Ces trois expos à ne manquer lors de la Quinzaine photographique nantaise

Publié le 28 sept. 2026

Dernière mise à jour 29 sept. 2026

Le festival, qui fête à la fois ses 30 ans et les 200 ans de la photographie, propose une vingtaine d’expositions photos autour du thème « Collections » du 25 septembre au 1er novembre. Focus sur trois d’entre elles.

  • Une boxeuse tanzanienne.
    Photo issue de la série "Boxing Queens", présentée au Passage Sainte-Croix. © Delphine Blast

En pratique

Quinzaine photographique nantaise, du 25 septembre au 1er novembre 2026.
A l’Atelier et dans douze autre lieux partenaires. 
Infos détaillées sur la programmation.

  • Eugene Atget a documenté la vie des classes populaires parisiennes au début du XXe siècle. © Eugene Atget

Photographe hors-norme, Eugene Atget (1857-1927) a proposé un ample travail de documentation par la photographie autour des laissés-pour-compte de la modernité. Son approche témoigne de la vie des quartiers populaires parisiens (ouvriers, chiffonniers, femmes au foyer...) au tournant des 19e et 20e siècle, ainsi que de la disparition du Vieux-Paris, dont les rues étroites, les terrains vagues, les jardins ouvriers sont progressivement engloutis par la modernité et le rectiligne haussmannien. 

« Longtemps méconnu, Atget est aujourd’hui considéré comme une figure majeure de l’histoire de la photographie, son œuvre exceptionnelle est conservée par les plus grandes institutions parisiennes, notamment la BnF et le musée Carnavalet, souligne Yannick Le Marec, historien qui a participé à la préparation de l’exposition. Ses images de vieilles rues, cours et passages parisiens font de lui l’un des précurseurs de la photographie documentaire. »

  • Un homme tenant un poisson mort dans les mains.
    La QPN présente quelques-unes des plus belles images des éditions précédentes. Ici, une photo de Danila Tkachenko parti à la recherche de personnes qui ont coupé tous les ponts avec le monde moderne pour se réfugier dans la forêt. © Danila Tkachenko

En parallèle d’Eugene Atget, l’Atelier présente plusieurs autres expositions :

  • le travail de l’architecte-photographe Lucien Roy (1850-1941) ;
  • une rétrospective des prix de la Quinzaine photographique nantaise (QPN) et des nombreuses photographies acquises au fil des ans par l’association ;
  • les portraits de femmes tanzaniennes en tenues traditionnelles (Kanga Tales) réalisés par Delphine Blast ;
  • les portraits (malicieux) de Joseph Ford (Invisible Jumpers) questionnant la consommation de masse ;
  • et les collections étonnamment mises en scène d’Anthony Voisin grâce aux objets collectionnés tout au long de sa vie par son père. 

Au Passage Sainte-Croix, "Boxing Queens", de Delphine Blast

  • Une boxeuse s'entraîne.
    Dans sa série "Boxing Queens", la photographe Delphine Blast saisit la fureur de vivre des boxeuses tanzaniennes. © Delphine Blast

La boxe comme outil d’émancipation. C’est ce que montre la photographe Delphine Blast dans ce travail qui documente la vie d’une dizaine de boxeuses tanzaniennes en cours de professionnalisation. Pour ces femmes issues des quartiers pauvres, la boxe est autant un moyen d’auto-défense face à la violence quotidienne qu’une voie d’espoir pour sortir de leur condition. « Au travers de ce travail, j’ai souhaité raconter l’histoire de ces femmes qui, en se battant sur le ring, se battent pour leurs droits et leur liberté », explique Delphine Blast

Delphine Blast fait poser ces femmes au sortir de l’entraînement tout en les auréolant de motifs en feuilles d’or afin, dit-elle, « d’élever symboliquement les boxeuses tanzaniennes au statut de déesses et de figures sportives royales, fières et inspirantes. »

Au centre Claude-Cahun, "Au-revoir photographie", d’Israël Arino

  • Deux hommes avec lunettes se cachent le visage.
    Israël Arino utilise des techniques photographiques anciennes comme le collodion humide. © Israël Arino

Israël Arino est un photographe catalan qui met en scène des images du réel pour mieux s’en éloigner. Pour cette exposition, Israël Arino a bénéficié d’une carte blanche du centre Claude Cahun. Dans une des deux séries présentées, Israel Ariño explore des procédés photographiques anciens et leur pouvoir d’évocation, comme le collodion humide. « Ce photographe et éditeur explore les différentes narrations des images photographiques pour mieux regarder la photographie comme l’art du faux, explique Émilie Houssa, directrice du centre. Ces images affirment, contre toute définition scientifique, la [puissance] de l’imaginaire qu’ouvre la création ».

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