En novembre, on se mobilise contre les violences faites aux femmes
En novembre, on se mobilise contre les violences faites aux femmes
Dernière mise à jour 29 oct. 2026
Le 25 novembre, c'est la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. La Ville, la Métropole et leurs partenaires vous proposent des dizaines de rendez-vous sur le territoire. Toutes les infos pour un mois de novembre engagé contre le sexisme.
Une soirée ciné-débat le 5 novembre
Bien que le combat ait lieu toute l’année, le mois de novembre est l’occasion de se mobiliser ensemble contre la lutte contre les violences faites aux femmes. Pour donner le la, Nantes organise un ciné-débat gratuit, en partenariat avec l’association PAN (Produit à Nantes) et le Concorde. Deux films seront présentés. Le premier, "Les Fraises", de Laïla Marrakchi, raconte l’exploitation vécue par les travailleuses saisonnières dans les serres andalouses. « Ces femmes sont prises dans un système de domination,
raconte la réalisatrice. Elles ont besoin de travailler, d’envoyer de l’argent, de ne pas perdre leur place. Elles n’ont souvent ni les outils, ni la langue, ni la position sociale pour se défendre. La question du consentement devient alors très complexe. Quand une femme dépend entièrement de celui qui l’emploie, quand elle ne peut pas dire non sans tout perdre, peut-on vraiment parler de consentement ? Meriem est terrorisée, sidérée. Elle n’a pas les moyens de réagir. J’ai voulu filmer cela comme une emprise ».
L’avant-première de ce long-métrage remarqué à Cannes sera suivie du documentaire "Soumission chimique, un fléau silencieux", de Charlotte Epsel. Slam, cocktail et débat auront lieu entre les projections. Pour participer, rendez-vous au Concorde le jeudi 5 novembre à partir de 18h.
Des rendez-vous dans toute la ville
Une conférence sur la violence économique, des cours de self-défense, un atelier sur le sexisme à la Maison de la Tranquillité Publique... À Nantes, le mois de novembre est un moment privilégié pour se sensibiliser sur les violences : les nommer, les détecter, les comprendre, les combattre.
Pourquoi la Ville s'engage contre le sexisme ?
« Plus d’une femme sur deux en France (53%) et plus de six jeunes femmes sur dix (63%) ont déjà été victimes de harcèlement ou d’agression sexuelle au moins une fois dans leur vie »
, rappelle le collectif #NousToutes. Nantes s’engage depuis plusieurs années contre ces violences inacceptables, grâce à la démarche « Objectif Nantes Zéro Sexisme ». Avec ses partenaires, elle travaille à construire un espace public égalitaire (expérimentation de mobiliers tels que banc d’allaitement, kiosque pour soutenir la culture queer rues portant des noms de femmes, cours d’école aménagées pour les filles et les garçons) et multiplie les actions de sensibilisation. Elle dispose d’un espace ressources unique en France : Citad’elles. Depuis 2019, 7 jour sur 7, le lieu accueille, informe et oriente les femmes victimes de violences et leurs enfants. Plus de 6 850 femmes ont été suivies.
«Alors que l’on assiste à une vraie offensive masculiniste contre les droits des femmes aux États-Unis et en Europe ces dernières années, la Ville de Nantes réaffirme plus que jamais sa position féministe en faveur de l’égalité.
»
Mahaut Bertu, adjointe à la Maire de Nantes, en charge de l’égalité.
Inceste, violences... En novembre, on brise les tabous
On estime qu’il y a 160 000 cas d'inceste en France chaque année, ce qui représente près de deux enfants par classe de CM1. Active depuis 1994, à Nantes, l'association EVA (anciennement SOS Inceste) est aujourd’hui portée par des professionnels salariés qui assurent gratuitement une permanence téléphonique et des entretiens individuels de psychothérapie. Eva propose aussi des groupes de parole pour les personnes victimes et les parents d’enfants victimes. L’association a accueilli 660 personnes en 2024. « En tant qu’adulte, c’est à nous d’être attentifs à ces signes de détresse et d’engager le dialogue avec l’enfant ou l’adolescent. Il faut de la patience et de l’écoute pour créer un climat de confiance »
, rappelle Cathy Millard, directrice de l’association Eva.
À lire aussi :
Le piège de l’emprise décrypté par Capucine Coudrier
L'inceste est un sujet mis en lumière par de plus en plus de militantes et de collectifs. Si elles ne constituent pas les seules formes de violences sexistes et sexuelles, elles s'appuient sur un mécanisme universel mais difficile à déceler: l'emprise. Victime de violences de la part de son petit-ami pendant son adolescence, la militante et créatrice de contenu nantaise Capucine Coudrier (@Ovairestherainbow) en témoigne dans un livre puissant intitulé «
J'avais 15 ans. Je croyais l'aimer. Je me taisais ».
«
Les violences conjugales sont insidieuses et s’installent progressivement : c’est le piège de l’emprise. J’étais au lycée pendant #MeToo et je pensais être bien informée sur les violences conjugales. Pour moi, elles avaient toujours lieu au sein d’un couple marié avec des enfants. Et pourtant, alors que je me croyais à l’abri, tout cela m’est arrivé...», témoigne Capucine Coudrier.
À Nantes, Citad'elles accompagne les femmes victimes de violences
Unique en France, Citad'elles accueille et oriente les femmes victimes de violences et leurs enfants 7 jours sur 7. Depuis sa création en 2019, plus de 6 850 femmes ont été accueillies. L'accès est gratuit et le lieu est sécurisé. Il est possible d’y rencontrer des travailleurs sociaux, des professionnels de santé et d’y déposer plainte, en toute discrétion.
Infos pratiques
02 40 41 51 51
contact@nantescitadelles.fr
8, boulevard Vincent-Gâche - Nantes
Ouvert 7j/7 de 9h à 22h (horaires temporaires)