« Une manœuvre technique soumise aux aléas climatiques » : la pose du tablier du pont Anne-de-Bretagne en détail

Publié le 24 mars. 2026

Dernière mise à jour 24 mars. 2026

La pose du tablier a débuté dans la matinée du mardi 24 mars, sous le regard de nombreux curieux. Voici les détails de cette manœuvre qui se déroule en trois étapes, sur deux jours.

  • La barge transportant le futur pont Anne-de-Bretagne arrive à côté de l'ouvrage existant.
    Le barge transportant la charpente métallique du pont est arrivée dans le bras de la Madeleine aux alentours de 8 h ce mardi 24 mars. © Gaël Arnaud

« Je suis venu exprès du Morbihan pour voir ça. » Sur le quai de la Fosse, parmi de nombreux curieux, Serge observe le tablier du pont Anne-de-Bretagne être manœuvré. « C’est vraiment impressionnant, c’est une véritable prouesse technique », abonde Quentin. Ce Nantais, qui passe tous les jours sur l'ouvrage actuel, souhaitait assister au plus près à la pose de la charpente.

L’opération, spectaculaire, a débuté mardi 24 mars. Elle se déroule en trois grandes étapes, étalées sur deux jours.

L’arrivée et l’amarrage

  • La barge transportant la charpente métallique du futur pont Anne-de-Bretagne s'approche de l'ouvrage existant.
    Des plateformes ont été installées au niveau des piles afin que les équipes coordonnent les manœuvres au plus près. © Gaël Arnaud

Le convoi a commencé par remonter la Loire depuis Cheviré, à marée haute, ce mardi matin. Il était important que le niveau de la Loire ne soit pas trop bas pour cette embarcation de 3 000 tonnes. Au moment de l’étale de pleine mer, poussée par des bateaux pousseurs, la barge s’est introduite dans le bras de la Madeleine pour s’approcher du pont existant.

La barge est alors amarrée à l’aide de huit câbles tendus vers les berges. « Ces points d’ancrage permettent la stabilité de la barge. Les pilotes des bateaux pousseurs ajustent les forces en fonction du courant et du vent », explique Luc-Gerry Helle, directeur régional génie civil chez GTM Ouest, chargé du projet.

La rotation

La phase de rotation, l’une des plus impressionnantes, se déroule elle aussi à marée haute. Si les conditions météo se maintiennent, le tablier devrait effectuer un quart de tour sur la barge pour s’approcher au plus près du pont existant aux alentours de 17h ce mardi. Cette manœuvre est rendue possible grâce à un dispositif de 16 remorques mobiles, sortes de petits camions sans cabine placés sur la barge. Télécommandés à distance, ils soutiennent tout le poids de la charpente. « Cette étape dure environ une heure. C’est la plus spectaculaire, mais pas la plus complexe », note Luc-Gerry Helle.

La pose

La dernière étape, la plus délicate, consiste à poser le tablier sur les piles et culées du futur pont. Elle devrait se dérouler dans la journée de mercredi, entre la marée montante et la marée basse (soit entre 9h et 13h), sous réserve de conditions météo optimales. « C’est une étape complexe, soumise aux aléas climatiques. On ne maîtrise pas les éléments, on doit composer avec eux, justifie Luc-Gerry Helle. En cas de fortes rafales de vent, on ne prendra aucun risque. La priorité, c’est la sécurité des équipes et la bonne réalisation des opérations. »

Une cinquantaine de personnes sont mobilisées pour cette opération technique exceptionnelle : des lamaneurs, chargés de l'amarrage, les pilotes de Loire, ainsi que les équipes des entreprises Cimolaï et Sarrens. En communication constante, elles sont réparties sur les barges et au plus près des piles du futur pont pour assurer le bon déroulement des manœuvres.

Où se placer pour voir les manœuvres ?

Le public peut venir assister à ces manœuvres, que ce soit le long du quai de la Fosse ou du quai des Antilles. Un périmètre de sécurité a été établi en lien avec la préfecture afin de garantir les conditions nécessaires à l’opération technique, ainsi que la sécurité de celles et ceux qui souhaitent observer la pose du tablier du futur pont Anne-de-Bretagne.