On casse les idées reçues autour de la communauté LGBTQIA+

Publié le 04 juin. 2026

Dernière mise à jour 05 juin. 2026

Dans les médias et les discours, les fake news ont la peau dure lorsqu’il s’agit de stigmatiser les personnes de la communauté LGBTQIA+ (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queer, intersexes, asexuels etc.). Place aux faits avec l’équipe de Nosig (le centre LGBTQIA+ de la Ville de Nantes).

  • Des jeunes dansant à la Marche des fiertés en 2025 © Garance Wester

Attention : certains propos homophobes ou transphobes relayés dans cet article peuvent choquer. Rappelons que les propos et comportements discriminatoires sont punis par la loi, avec des peines pouvant aller jusqu’à 45 000 € d’amende et un an d’emprisonnement.

Idée reçue 1 : « L’homosexualité est une mode contre nature »

Nosig : « L’hétérosexualité n’est pas la seule forme d’amour et de sexualité possible. Dans la nature comme dans la société, l’homosexualité (le fait d’aimer une personne du même genre) a toujours existé. Elle a été observée chez près de 1 500 espèces animales. Dans nos société modernes nous avons compris qu'il s'agit d’une question d’amour, de sentiments et de liberté individuelle. Largement tolérée par la civilisation grecque, l’homosexualité a ensuite été stigmatisée par l’Empire romain (au nom du culte de la « virilité »), puis par les religions monothéistes (pour lesquelles la question du mariage et de la perpétuation de l’espèce humaine était centrale). Rappelons que l’homosexualité a été définitivement dépénalisée en France par la loi du 4 août 1982, après une première dépénalisation sous la Révolution française en 1791. » 

Idée reçue 2 : « Il existe un lobby LGBT qui fait du prosélytisme »

Nosig : « C’est faux : il n’existe ni lobby ni complot LGBTQIA+. Nous ne sommes pas des milliardaires influençant les milieux politiques. Les personnes LGBTQIA+ ne sont pas un groupe social uniforme, mais des personnes aux vécus, réalités et visions du monde diverses. Ce sont les personnes non LGBTQIA+ qui tentent de nous décrire comme une “communauté” ou “lobby”, souvent pour nous décrédibiliser et tenter de nous faire taire. Dans les villes de France, les personnes LGBTQIA+ s’organisent pour défendre leurs droits, principalement grâce à l’engagement de bénévoles et parfois avec l’aide de subventions publiques, comme ici à Nantes. Cependant, les centres LGBTQIA+ et les personnes qui composent ces communautés sont régulièrement la cible d’attaques, de menaces et d’insultes. En tant que centre LGBTQIA+ de Nantes, nous auto-finançons nous-mêmes notre Marche des fiertés et nos événements de sensibilisation. Nous intervenons dans les établissements scolaires pour sensibiliser au respect et à la lutte contre l’homophobie, uniquement à la demande des établissements. Nos droits à exister sont fragiles et sans cesse remis en question : ils progressent lors des avancées sociétales et régressent parfois lors de politiques plus conservatrices. » 

Idée reçue 3 : « La transidentité est une maladie mentale »

Nosig : « Autrefois, les personnes qui ne se reconnaissaient pas dans le genre qui leur avait été attribué à la naissance étaient souvent désignées sous le terme de "transsexuels". Cette terminologie est aujourd’hui largement abandonnée au profit du terme « personnes transgenres » ou « personnes trans », car le terme "transexuel" a une connotation très négative (psychiatrisation, obsession sur nos parties génitales opérées ou non, etc). On stigmatisait autrefois les personnes qui ne se conformaient pas aux normes de genre traditionnelles, qu’il s’agisse d’un homme portant des robes, d’une femme souhaitant dissimuler sa poitrine ou d’une personne ayant recours à une chirurgie d’affirmation de genre.

En France, la transidentité n’est plus considérée comme une maladie mentale depuis 2010, c'est très récent. Les thérapies de conversion [méthodes visant à faire changer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, NDLR] sont interdites. Les personnes transgenres peuvent demander la modification de la mention de leur sexe à l’état civil et adapter leur expression de genre [apparence physique] à leur identité. Si elles le souhaitent, certaines personnes peuvent également avoir recours à des traitements hormonaux ou à des interventions chirurgicales afin de se sentir davantage en accord avec leur genre, comme la vaginoplastie ou la phalloplastie. C’est une démarche complexe et réfléchie. »

Idée reçue 4 : « Les enfants qui souhaitent changer de genre le regrettent à l’âge adulte »

Nosig : « En France, personne ne manipule les enfants pour les obliger à changer de genre ou à effectuer une transition. Les jeunes qui se questionnent sur leur genre peuvent, dans certaines situations et sous encadrement médical strict, bénéficier de bloqueurs de puberté – avec l’accord de leurs parents, bien sûr. Ces traitements permettent de suspendre temporairement certains changements liés à la puberté et leur utilisation fait l’objet d’un suivi attentif. À partir de leur majorité, les personnes qui le souhaitent peuvent entreprendre certaines démarches médicales ou chirurgicales. Il s’agit toutefois d’un choix personnel important qui nécessite un parcours réfléchi et encadré. Stoppons tout de suite les idées reçues : les mineurs concernés par ces questions représentent une part très faible de la population française. En revanche, des mutilations génitales d’enfants intersexes, dès la naissance, sont encore effectuées en France et partout dans le monde, avec un consentement non éclairé voire absent des parents. Or ces opérations, non nécessaires pour la santé de l’enfant, ont des conséquences majeures sur la vie et la santé des personnes intersexes tout au long de leur vie. »

Idée reçue 5 : « Les enfants issus de couples homosexuels sont moins stables »

Nosig : « Pour bien grandir, un enfant a besoin d’amour, de sécurité affective et de stabilité. Les couples homosexuels sont tout à fait en mesure d’apporter ces éléments essentiels. Les études scientifiques menées depuis plusieurs décennies montrent que les enfants élevés par des couples de même sexe présentent un développement comparable à celui des autres enfants sur les plans affectif, social et scolaire. Le modèle traditionnel de la famille nucléaire composée d’un père, d’une mère et de leurs enfants a longtemps été valorisé par les institutions religieuses et politiques. Cependant, les formes familiales ont toujours été diverses au cours de l’histoire et continuent d’évoluer aujourd’hui. » 

Les dates clés des droits des personnes LGBTQIA+

La France devient l'un des premiers pays du monde à ne plus considérer l’homosexualité comme un crime. 

Le régime de Vichy instaure une majorité sexuelle différente pour les relations homosexuelles, afin de les discriminer. Alors que la majorité sexuelle était fixée à 13 ans pour les actes hétérosexuels, celle-ci a été portée à 21 ans pour les actes homosexuels. 

Égalisation de la majorité sexuelle et suppression du « délit d'homosexualité » hérité de Vichy. Cette date de 1982 est souvent considérée comme la véritable dépénalisation complète de l'homosexualité en France. 

1990 : l'Organisation mondiale de la santé retire l'homosexualité de la liste des maladies mentales.

L'accès au PACS est ouvert aux personnes de même sexe. 

Adoption de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. 

 Les personnes trans n'ont plus à démontrer une stérilisation ou une opération chirurgicale pour obtenir un changement d'état civil.

Ouverture de la PMA à toutes les femmes, y compris les couples de femmes et les femmes célibataires.