1er mai : le vrai-faux du muguet

Publié le 27 avr. 2026

Dernière mise à jour 27 avr. 2026

D’où vient la tradition du muguet porte-bonheur ? Comment est-il cultivé ? Quelles sont ses utilisations ? L’autrice Agnès Laurent raconte la fleur star du 1er mai dans son livre "Clochettes, une histoire du muguet". On démêle avec elle les infos des intox.

Cette tradition remonte au roi Charles IX

Probablement faux. On peut être sceptique concernant cette hypothèse. D’abord parce que le roi Charles IX n’avait que 11 ans lorsqu'il en aurait offert à son entourage le 1er mai 1561. Il aurait fait cette offrande après en avoir lui-même reçu le 1er mai 1560 lors d’un séjour dans le Dauphiné dans le cadre du grand tour de France. Un voyage qu’il n’a entrepris que des années plus tard...

On l’associe également à la culture celtique comme porte-bonheur

Faux. Les fleurs sont peu mentionnées dans les anciens documents parlant de la mythologie celtique. Ce que l’on peut dire, c’est que le muguet et ses clochettes se sont installés dans notre imaginaire au fil des nombreux récits et légendes. Dans le polythéisme grec, Apollon aurait créé le muguet pour en tapisser le mont Parnasse afin que ses muses le rejoignent sans se blesser les pieds. Au VIe siècle, en Angleterre, le muguet est associé à la victoire du bien contre le mal. On le retrouve ensuite dans les fêtes médiévales qui célèbrent l’arrivée du printemps.  

Le muguet est popularisé au début du 20e siècle

Vrai. Le 1er mai devient la fête du Travail à la fin des années 1800. Le 1er mai 1908, les journaux parisiens évoquent le muguet comme porte-bonheur. Sa popularité est vraisemblablement liée au succès de Félix Mayol. Venu passer une audition à Paris, le chansonnier arbore quelques brins en boutonnière, offerts par une amie. L’audition est réussie et le mène au succès. Le muguet est d’abord parisien avant d’essaimer en province dans l’entre-deux-guerres. 

85 % de la production nationale vient du bassin nantais et des Pays de la Loire

Vrai. C’est effectivement 85 % de la production en brins et en pot. On monte à 95 % pour les brins. Cet ancrage dans le territoire s’inscrit dans une histoire : celle du maraîchage. Habitués à cultiver des légumes primeurs, les maraîchers avaient le savoir-faire et le matériel pour couvrir et maîtriser la floraison du muguet. Les frères Moyse, installés à Saint-Sébastien-sur-Loire, auraient introduit les premiers brins à Nantes. La culture débute dans les années 1920 et se développe après la Seconde Guerre mondiale. En 1961, des articles de presse présentent déjà Nantes comme la capitale du muguet. 

C'est une culture facile

Faux. C’est très technique ! Le muguet ne se récolte qu’à partir de la troisième année après sa plantation. Lorsque les bourgeons sortent, on le surveille comme le lait sur le feu pour accompagner la floraison. Quand le printemps est précoce, il faut le plonger dans le noir. Quand il est tardif, il faut favoriser l’effet de serre avec les chenilles et les châssis. Le savoir-faire se transmet de génération en génération. 

Il est principalement vendu dans la rue

Faux. Aujourd’hui, le commerce sur la voie publique (réglementé, NDLR) ne représente que 7 % des ventes. Et pourtant, quand on pense au muguet, c’est souvent cette vente qui vient en tête. À noter que c’est un cadeau accessible : on débourse en moyenne 7 € pour le muguet du 1er mai contre 23 € pour les fleurs de la Saint-Valentin. 

Le muguet a été utilisé en médecine

Vrai. La plante serait mentionnée dans la médecine ancienne russe et figure dans la médecine officielle européenne depuis le 16e siècle. Le muguet arrive en Europe via l’Allemagne où il est très présent. Il contient des hétérosides cardiotoniques, un groupe de molécules qui agit sur le fonctionnement du cœur. En France, on l’utilise jusque dans les années 1970. En Allemagne, on le retrouve toujours en phytothérapie mais il est très encadré en raison de sa toxicité. Car il faut le rappeler : le muguet est toxique. Il ne faut surtout pas l’ingérer et éviter de laisser traîner l’eau du vase pour les animaux. 

Il est très apprécié en parfumerie

Vrai. On dit souvent que c'est une fleur muette. Il est difficile d’extraire son odeur mais on y arrive avec l’enfleurage qui consiste à placer les fleurs dans de la graisse animale. Cette technique, gourmande en équipements, en main d’œuvre et en fleurs, est progressivement abandonnée avec l’arrivée des molécules de synthèse au début des années 1900. Naturelle, issue de la biotechnologie ou de la chimie de synthèse, la senteur muguet est omniprésente en parfumerie. On la retrouve notamment chez Guerlain qui propose chaque année une édition limitée de son parfum Muguet avec un flacon pensé comme un objet d’art. Fleur des sous-bois, humble et populaire, le muguet a été adopté par des maisons d’exception. 

Clochettes, une histoire du muguet

En 128 pages et près de 100 illustrations, Agnès Laurent aborde les origines de la tradition du muguet porte-bonheur, sa culture à partir de la fin du 19e siècle, l’usage de la plante en médecine et en parfumerie ou son statut particulier au sein de la maison Dior… 

Clochettes, une histoire du muguet. 29 €. En vente à la librairie Coiffard (7 et 8 rue de la Fosse) et ici 

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