Cinq expositions nantaises à ne pas manquer cet automne
Cinq expositions nantaises à ne pas manquer cet automne 2026
Publié le 08 oct. 2025
Un voyage photographique dans le Paris populaire du 20e siècle, une histoire fascinante de la naissance à Nantes ou des assemblages poétiques sur la thématique de l’absence : tour d’horizon des expos nantaises à visiter cet automne 2026.
L’expo immanquable
À l’Atelier, une plongée dans le Paris populaire du siècle dernier
Photographe hors-norme, Eugene Atget (1857-1927) a proposé un ample travail de documentation par la photographie autour des laissés-pour-compte de la modernité. Son approche témoigne de la vie des quartiers populaires parisiens (ouvriers, chiffonniers, femmes au foyer...) au tournant des 19e et 20e siècle, ainsi que de la disparition du Vieux-Paris, dont les rues étroites, les terrains vagues, les jardins ouvriers sont progressivement engloutis par la modernité et le rectiligne haussmannien.
« Longtemps méconnu, Atget est aujourd’hui considéré comme une figure majeure de l’histoire de la photographie, son œuvre exceptionnelle est conservée par les plus grandes institutions parisiennes, notamment la BnF et le musée Carnavalet
, souligne Yannick Le Marec, historien qui a participé à la préparation de l’exposition. Ses images de vieilles rues, cours et passages parisiens font de lui l’un des précurseurs de la photographie documentaire. »
À noter que cette exposition s’inscrit dans le cadre de la Quinzaine photographique nantaise (QPN), qui se déploie à l’Atelier et dans douze autre lieux partenaires, jusqu’au 1er novembre 2026.
📍 Jusqu’au 1er novembre 2026, à l’Atelier (1 rue de Chateaubriand). Entrée libre et gratuite.
Les autres expos à ne pas manquer
Au Passage Sainte-Croix, assemblage poétique sur l'absence
Justin Palermo est un artiste plasticien américain venant de Détroit. D’abord danseur, il réoriente sa pratique artistique après le décès de sa femme. L’expérience du deuil devient l’un des fils conducteurs de sa création. Ses pratiques sont multiples et se déploient à travers le dessin, la peinture, le collage, la photographie, l’installation, la vidéo et la performance. Pour ses créations, ils glanent des matériaux - souvenirs, objets délaissés, fragments de papiers, capsules de bouteilles, végétaux fragilisés ou résidus urbains – qu’ils détournent de leur usage et réinterprète.
« À travers ses œuvres, il explore les notions de mémoire, d’absence et de réparation, révélant la beauté fragile de ce qui demeure malgré le temps qui passe »,
note le Passage Sainte-Croix.
📍 Jusqu’au 28 novembre 2026, au Passage Sainte-Croix (9, rue de la Baclerie). Entrée libre et gratuite.
Place Royale, un regard rétrospectif sur la naissance et la maternité
Sur un cliché datant de 1949, une infirmière en blouse blanche prend la pose entourée de sept marmots aux joues bien pleines. L’employée en question, Madeleine Le Merdy, a été recrutée en 1945 par le bureau municipal d’hygiène et a notamment travaillé au sein de la crèche municipale de la rue des Réformes et de la Pouponnière municipale. Ce cliché, comme plusieurs dizaines d’autres autres, fait partie d’une grande exposition historique imaginée par les Archives municipales sur l’évolution de la naissance à Nantes et de la place des mères, de la fin de l’Ancien Régime jusqu’au tournant du 21e siècle.
Une vingtaine de panneaux mêlant affiches, photos, cartes postales et plans sont présentés place Royale pour retracer cette histoire passionnante. L’exposition retrace notamment la volonté de la Ville, comme de l’État, de mieux protéger les mères et leurs enfants à travers plusieurs grandes lois sociales : assistance médicale gratuite, droits d’allaitement, congés maternité, création de la Protection maternelle et infantile (PMI), développement du métier de sage-femme… « Cette exposition, qui fait écho à celle du Chronographe, nous montre le chemin parcouru et les progrès réalisés depuis trois siècles », ajoute Delphine Gillardin.
📍 Jusqu'au 1er novembre 2026, place Royale. Entrée libre.
Au Lieu Unique, ces regards qui interrogent
Pour cette exposition d’art vidéo, l'artiste Nicolas Clauss filme des corps dans la situation la plus ordinaire qui soit : traverser l’espace public, là où tous les jours, nous croisons des inconnus. « J’ai filmé deux cents personnes dans l’espace public nantais, au téléobjectif, dans un ralenti profond. La ville disparaît dans les fonds flous. Ce qui reste : des corps, des regards, des silhouettes de dos, des visages qui nous fixent ou nous échappent,
explique l’artiste. Ce que le public traverse en déambulant dans cet espace, c’est moins une exposition qu’une suspension — le temps change de texture, le regard aussi. »
Artiste peintre à ses débuts, Nicolas Clauss a progressivement réorienté son travail vers l’art vidéo. Si son travail a été exposé au Centre Pompidou, au Mucem, au CentQuatre, à Ars Electronica, au Seoul Museum of Art. « L'exposition
Traverser
, produit par et pour Le Lieu Unique (LU), est à ce jour son installation la plus ample. Elle prolonge et amplifie une recherche menée depuis plus de vingt ans sur ce que l'image en mouvement ouvre dans le regard »
, relève le LU.
📍 Exposition à découvrir jusqu’au 10 janvier 2027, au Lieu Unique (quai Ferdinand-Favre). Entrée libre et gratuite.
Au Centre Claude-Cahun, un travail autour des procédés photographiques anciens
Israël Arino est un photographe catalan qui met en scène des images du réel pour mieux s’en éloigner. Pour cette exposition, Israël Arino a bénéficié d’une carte blanche du centre Claude Cahun. Dans une des deux séries présentées, Israel Ariño explore des procédés photographiques anciens et leur pouvoir d’évocation, comme le collodion humide.
« Ce photographe et éditeur explore les différentes narrations des images photographiques pour mieux regarder la photographie comme l’art du faux,
explique Émilie Houssa, directrice du centre. Ces images affirment, contre toute définition scientifique, la [puissance] de l’imaginaire qu’ouvre la création ».
📍 Exposition à découvrir jusqu’au 19 décembre 2026, au Centre Claude-Cahun. Entrée libre et gratuite.
À cocher dans l’agenda
Au Musée d’Arts, une plongée fascinante dans le surréalisme au féminin
C’est l’évènement de la fin d’année. Rassemblant près de 180 œuvres - peintures, photos, sculpture, documents cinématographiques… - l’exposition Surréelles. De Leonor Fini à Hélène Delprat, une autre traversée du surréalisme, documente l’apport des artistes femmes au surréalisme. Longtemps éclipsées par les grandes figures masculines, les femmes ont pourtant occupé une place importante dans cette période de l’art moderne. Artistes, photographes, écrivaines, mais aussi mécènes et collectionneuses, elles ont contribué à faire vivre un mouvement qui, plus d’un siècle après ses débuts, continue d’inspirer de nombreux artistes contemporains.
📍 Du 20 novembre 2026 au 21 mars 2027, au Musée d’arts de Nantes (10 rue Georges-Clémenceau).
Quelques autres expositions à voir à Nantes et alentours en ce moment
- À la Maison de l’architecture des Pays de la Loire, jusqu’au 28 novembre 2026 : La Terre ferme
- Au Chronographe (Rezé), jusqu’au 10 janvier 2027 : Maternités
- Au FRAC des PDL (Carquefou), jusqu'au 11 octobre 2026 : Totano, d'Alex Ayed