Pour son architecte, le pont Anne-de-Bretagne « connectera les rives mais aussi les gens »

Publié le 16 oct. 2026

Dernière mise à jour 23 oct. 2026

Dietmar Feichtinger a ouvert officiellement le 23 octobre 2026, au côté de la maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole Joanna Rolland, le nouveau belvédère. Rencontre avec un architecte navigant entre émotion et impatience.

  • Dietmar Feichtinger, architecte du pont Anne-de-Bretagne, lors de l'ouverture au public du nouvel ouvrage. © Loïc Gatteau

En quoi ce nouvel espace fait-il belvédère ?

« C’est une vraie place où l’on a envie de rester. On l’oublie presque quand on s’y trouve, mais on est dans un espace suspendu au-dessus de la Loire. C’est ce qu’il y a de plus original sur cet ouvrage. La Loire, le fleuve fédérateur de la ville de Nantes, y est omniprésente – on la voit même à travers les interstices des caillebotis. Repensez à l’ancien pont, que l’on se dépêchait de traverser, avec toutes ces voitures... Je crois que demain, ce sera le contraire. Le pont Anne-de-Bretagne sera quelque chose d’extrêmement positif : un espace de séjour, de rendez-vous, de fête. Il connectera les rives mais aussi les gens. »

Que ressentez-vous en voyant les premiers piétons l’emprunter ?

« Notre travail d’architecte est de donner un sens, et si on voit que les gens se plaisent ici, cela veut dire qu’on a réussi. C’est une grande émotion et c’est une immense fierté. Mais l’ouverture du belvédère n’est qu’un point d’étape, et on a encore plein de choses à faire ! Par exemple, les garde-corps ne sont pas encore terminés : la main courante sera recouverte de bois pour mieux s’accouder, contempler le paysage. Certains éléments vont changer aussi d’aspect : l’acier corten n’a pas pris sa patine définitive, les petits inserts sur les emmarchements brillent aujourd’hui, mais seront mats demain… »

Et la végétalisation du pont, retardée à cause des températures ?

« Elle va débuter très prochainement. Nous avons déjà installé les enluminures qui rappellent Anne-de-Bretagne (1), qui était collectionneuse de végétaux. Cette végétation ligérienne va se retrouver sur le pont. On va la mêler à des plantes méditerranéennes, qui pourront résister à une certaine sécheresse et qui atteindront 3 ou 4 mètres, apportant de la fraîcheur. Le pont n’aura donc pas de grands arbres, mais il y aura une continuité verte. »

(1) Tirées de l’œuvre de Jean Bourdichon, Les Grandes heures d’Anne de Bretagne, elles rythmeront le jardin afin de présenter les essences plantées.

Qui peut circuler sur le pont ?

  • La partie neuve du pont et son belvédère sont désormais ouverts aux piétons.
  • Un premier axe vélo prend place sur le nouveau pont : il mène du nord au sud, vers l’île de Nantes. En attendant la future piste cyclable à double sens prévue sur l'ancien pont, les cyclistes en sens inverse vont emprunter une des voies routières, sécurisée. 
  • Les voitures pourront aussi traverser le nouveau pont d'ici la fin novembre (dans le sens sud-nord uniquement).

Quelles suites aux travaux ?

Cet automne 2026 sera planté le « jardin linéaire » : arbustes et plantes vivaces seront installés dans les prochaines semaines sur ce ruban végétal de 2 à 5 mètres de large, profond de 40 à 110 cm. Mais le gros du chantier va maintenant se déplacer sur le pont d'origine. Objectifs : abaisser et renforcer l'ancien ouvrage, qui viendra épouser la même courbe que le pont neuf, avec une pente accessible à 4%. Le pont remanié accueillera une double piste cyclable, des espaces piétons végétalisés et la nouvelle voie de tramway, ainsi qu'une passerelle, dite ciseaux, qui mènera au parc des Berges. Le double-sens voiture sur le pont neuf sera rétabli à la mise en service complète du projet, à l'horizon fin 2027.