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Au Musée d’arts de Nantes, une plongée fascinante dans le surréalisme au féminin
Publié le 28 oct. 2026
Dernière mise à jour 02 nov. 2026
Dans sa grande exposition d’automne, le Musée d’arts de Nantes s’intéresse à l’apport des artistes femmes au mouvement du surréalisme. Un voyage fascinant à découvrir du 20 novembre 2026 au 21 mars 2027.
En pratique
Exposition Surréelles. De Leonor Fini à Hélène Delprat, une autre traversée du surréalisme.
Du 20 novembre 2026 au 21 mars 2027, au Musée d’arts de Nantes.
Autour de l’exposition : visites en tête à tête avec la commissaire, conférences, ateliers pour enfants (cadavres exquis, rayogrammes…).
Longtemps éclipsées par les grandes figures masculines du mouvement, les femmes ont pourtant occupé une place importante dans l’histoire du surréalisme. Artistes, photographes, écrivaines, mais aussi mécènes et collectionneuses, elles ont contribué à faire vivre un mouvement qui, plus d’un siècle après ses débuts, continue d’inspirer. Avec Surréelles. De Leonor Fini à Hélène Delprat, une autre traversée du surréalisme, le Musée d’arts de Nantes propose de redécouvrir cette histoire à travers près de 180 œuvres.
Identités multiples
Cette exposition trouve un écho particulier à Nantes, qui conserve de nombreuses œuvres d’artistes femmes liées au surréalisme et notamment l’un des plus importants fonds de Claude Cahun (1894-1954), artiste multidisciplinaire, résistante et grande figure du surréalisme. « Le Musée d’arts s’engage depuis plusieurs années contre l’oubli qui a frappé les artistes femmes liées au surréalisme
, explique Jeanne Martinez, co-commissaire de l’exposition. D’abord en les intégrant dans nos collections par l’achat régulier d’œuvres, comme récemment avec Jane Graverol ou Leonor Fini. Et aujourd’hui, en les présentant au public, avec cette exposition. »
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Dessins, collages, photographies… Les œuvres réunies témoignent de la diversité des pratiques et des univers. L'exposition explore notamment le pouvoir de l’inconscient, le rapport à la nature et la critique des injonctions sociales. « Des thématiques qui sont encore fortes de nos jours, car l’acuité du surréalisme n’est pas morte avec la fin du mouvement »
, relève Jeanne Martinez.
Passeuses
Certaines artistes sont déjà bien identifiées, comme Lee Miller, Meret Oppenheim ou Claude Cahun. D’autres, comme Kay Sage, Leonor Fini ou Jane Graverol, sont moins connues du grand public. L’exposition s’intéresse également aux « passeuses », ces mécènes et collectionneuses qui ont contribué au développement du mouvement.
Enfin, le Musée d’arts établit un lien avec la création contemporaine en présentant une quinzaine d’artistes d’aujourd’hui. Parmi elles, Hélène Delprat (née en 1957), dont l’intrigant autoportrait en cire occupe le centre de l’exposition, scénographié sous la forme d’une étoile.
Ces trois œuvres étonnantes à découvrir lors de l’exposition
"Sans titre, dit Masque aux mouches" (1946-1950), Leonor Fini
Leonor Fini est une artiste d’origine italienne et argentine (1907-1996), proche des poètes Max Jacob et Paul Eluard, ainsi que du photographe Henri Cartier-Bresson. Elle est à la fois écrivaine, peintre, designeuse et décoratrice de théâtre. Elle a été associée au surréalisme dès son arrivée à Paris, dans les années 1930.
Plusieurs de ses œuvres sont présentées dans l’exposition parmi lesquelles cet intrigant Masque aux mouches, acquis par le Musée d’Arts en 2022. Porté par l’artiste elle-même lors de ses sorties mondaines, le masque aux mouches métalliques évoque la dualité des identités et la métamorphose animale. « Comme beaucoup d’artistes surréalistes, elle crée des rapprochements très inattendus qui désarçonnent le regard »
souligne Jeanne Martinez.
"Autoportrait" (vers 1928), Claude Cahun
On ne présente plus la nantaise Claude-Cahun (1894-1954). Née Lucy Schwob, Claude Cahun est la fille Maurice Schwob (patron du journal Le Phare, ancêtre de Presse Océan) et la nièce de l’écrivain Marcel Schwob. Elle est à la fois poète, écrivain, photographe, journaliste, musicienne et résistante durant la Seconde Guerre mondiale.
Claude Cahun découvre la photographie en 1910, avec Suzanne Malherbe (dite Marcel Moore), son grand amour et alter-ego artistique. Dans son travail, redécouvert dans les années 90, Claude Cahun réalise de nombreux autoportraits qui lui permettent de questionner les stéréotypes liés à l’identité et de flirter avec la frontière des genres.
Dans ses poses, Claude Cahun pose de manière travestie, habillée tantôt en homme, tantôt en femme, les cheveux longs ou rasés. Les accessoires utilisés (miroirs, surimpressions, photomontages) accentuent le caractère surréaliste de ces portraits.
"Bon bout de la raison" (1962), Jane Graverol
Autre œuvre récemment acquise par le Musée d’Arts (2025), le Bon bout de la raison est une peinture énigmatique et captivante de la peintre belge Jane Graverol (1905-1984), grande figure du surréalisme.
« Ses toiles, qu’elle qualifie de rêves éveillés, offrent une infinité d’interprétations, laissant le soin au spectateur de prendre part à ce rêve »
, notait le Musée lors de son acquisition. Jane Graverol y représente souvent des figures féminines puissantes empreintes d’érotisme et de magie, ainsi que des créatures mythiques et mythologiques.
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