Où en est le chantier du nouvel hôpital Loire Santé ?

Publié le 12 mai. 2026

Dernière mise à jour 12 mai. 2026

Plus grand chantier hospitalier de France, le futur hôpital de Nantes est entré dans sa dernière phase de travaux. Point d’étape sur ce projet unique, à la fois par son envergure et par les ambitions qu’il porte.

  • Au dessus d'un des bâtiment du nouvel hôpital a été installé l'héliport avec son porte-à-faux de 12 m , par rapport à la façade.
    Le nouvel héliport pourra acceuillir trois hélicoptères stationnés. © CHU de Nantes

C’est un chantier titanesque. Répartis sur 10 hectares, les 13 bâtiments qui composent l'hôpital Loire Santé – soit 230 000 m² de construction – sont sortis de terre sur l’île de Nantes, à proximité du pont des Trois-Continents« Entre 1200 et 1500 ouvriers participent quotidiennement à ce chantier exceptionnel par sa taille » détaille Guillaume Catoire, ingénieur chef de projet de la construction de l’hôpital Loire Santé. Le gros-œuvre touche à sa fin et laisse désormais place aux aménagements intérieurs. 

« Confort hôtelier » à l’hôpital

Peintures, revêtements sol, ameublement… certaines salles sont déjà bien avancées. Dans les chambres d’hospitalisation dont la plupart offrent une vue sur la Loire, la priorité a été donnée au « confort hôtelier », assure Laurence Jay Passot, directrice générale adjointe du CHU de Nantes. Près de 90 % des chambres seront individuelles (contre 35% aujourd’hui), équipées d’une salle-de-bain. Les murs ici sont peints d’un bleu nuit, mais tous les bâtiments arborent de la couleur. « On voulait casser les codes hospitaliers, avoir des bâtiments accueillants et chaleureux », explique la directrice adjointe.

Un confort qui passe aussi par la luminosité, tout en limitant les effets des fortes chaleurs estivales. Car à cet étage, comme dans les bureaux, il n’y aura pas de climatisation. « L’isolation thermique est assurée par un un triple vitrage, qui permet, grâce à un système de stores intégrés, de réfléchir les rayons du soleil et d’évacuer la chaleur », précise le chef de projet chargé de la construction. Bénéfice : 7 ou 8 degrés de moins en été.

Circulation fluide

Mais le plus grand atout de ce nouvel hôpital réside dans sa configuration conçue pour faciliter le parcours du patient et le travail des équipes médicales. Dans le futur CHU, les urgences, l’unité de soins critiques, l’imagerie médicale et les blocs opératoires seront regroupées. « Cette unité de lieu permet de favoriser une prise en charge plus rapide et efficace », souligne Laurence Jay-Passot.

Actuellement, les 3 blocs opératoires du CHU se trouvent sur trois sites :  l’hôpital Nord-Laennec, l’hôpital mère-enfant et l’Hôtel-Dieu. Demain un patient nécessitant une chirurgie thoracique mais aussi digestive pourra être opéré au même endroit. Câbles et réseaux dédiés aux technologies de pointe et aux transport des fluides (eau, gaz, oxygène etc), parois de plomb pour l’usage d’imagerie médicale, système de gestion vidéo innovant… Dans les 57 salles opératoires, beaucoup plus techniques que les chambres d'hospitalisation, les travaux avancent à bon rythme.

  • Vue en hauteur des bâtiments du nouvel hôpital à proximité de la Loire
    Sur les toits, 2 500 m² de panneaux photovotaïques permettront de produire de l'énergie, réutilisée directement dans les 13 bâtiments. © CHU Nantes

Un héliport plus efficace

Situé au cœur du site, ce plateau technique est par ailleurs relié par des passerelles à l'ensemble des services d'hospitalisation, notamment au bâtiment des soins d’urgences, avec au rez-de-chaussée un service des urgences plus spacieux et sur le toit un héliport.

Cette plateforme de 70m par 27m pourra accueillir trois hélicoptères stationnés – un seul pouvant décoller et atterrir au même moment. « Cet héliport est posé sur des ressorts pour éviter la transmission des vibrations aux étages inférieurs. C’est une véritable prouesse technique, à la limite de l’ouvrage d’art », se félicite l'ingénieur Guillaume Catoire, chef de projet de la construction. « Mais il permet surtout une meilleure efficacité de la prise en charge », avec un accès par ascenseurs plus rapide aux services de réanimation, aux soins critiques ou aux blocs opératoires. 

Le nouvel hôpital livré en 2028

Outre une plus grande efficacité et un parcours patient amélioré, l'architecture de l’hôpital Loire Santé a été pensée pour créer un environnement agréable : bâtiments de faibles hauteurs,  toitures végétalisées, rues piétonnes, jardins et places. 

Ouvert sur tous ces espaces, le hall d'accueil, boulevard Simone-Veil, fera le trait d’union avec le quartier. Pour l’heure, ce bâtiment reste partiellement inachevé. L'entreprise en charge du marché a été placée en liquidation judiciaire en Italie, occasionnant un décalage du calendrier. Initialement prévue fin 2027, l’ouverture du futur CHU est désormais envisagée à l’horizon mi-2028. « Il s’agit d’un aléa assez classique pour un chantier d’une telle envergure », confie Pierre Nassif, directeur du pôle investissement et logistique du CHU. « Ce décalage de quelques mois ne change rien à la préparation du déménagement, ni à celle des équipes. »

Quelques chiffres sur l’hôpital Loire Santé

  • 10 % de lits supplémentaires en soins critiques
  • 90 % de chambres individuelles
  • 230 000 m² de bâtiments
  • 3 200 places de parking réparties en souterrain et en proximité immédiate
  • 1,25 milliard € d'investissement