2019-07-03T16:09:49Z https://metropole.nantes.fr/files/images/participer/initiatives-citoyennes/bureaudelaterre/ARMOR19-675.jpg
L'énergie solaire vue par Armor

L'énergie solaire vue par Armor

"La Transition Énergétique, c'est nous !" vous, et eux ! Ces acteurs de l'énergie qui s'engagent à relever le défi de la transition énergétique sur la métropole nantaise. Après les commerçants en juin, c'est l'énergie solaire qui est à l'honneur en juillet sur le Bureau de la Terre. Le Groupe Armor a accepté de répondre à nos questions.

Bonjour Denis, qui êtes-vous et que faites-vous ?

Bonjour, je travaille au sein du Groupe Armor en tant que Responsable du Développement Commercial sur le secteur du bâtiment et des serres. Armor est une entreprise industrielle locale, basée au sud de Nantes. Nous sommes leader mondial sur une technologie de fabrication de ruban d'impression à transfert thermique et notre marché s'accroit chaque année, ce qui nous permet de créer des emplois  sur la région nantaise, d'agrandir notre entreprise et de développer l'économie locale.

Qu'est ce que vous faites en matière de transition énergétique ?

Le process de fabrication que l'on maîtrise pour le ruban d'impression est identique à celui utilisé pour la fabrication de films photovoltaïques organiques innovants, avec des encres enduites sur un film fin. Depuis 2008, le Groupe Armor a souhaité s'inscrire dans la transition énergétique, en investissant 60 millions d'euros et 8 années de travail dans la Recherche & Développement pour développer ce savoir-faire, et mettre en relation les compétences industrielles de l'entreprise et les innovations technologiques du photovoltaïque.

Qu'est-ce que ce film photovoltaïque a de plus qu'un panneau solaire ?

Notre solution de film photovoltaïque est décarbonée ! Nous n'avons pas besoin de silicium ou de métaux rares, contrairement à un panneau solaire classique. Notre film est donc économe en ressources naturelles et en énergie puisqu’il est inutile de faire venir de l'étranger des matières premières rares ou compliquées à extraire.
Nous avons estimé que le temps d'exposition du film pour compenser l'énergie produite pour sa fabrication est inférieur à 3 mois. A titre de comparaison, la dette énergétique d'un panneau solaire en silicium est en moyenne de 2 ans.
Aujourd'hui, nous cherchons à développer des applicatifs pour différents secteurs, comme le bâtiment. On a besoin d'expérimenter sur des projets concrets pour mettre en situation notre innovation, et baisser les coûts de production. C'est seulement si un marché existe que les prix baissent. Nous devons démontrer à  travers des preuves notre concept, la variété des usages possibles en réponse aux différentes demandes.
L'expérimentation est une étape essentielle, c'est pourquoi nous saisissons toutes les opportunités pour présenter notre film photovoltaïque, aux collectivités territoriales ou aux promoteurs immobiliers par exemple.

Donc demain, votre film se déploiera sur le territoire... mais comment concrètement ?

Notre film s'installe là où un panneau solaire traditionnel ne va pas. Nos modules sont ultra-légers, on peut donc les installer là où un panneau solaire serait trop lourd. Ils pourraient servir à la rénovation énergétique, sur un bâtiment existant ou des extensions. Ils supportent également très bien les fortes chaleurs du verre ou du métal, sont aussi moins sensibles à l'orientation des toits ou des façades, et enfin, ils sont très flexibles : on peut donc s'en servir par exemple comme des stores enroulables. Nous avons testé sa capacité d'enroulement/déroulement, il peut supporter jusqu'à 50.000 cycles.
Il nous reste donc faire certifier les premières applications sous forme de modules « prêt-à-coller » et à faire baisser son coût suite aux premiers volumes. Dans un premier temps, il sera déployé sur les équipements publics, le tertiaire, les serres, les logements collectifs puis pour les particuliers.

Un dernier mot ?

Chez Armor, on investit dans l'innovation engagée. Notre objectif pour ce film photovoltaïque, c'est de se lancer dans une commercialisation de masse dès 2024. Aujourd'hui, on développe des expérimentations, des applicatifs avec un double enjeu : produire de l'énergie renouvelable locale, proche des lieux de consommation et donc là où il est difficile d'installer de grandes centrales mais tout en proposant un produit architectural, esthétique. Offrir autre chose, faire oublier qu'il s'agit d'un produit photovoltaïque : Faire du beau avec du solaire.