2019-06-18T17:49:37Z https://metropole.nantes.fr/files/images/participer/initiatives-citoyennes/bureaudelaterre/Obocal_juin196_675.jpg
La Transition c'est elle : Johanna d'Ôbocal

La Transition c'est elle : Johanna d'Ôbocal

"La Transition Énergétique, c'est nous !" et c'est eux aussi... Ces acteurs du quotidien qui s'engagent à relever le défi de la transition énergétique sur la métropole nantaise. En ce mois de juin, dédié aux commerces durables et à l'engagement 24, c'est Johanna Le Mau d'Ô Bocal qui répond aux questions du Bureau de la Terre.

Bonjour Johanna d'Ô Bocal, qui es-tu ?

Je m'appelle Johanna, j'ai 29, je suis la fondatrice et la gérante d'Ô Bocal, la première boutique indépendante dédiée à l'achat en vrac et au mode de vie zéro déchet à Nantes.

Comment est né ton engagement Zéro Déchet ?

En tant que Bretonne j'ai toujours été sensibilisée à la nature, la protection des océans, et les bons produits.
Je suis arrivée à Nantes il y a 10 ans maintenant. La dynamique de la ville m'a beaucoup plu, et je me suis investie dans de nombreuses associations locales, notamment Discosoupe qui lutte de manière festive contre le gaspillage alimentaire. Récupérer tous ces fruits & légumes moches qui étaient destinés à la poubelle alors qu'ils étaient encore tout à fait comestibles, ça m'a fait un gros déclic. Je me suis beaucoup renseignée, et de discussions en discussions, rencontres en rencontres, la problématique des déchets a commencé à prendre une place importante dans ma vie.
C'est donc en 2013 que j'ai décidé de changer mon mode de consommation de ces dernières années, de redonner du sens à ma vie personnelle et aussi professionnelle. J'ai lu le livre de Béa Johnson, Zero Waste Home, et ça fut un autre déclic : refuser, réduire, réutiliser, recycler et composter... mon engagement pour le zéro déchet est né et n'est plus parti ! Ce n'est pas qu'une question de déchets finalement. De l'alimentation en passant par le minimalisme, le réemploi, et le faire-soi même, les principes de base du mode de vie zéro sont à mon sens logiques et transversaux.

Comment continues-tu à poursuivre cet engagement, au quotidien, dans ta boutique et ailleurs ?

Mon engagement est naturel, alors tout ce qui je peux faire comme actions au quotidien sont logiques pour moi...Personnellement par exemple, je me déplace à vélo, j'ai un lombricomposteur chez moi, je suis abonnée à Enercoop pour mon électricité, j'ai toujours de quoi éviter le plastique comme des sacs à vrac ou ma paille en inox que j'ai dans mon sac à main, je m'habille en vêtements d'occasion, je mange bio, local et de saison et forcément je fais mes courses à Ô Bocal :) et tant d'autres !
Du côté professionnel j'applique ces mêmes valeurs. La boutique est certifiée bio, nous travaillons en direct avec plus d'une trentaine de producteurs locaux, le commerce équitable et l'humain sont très important. Nous collaborons avec plusieurs acteurs locaux comme Bout' à Bout' pour les bouteilles consignées, Stations Services pour ce qui peut être réutilisés, nous proposons "des bocaux en attentes" qui sont donnés à des personnes du Carillon qui est un réseau citoyen pour aider les personnes sans abris, etc. Et bien sûr nous trions et recyclons les déchets que nous procurons, même si nous essayons au maximum de réduire également les déchets en amont avec nos fournisseurs.

Quel est l'engagement de la feuille de route métropolitaine te semble prioritaire ?

La proposition d'un territoire 100 % ressources : énergies renouvelables locales, nature en ville, agriculture et alimentation, déchets est primordial pour répondre aux  enjeux climatiques et environnementaux. L'engagement n°17 "100 % des habitants auront à leur disposition une solution de tri à la source de leurs biodéchets (alimentaires et verts) avec une valorisation locale d’ici 2025" est urgent. Et d'ailleurs cette solution, qui est pour moi basique de séparer les déchets verts, pourrait être mise en place beaucoup plus tôt, en 2020 par exemple.

Un dernier mot ?

On peut tous agir pour faire changer les choses !
Chacun à sa manière et chacun à son rythme, mais il est essentiel de garder espoir car nos habitudes et nos modes de consommations sont un fort pouvoir que nous avons.
Nous sommes nombreux, profitons-en !


Photo de Une : Équipe d'Ô Bocal - Johanna est la 3e jeune femme en partant de la gauche - ©ÔBocal