H2O de la Loire à la Loire, ép. 1 : le grand départ

Publié le 03 août. 2026

Dernière mise à jour 03 août. 2026

Eau

H₂O coulait des jours heureux en Loire quand elle est aspirée dans une station de pompage à Mauves. C’est le début d'un périple qui ne coulait pas de source et qui va lui faire découvrir le système d'approvisionnement en eau potable de la métropole nantaise.

  • © Le Cil Vert

Happée à Mauves-sur-Loire

Jour 1

Au départ de mon aventure, il faut que je me présente. Mon nom, c’est H₂O. Je suis une goutte d'eau douce de la Loire et jusqu'à ce matin, ma vie était ab-so-lu-ment tranquille. Je bullais en contemplant les berges, je dérivais en saluant les hérons, je coulais sous les ponts… Bref.

Et puis ma vie a basculé. Brusquement, je me suis sentie aspirée, brassée comme dans un shaker, j’ai cru couler à pic ! Renseignements pris, je venais d’être happée dans la station de pompage de Mauves-sur-Loire. C’est elle qui alimente la plus grande partie de la métropole nantaise – il y a deux autres points d'entrée dans le système, en cas de besoin : la Roche à Nantes et dans l'Erdre à Saint-Félix. En 2025, 48 millions de mètres cubes ont été prélevés pour la production d’eau potable. L’essentiel reste dans la métropole, mais comme les territoires sont interconnectés, il y a des échanges entre eux : en 2025, 9,3 millions de m3 d’eau ont été vendus et 5,3 millions de m3 ont été achetés. Tous ces chiffres, ça me tranquillise : je ne suis pas la seule à vivre ce genre de surprise !

Sueurs froides pour la Loire

Jour 2

Dans le tuyau, j'ai eu le temps de discuter avec d'autres gouttes, qui captaient bien la situation. Pour être franche, on a parlé de sujets super sérieux, genre la fragilité de l’existence. Je vais résumer au mieux ce qu’elles m’ont dit.

La Loire, c'est une ressource abondante, c'est vrai, mais elle est vulnérable. La grosse menace, ici, c’est ce qu'on appelle le bouchon vaseux : une masse d'eau trouble, chargée de particules en suspension, qui remonte l'estuaire selon les saisons et les débits. Quand le bouchon vaseux va trop loin vers l'amont, la qualité de l'eau brute se dégrade. Sous certaines conditions – sécheresse prolongée et fortes marées combinées – ça se complique pour la suite : la capacité de traiter l’eau se réduit. Nantes a eu quelques inquiétudes en 2022 et on réfléchit aujourd’hui à des solutions techniques pour s’éviter ça.

Je commençais à avoir des sueurs froides, alors j’ai posé la question : va-t-on un jour se retrouver à sec alors qu’en plus, le dérèglement climatique s’aggrave ? On m’a rassurée. Les producteurs d’eau potable en Loire-Atlantique anticipent et ont adopté l’an dernier une nouvelle feuille de route. Leur objectif, c'est de réduire de 10 % la consommation des usagers d'ici 10 ans. On va m’expliquer comment un peu plus tard, mais j’ai déjà bien compris le message : chaque goutte compte !

Le jour où on a évité le bain de gasoil

Jour 3

Tout se passe bien pour moi, mais parfois on se retrouve en plein milieu d’une crise. La preuve avec cette histoire qu'on se raconte entre gouttes, et je vous jure que ce n’est pas une légende urbaine. C’était le 15 juillet 2025 et on en a parlé partout à l’époque. Un bateau qui travaillait pas loin de la prise d'eau de Mauves a coulé avec son gasoil ! Une nappe d'hydrocarbures à quelques centaines de mètres de l'endroit où on nous puise, vous imaginez le stress ?

Les équipes de Nantes Métropole ont immédiatement activé la surveillance, ils ont lancé des analyses, ils étaient prêts à couper les pompes si besoin. Finalement, ils n’ont détecté aucune contamination. Mais l'histoire nous dit quelque chose : entre la Loire et votre robinet, il n'y a pas que de la tuyauterie. Il y a des gens qui surveillent, qui analysent, qui réagissent. 24h/24 et 365 j/an. On est très loin de naviguer à vue !