À Nantes, une exposition sur la naissance à travers les siècles

Publié le 09 sept. 2026

Dernière mise à jour 14 sept. 2026

Place Royale, les Archives municipales présentent une grande exposition sur l’histoire locale de la maternité, des nouveau-nés et des professionnels qui en prennent soin, de la fin de l’Ancien Régime jusqu’au tournant du 21e siècle.

  • Une infirmière, Madeleine Le Merdy, pose entourée de nourrissons, en mai 1949. © Archives de Nantes

Sur un cliché datant de 1949, une infirmière en blouse blanche prend la pose entourée de sept marmots aux joues bien pleines. L’employée en question, Madeleine Le Merdy, a été recrutée en 1945 par le bureau municipal d’hygiène et a notamment travaillé au sein de la crèche municipale de la rue des Réformes et de la Pouponnière municipale. Comme d’autres clichés présentés dans l’exposition des Archives (Naître à Nantes - La municipalité, les femmes et les premières années de l’enfance du 18e au 20e siècle), cette photo montre l’attention croissante de la Ville de Nantes à l’égard des nouveau-nés et de la maternité en général. 

Surveillance des mères

  • Des femmes apprennent des gestes de puériculture.
    À partir de 1923, l’enseignement de la puériculture est intégré aux programmes des écoles de jeunes filles. Des cours de puériculture sont également donnés dans les établissements d’enseignement professionnel féminin, comme ici, au lycée Vial à Nantes. © Archives de Nantes

Une vingtaine de panneaux mêlant affiches, photos, cartes postales et plans sont présentés place Royale pour retracer cette histoire passionnante. « Alors qu’à la fin du 19e siècle, la naissance est encore essentiellement une affaire privée, la puissance publique commence à s’y intéresser, d’abord à des fins de contrôle puis de santé publique et d’accompagnement des mères », explique Delphine Gilardin, médiatrice qui a participé à la conception de l’exposition. 

Du début du 18e siècle jusqu’au début du 19e siècle, l’attention publique portée aux mères est en effet une histoire de contrôle. Plusieurs documents de registre témoignent de la façon dont les femmes, notamment celles accouchant à l’hôpital en dehors de tout cadre matrimonial, sont tenues de s’enregistrer. « On craignait alors que ces cas de grossesses survenues hors mariage provoquent avortements, abandons ou infanticides », souligne Delphine Gillardin.

Formation des sages-femmes

  • Un mannequin représentant les cuisses d'une femmes et un bébé.
    Manequi inventé par Angélique de Coudray, l’une des premières sages-femmes du Royaume de France et formatrice de 1759 à 1783. Ce mannequin permettait de rendre son enseignement le plus concret possible. © Bruno Maurey - Musée Flaubert et d'histoire de la médecine. Métropole Rouen Normandie

L’exposition retrace également la volonté de la Ville, comme de l’État, de mieux protéger les mères et leurs enfants à travers plusieurs grandes lois sociales : assistance médicale gratuite, droits d’allaitement, congés maternité, création de la Protection maternelle et infantile (PMI)… 

Elle s’attarde sur le long développement du métier de sage-femme et la création de services de maternité à l’hôpital public. En 1864, date de la création du premier pavillon dédié à la maternité, 102 femmes ont été admises au sein du service de la maternité de l’Hôtel-Dieu (actuel CHU). « À l’époque, on accouche encore largement chez soi, relève Delphine Gillardin. Il faudra attendre 1950 pour qu’on comptabilise plus de naissances à l’hôpital qu’à domicile. »

Liberté de choix

Progressivement au 20e siècle, l’assistance sociale s’élargit pour protéger davantage l’enfance (hygiène, éveil, conditions de vie…) et les mères. Le diplôme d’État de puériculture est ainsi institué par décret le 13 août 1947. L’exposition s’achève par le long combat des femmes pour la maîtrise de leurs corp et la possibilité d’avoir le choix, ou pas, de mener une grossesse à son terme. « Cette exposition, qui fait écho à celle du Chronographe, nous montre le chemin parcouru et les progrès réalisés depuis trois siècles », précise Delphine Gillardin. 

Les ateliers autour de l’exposition dans le cadre des Journées du patrimoine

  • Le 19 septembre, au Chronographe
    Atelier « Archiviste en herbe ». Initiation au métier d'archiviste avec déchiffrement, tri et classement de documents sur la maternité et le premier âge. Inscription requise sur le site du Chronographe.
  • Le 20 septembre aux Archives
    Atelier d’archéo-anthropologie « Faire parler les morts ». Découverte de l'étude des sépultures (âge, santé, statut, alimentation).
  • Les 19 et 20 septembre, place Royale
    Visites commentées de l’exposition « Naître à Nantes ».
  • Le 20 septembre, aux Archives de Nantes
    Visites des magasins de conservation avec présentation de documents originaux extraits de l’exposition « Naître à Nantes ».

À suivre en octobre : visites guidées de l'exposition place Royale.

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