Canicule : dans les coulisses d’une semaine hors norme
Canicule : dans les coulisses d’une semaine hors norme
Publié le 03 juill. 2026
Dernière mise à jour 03 juill. 2026
Pendant plusieurs jours fin juin 2026, la canicule a mis les services publics à rude épreuve en Loire-Atlantique. À Nantes, les agents municipaux ont adapté leur organisation pour continuer à assurer leurs missions tout en protégeant les habitants.
Une canicule historique et un record de température à 42,1° le 23 juin à Nantes-Bouguenais. En Loire-Atlantique, les services de secours ont été fortement sollicités : le SAMU a enregistré 3 550 appels au 15 pour la seule journée du 25 juin, tandis que les pompiers sont intervenus 142 fois en lien avec les fortes chaleurs depuis le début de la vigilance rouge. Ils ont également été mobilisés sur 52 feux de végétation.
À Nantes, derrière les mesures mises en place pour protéger les habitants – gratuité des piscines et des musées, adaptation des horaires de travail, surveillance renforcée des personnes vulnérables –, des centaines d'agents municipaux ont eux aussi dû adapter leur quotidien. C’est le cas de Gérald Boju, responsable d'équipe à la direction Nature et jardins de la Ville de Nantes : «
Pendant la canicule, les horaires ont été avancés de 7h à 14h afin d'éviter les heures les plus chaudes. Nous avons proscrit les travaux les plus difficiles et ceux réalisés en plein soleil. Nous avons travaillé autant que possible à l'ombre, avec des retours réguliers au dépôt pour remplir les gourdes, souffler un peu et échanger entre collègues. »
« Au bout du quatrième jour, les corps étaient épuisés »
Après plus de 30 ans passés au sein de la collectivité, il assure n'avoir «
jamais connu de telles chaleurs. Au bout du quatrième jour, on voyait bien que les corps étaient épuisés.
» Au-delà de cet épisode, il observe aussi les effets du changement climatique sur les espaces verts. «
Aujourd'hui, nous plantons davantage d'essences méditerranéennes. Je suis inquiet pour la suite de l'été : le choc hydrique pourrait entraîner la mort de certains arbres.
»
À l'Ehpad Hirondelle de Sèvre, la priorité était de protéger les 81 résidents des effets de la chaleur. Aide-soignante en apprentissage, Anne-Kyarah Coulanges raconte une organisation renforcée grâce au soutien des équipes de nuit : «
Leur aide a été précieuse, notamment pour surveiller l'hydratation des résidents. Nous avons également veillé à maintenir les chambres les plus fraîches possible, en les aérant aux meilleurs moments de la journée.
»
Une vigilance permanente qui a permis de traverser cet épisode caniculaire sans difficulté majeure.
Tout comme au multi-accueil Bellevue. «
Ce fut une situation exceptionnelle et difficile, je n’ai jamais connu cela avant
,
assure Gaëlle Jauffrineau, éducatrice de jeunes enfants.
On a dû adapter nos horaires d’accueil, de 7h30 à 14h30 – contre 18h30 en temps normal – en recevant les enfants au rez-de-chaussée de notre unité, là où il fait le moins chaud. On les a beaucoup hydratés et on a fait des jeux d’eau. Dans l'ensemble, ce sont surtout les professionnels qui ont souffert de la chaleur. Aucun enfant n'a fait de malaise. »
Des piscines prises d'assaut
Autre conséquence directe des fortes chaleurs : l'affluence exceptionnelle dans les piscines municipales, rendues gratuites par la Ville pendant plusieurs jours. « Nous avons dû nous organiser en très peu de temps »
, explique Éric Roger, responsable du secteur aquatique et nautique. Sur le terrain, cette organisation s'est traduite par un renfort des équipes. «
Il a fallu solliciter des agents supplémentaires pour la régulation, notamment ceux des gymnases fermés pendant la canicule, ainsi que les agents de sécurité de Lynx
»
, explique Typhaine Quérard, cheffe de bassin à la piscine Jules-Verne.
Au-delà de cette semaine hors norme, toutes et tous savent qu'il ne s'agit peut-être pas d'un épisode isolé. Dans les espaces verts comme dans les équipements municipaux, les équipes s'adaptent déjà à des canicules appelées à devenir plus fréquentes.