Féminisation de voies et d’équipements : de nouvelles dénominations de rues

Publié le 07 oct. 2026

Dernière mise à jour 09 oct. 2026

Huit nouvelles voies porteront le nom de femmes d’engagement et de combat dans les quartiers Nantes Erdre et de l’île de Nantes, comme Odette Nilès ou Cécile Rol-Tanguy. Explications.

  • Féminisation des noms de rues à Nantes
    De nouvelles voies, à Nantes Erdre et l'île de Nantes, vont prendre des noms de femmes. © Ville de Nantes

« La dénomination des voies et des équipements publics est une mission essentielle qui permet d’inscrire sur le territoire dans le temps long, l’histoire et les mémoires qui font les identités de la ville », souligne Thibaut Guiné, adjoint de quartier Nantes Erdre. Pour mettre en lumière la place et le rôle des femmes, oubliées ou invisibilisées, dans l’histoire et dans la société, la Ville de Nantes a engagé depuis 2016 la féminisation des noms de rues et équipements et a enrichi sa démarche de nouvelles idées de noms suite à un appel citoyen. La création de neuf nouvelles voies dans les quartiers Nantes Erdre et Ȋle de Nantes constitue une opportunité pour poursuivre ce travail : huit voies portent le nom de femmes d’engagement et de combat.

Une démarche engagée depuis 2016, confortée en 2025

Pour renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes, la Ville valorise la place des citoyennes oubliées de l’histoire ou invisibilisées. Ainsi, depuis 2016, elle féminise les noms de rues et d’équipements en s'appuyant sur une liste de 351 noms de femmes, 38 noms ont été retenus pour être attribués en priorité. À ce jour, 28 personnalités sur les 38 ont été honorées (et 117 noms sur les 351). En 2025, une nouvelle sollicitation citoyenne, appelant à valoriser les personnalités (hommes et femmes) ayant lutté contre les discriminations a enrichi la première liste de 314 noms supplémentaires qui commencent à être donnés (14 noms).

Six nouvelles voies à Nantes Erdre

Le Conseil municipal a donc adopté l’attribution de noms pour six nouvelles voies, sur une partie du site de l’ancienne usine des Batignolles, à proximité de la cité du Grand Clos, dans le cadre de l’opération d’Eiffage immobilier. « L’odonymie, l'étude des noms de voies, de ce quartier conduit à dédier ces noms à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement à la Résistance et la Libération, ainsi qu’à la mémoire ouvrière du site », explique Thibaut Guiné.

  • La rue « Odette-Nilès », pour la voie située entre la rue de Koufra et la rue du Ranzay. Odette Nilès (1922-2023) était une militante communiste et résistante française. Elle a présidé l'Amicale de Châteaubriant de 2001 à 2023, association qui transmet les mémoires de la résistance en relation avec l’exécution des otages nantais de 1941. Jusqu’à ses 100 ans, elle témoigne inlassablement dans les écoles et collèges pour transmettre les valeurs de la Résistance à la jeunesse. Elle s’est éteinte le 27 mai 2023, le jour même de la Journée nationale de la Résistance.
  • L’allée « Augustin-Hubert », pour la voie entre l’avenue Madeleine-Loukianoff et
    l’allée Jeanne et Francine-Sébastien. Augustin Hubert (1918-1944) était un
    militaire, membre du Commando Kieffer. Il était nantais.
  • L’allée « Anne-Marie Trégouët » pour la voie entre l’avenue Madeleine-Loukianoff
    et l’allée Jeanne et Francine Sébastien. Anne-Marie Trégouët (1925-2024) était une
    résistante française. Elle est institutrice à Ploërmel lorsqu’elle est recrutée par la
    Résistance locale à 19 ans. Après la guerre, elle vient vivre à Nantes où elle tient un
    primeur avec son mari, place Alfred Lallié, avant de devenir comptable et
    gestionnaire de la clinique Bretéché jusqu’à sa retraite. En 2020, elle est faite
    chevalière de la Légion d’honneur à Nantes.
  • L’allée « Jeanne et Francine Sébastien » pour la voie située entre l’avenue
    Madeleine Loukianoff et l’allée Augustin Hubert. Jeanne (1897-1954) et Francine
    (1926-2000) Sébastien sont des résistantes nantaises.
  • L’impasse « Cécile Rol-Tanguy » donnée à la voie partant de l’avenue Madeleine
    Loukianoff. Cécile Rol-Tanguy (1919-2020) était une résistante française.
  • L’avenue « Madeleine Loukianoff », pour la voie siituée entre la rue de Koufra et la
    rue Odette-Nilès. Madeleine Loukianoff (1895-1978) était surintendante de l’usine
    des Batignolles. Née à Nantes, Madeleine Marie Henriette Houssay est la fille d’un
    négociant de la rue du Moulin. Infirmière, elle s’engage sur le front dès le 2 août
    1914 et est décorée de la Croix de Guerre. En 1951, elle est à l'origine de la
    constitution des Castors de l’Erdre. Un groupe de cinquante-neuf familles est
    constitué et la Société de Construction des Batignolles propose de vendre à ces
    Castors le domaine du Launay, situé dans le quartier de Saint-Joseph-de-Porterie.

Trois nouvelles voies quartier île de Nantes

Dans le cadre du nouveau quartier République, afin d’attribuer un nom à 3 nouvelles voies, la Ville a puisé dans la mémoire de ce secteur en pleine mutation urbaine. Il rappelle le passé portuaire lié à l’histoire coloniale et esclavagiste (rues du Sénégal, du Tonkin, des Antilles, de Saint-Domingue, de Guyane). « Les noms proposés honorent des personnalités s’étant illustrées pour leur combat contre le colonialisme, l’esclavagisme et le racisme », souligne la Ville. 

Voici les dénominations adoptées :

  • Rue « Daisy Bates », à la voie située entre le boulevard Simone-Veil et la rue Queen-Nanny. Daisy-Bates (1914-1999) était journaliste américaine, militante des droits civiques.
  • Rue « Queen-Nanny », entre la rue Daisy-Bates et l’allée Lumina-Sophie-Roptus. Queen-Nanny (vers 1686-vers 1740) est une figure de la révolte des Marrons en Jamaïque.
  • Allée « Lumina-Sophie-Roptus », entre le boulevard Simone-Veil et la rue Queen-Nanny. Lumina Sophie Roptus (1848-1879) est une figure de la résistance des populations martiniquaises aux injustices du post-esclavage et du combat des femmes pour l’égalité.