Fusillades : sécurité, prévention, écoute au cœur des réponses
Le Nantes de… Robin Le Ruz
Publié le 01 juin. 2026
Dernière mise à jour 01 juin. 2026
Arrivé à Nantes en 2016 pour se spécialiser en cardiologie, le jeune médecin a participé il y a un an à une première européenne sur le remplacement d’une valve du cœur. Il a aussi été récompensé aux États-Unis.
« Je suis né à Brest, il y a 34 ans. J’ai grandi au Chili et je suis revenu en France pour mes études de médecine, dans le Finistère. Je suis venu à Nantes pour ma spécialisation car la cardiologie y est réputée. Aujourd'hui, je suis cardiologue interventionnel au CHU de Nantes : c'est-à-dire qu'au quotidien, avec l'équipe de l’Institut du thorax, nous réalisons des interventions en passant par les artères ou les veines pour remonter jusqu’au cœur. C’est beaucoup moins agressif – certaines interventions se font même sous anesthésie locale – et cela engendre une récupération beaucoup plus rapide pour les patients. Au sein de l’Institut, nous sommes trois cardiologues interventionnels, plus deux dédiés à l’imagerie. Les rayons X ou l’échographie sont indispensables car, comme nous n’ouvrons pas le thorax, on a besoin de savoir où nous sommes. C’est un échange permanent, une collaboration étroite. »
Distinction aux États-Unis
« En parallèle de mon travail, je suis parti pendant un an et demi à l’université Columbia, à New York, pour faire de la recherche. Mon défi : le remplacement de l’une des quatre valves du cœur, la tricuspide, située à proximité du circuit électrique du cœur. En la remplaçant, il existe un risque d’endommager ce système essentiel. Ces travaux, distingués par l’American College of Cardiology, ont permis d’identifier les facteurs pouvant favoriser ces complications après l’intervention, afin de mieux anticiper les risques et d’adapter la surveillance de chaque patient. Trois études ont été publiées au total. C’était très enrichissant sur beaucoup d’aspects. »
Première européenne
« En mai 2025, nous avons réalisé une première européenne : remplacer une valve défectueuse chez un jeune patient ayant préalablement été opéré d’une malformation cardiaque. Concrètement, nous avons accroché une prothèse valvulaire artificielle [en tissu biologique bovin, ndlr] à la valve existante. Cet homme était en impasse thérapeutique. Aujourd’hui, il va beaucoup mieux. Depuis, chaque mois à Nantes, au moins un patient bénéficie de cette technique. »
Nantes et toi
Quel est ton lieu préféré ?
« Les Machines de l’île, c’est le symbole de Nantes ! Dès que nous avons de la visite, nous y allons, car j'habite avec ma famille à proximité. Nous nous sentons très bien sur l'île de Nantes. J’y apprécie aussi le parc des Chantiers, un lieu de vie propice à de nombreuses activités : sport, danse, jeux pour enfants... »
Une bonne adresse à recommander ?
« Quand nous étions à New York, avec ma compagne, le fromage nous manquait (rire). Depuis notre retour à Nantes, nous aimons particulièrement aller à la fromagerie Croûte, rue Fouré. Il y aussi de nombreux plats et une très bonne ambiance ! »
Un souvenir marquant ?
« La Coupe du Monde 2018 et l’effervescence incroyable après la finale. Je me souviens de l’ambiance du côté du centre-ville, c’était top ! »
L’événement que tu attends en 2026 ?
« Le congrès national de la cardiologie interventionnelle qui se tient en décembre, à la cité des Congrès. C’est une belle reconnaissance pour la ville. »
Quelle Nantaise ou quel Nantais t'inspire ?
« Mon épouse, Rosita. Car tout ce qui m’arrive, la recherche, les États-Unis, mon travail au CHU, engendre beaucoup d’absences de ma part. Nous avons des enfants et énormément de choses reposent sur elle. Elle gère tout cela de façon extraordinaire ! »
Et Nantes en 2050 ?
« J’espère que la cardiologie nantaise sera encore plus visible à l’international. Car dans le domaine de l’innovation, à l’échelle nationale, nous ne sommes pas encore au niveau de certains pays, comme les États-Unis. J’ai bon espoir que l’on puisse nous hisser à leur hauteur dans l’avenir. »