleterre. Pendant plusieurs semaines, L’Hermione participe avec succès à des batailles navales contre la flotte anglaise. En février 1782, alors que la guerre bascule en faveur des insurgés, L’Hermione regagne la France.

Disparue au large du Croisic

Survient la Révolution. Après l'exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793, la France doit faire face à une coalition de puissances européennes. L’Hermione reprend du service. Elle est postée à Mindin, dans l’embouchure de la Loire, pour appuyer les troupes républicaines contre les Vendéens. Le 20 septembre 1793, elle est mobilisée pour escorter jusqu’à Brest via Quiberon dix navires et deux barges chargées de canons sortis de la fonderie d’Indret. Mais en soirée, à cause d’une erreur de navigation, la frégate s’échoue sur le plateau rocheux du Four, au large du Croisic. Elle coule le 21 au matin, son équipage ayant été évacué.

C’est en 1984 que Michel Vasquez découvre l’épave de L’Hermione. 20 ans plus tard, à la retraite, ce passionné d’archéologie et de plongée sous-marine parvient à mobiliser partenaires et acteurs publics pour une campagne de fouille de l’épave. Au cours de l'été 2005, deux canons et l'ancre longue de 4,30 m sont ramenés à la surface. Restaurée par les équipes du laboratoire du Département, Arc’Antique, cette ancre originale sera présentée au public au village des Chantiers à Débord de Loire.

Une fidèle réplique

C'est au milieu des années 1990 que l’association L’Hermione-Lafayette se mobilise pour reconstruire une réplique la plus fidèle possible de la frégate de la liberté. Le chantier démarre en 1997. Il aura fallu retrouver des savoir-faire oubliés et respecter l'original. Au final, la reconstruction de L'Hermione aura nécessité la fabrication de 25 kilomètres de cordage, 1 000 poulies, 2 200 m2 de voilure, un mât de 54 mètres de haut, 32 canons, une ancre de 4 mètres de haut, pour une masse totale de 1 200 tonnes. En 2014, elle est testée en Atlantique avant le voyage inaugural vers les États-Unis en 2015.

Du jeudi 23 au samedi 25 mai au matin, L’Hermione sera amarrée à Saint-Nazaire, à quelques mètres de l’ancienne base sous-marine, et sera ouverte aux visites publiques. L’après-midi, grands navires, vieux gréements et voiliers de course paraderont aux côtés de la frégate jusqu’au quai de la Fosse à Nantes. Jusqu’au lundi 27 mai, la frégate accueillera les visiteurs désireux d’en découvrir plus sur la vie à bord.