Pont Anne-de-Bretagne : carnet de voyage d'une charpente hors norme

Publié le 20 oct. 2025

Dernière mise à jour 03 avr. 2026

perspective aérienne du futur pont Anne-De-Bretagne, vue du Sud.

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La charpente métallique du futur pont Anne-de-Bretagne a voyagé depuis l’Italie. Ce tablier aux dimensions gargantuesques est arrivé à Nantes sur une barge qui a remonté la Loire après une traversée de la mer Adriatique, la Méditerranée et le golfe de Gascogne. Embarquez dans les coulisses !

  • Vue plongeante sur la barge transportant la charpente métallique du pont Anne-de-Bretagne.
    Le tablier est arrivé à Nantes en une seule pièce, après avoir traversé la mer Adriatique, la Méditerranée et le golfe de Gascogne, puis remonté la Loire. © GTM Ouest

Pour des raisons de sécurité, le pont Anne-de-Bretagne est fermé à la circulation pendant toute la durée des opérations. © Nantes Métropole

La charpente métallique a terminé son voyage. Le tablier s’est posé sur ses douze appuis provisoires aux alentours de 13 h 30 ce mercredi 25 mars, à la faveur de la marée descendante, laissant entrevoir l’envergure de l’ouvrage. 

La barge peut désormais repartir. Encore une fois la marée est décisive : ce départ doit se dérouler ce mercredi avant qu’elle ne remonte. « On va tout de même ballaster la barge, comme un sous-marin, afin qu’elle reparte tranquillement » explique Luc-Gerry Helle de GTM Ouest. Après quelques réglages ces prochains jours, les éléments provisoires de la structure seront peu à peu démontés : les haubans, les mâts, les structures de fixation. Ils pourront être réutilisés sur d'autres chantiers. 

«Une très grande étape s'achève se réjouit Luc-Gerry Helle on va revenir à un chantier plus traditionnel avec des travaux de gros oeuvres. » Dans les prochaines semaines, les équipes de GTM Ouest procéderont à l'installation de 340 prédalles de béton armé. Fabriquées sur le chantier nantais entre décembre 2025 et fin février, ce plancher sera recouvert d’un revêtement en béton, coulé par étapes successives. Débuteront ensuite les travaux d’aménagement de l’espace public, ainsi que la création des premiers linéaires de jardin. L’ensemble de ces opérations mobilisera les équipes jusqu’à l’automne 2026.

«  C’est un moment historique, je ne voulais pas manquer cela  » : comme Cécile, près de 3000 personnes ont déferlé sur les quais de la Loire mardi 24 mars pour observer les manœuvres de la pose, et en particulier la spectaculaire rotation. « C’est une véritable prouesse technique » selon Serge, qui a participé en 1990 à la pose du tablier du pont de Cheviré. « Je suis venu exprès du Morbihan pour voir la charpente dont je suis le voyage depuis le début ». « En tant qu’habitant de la ville, ça m'importait de voir ce moment qui montre l’évolution de la ville. Ça prend forme concrètement » confie de son côté Quentin, observant la manœuvre depuis le quai de la Fosse. Ils étaient moins nombreux ce matin, mais quelques lève-tôt ont fait le déplacement pour observer la phase délicate de la pose. 

Mercredi 25 mars

C’est désormais l’heure de la dernière étape de l’opération, mais aussi la plus délicate  : la pose du tablier sur les piles et culées du futur pont. Cette manœuvre de précision a débuté aux alentours de 6 h ce mercredi matin. Elle est réalisée entre la marée montante et la marée basse. La barge glisse d’abord en partie sous le pont Anne-de-Bretagne, très lentement, afin d’aligner parfaitement le tablier avec les piles et culées de réception. La charpente métallique se posera ensuite sur ses appuis à la faveur de la marée descendante, à partir de 9 h 30 . Ensuite, la barge se retirera.

De nombreux promeneurs ont pris place sur le quai de la Fosse et le quai des Antilles pour observer l’étape la plus spectaculaire de la pose : la rotation du tablier. Afin de s’aligner parfaitement avec les piles du futur pont, la charpente va effectuer un quart de tour sur la barge. Cette manœuvre est rendue possible grâce à un dispositif de 16 remorques mobiles, sortes de petits camions sans cabine placés sur la barge et spécialement conçus pour cette opération. Télécommandés à distance, ils soutiennent tout le poids de la charpente. Cette opération se déroule elle aussi à marée haute. La pose sur les piles se déroulera demain matin, à partir de 6h, sous réserve des conditions météo et du débit de Loire. 

Mardi 24 mars

La barge transportant le tablier s'est approchée du pont Anne-de-bretagne aux alentours de 8 h mardi 24 mars 2026. © Gaël Arnaud

Parti ce matin à marée haute, la barge transportant le tablier a rejoint le bras de la Madeleine, guidée par les Pilotes de Loire, pour s’approcher du pont existant. À l'aide d'une demi-douzaine de câbles, la barge est en cour d’amarrage. Prochaine étape en fin d’après-midi, pour préparer la rotation de la charpente, un moment qui promet d'être spectaculaire. Au regard de la technicité de l’opération, les manœuvres pourraient être reprogrammées à une date ultérieure si les conditions météorologiques venaient à se dégrader.

Un périmètre de sécurité a été établi en lien avec la Préfecture pour assurer les conditions nécessaires à cette opération technique délicate, et que les personnes souhaitant assister à la pose puissent le faire en toute sécurité. 

  • Les piétons peuvent traverser la Loire par la passerelle Schoelcher
  • Les voitures et les vélos peuvent emprunter le pont Haudaudine.
  • Les tramways, bus et navibus fonctionnent normalement
  • Les cycles et piétons continuent à circuler sur le quai de la Fosse tout comme les voitures au nord de la plateforme tramway.
  • La navigation sur le bras de Madeleine est en revanche interdite durant toute la manœuvre.

Le pont Anne-de-Bretagne sera fermé dès lundi 23 mars 14 h et durant toute la durée de l'opération. © Nantes Métropole

Après une arrivée spectaculaire, la charpente du futur pont se prépare à la dernière phase de son voyage qui promet d’être, elle aussi, impressionnante. Cette pose définitive débutera mardi 24 mars et s’étendra sur plusieurs jours. Une manœuvre technique et inédite rendue possible par les conditions favorables de débit de la Loire, de marée, de vent et de météo. En cas de dégradation de ces conditions, les manœuvres pourraient toutefois être reprogrammées.

Mardi matin, la barge transportant le tablier s’approchera du pont existant avec la marée haute. La journée sera alors dédiée à amarrage,  à l'aide de nombreux câbles. Puis, en soirée, place à l’un des temps forts du chantier : la rotation d’un quart de tour de la charpente sur la barge pour aligner parfaitement la structure. L’étape la plus délicate interviendra mercredi, avec la pose du tablier sur ses appuis définitifs.

Le public pourra venir assister à ce véritable ballet technique depuis les bords de Loire. Que ce soit le long du Quai de la Fosse ou bien le long du Quai des Antilles, les habitants de la Métropole pourront suivre l’ensemble des opérations du mardi au mercredi.

À noter que l’actuel pont Anne-de-Bretagne sera fermé à l’ensemble des usagers (véhicules motorisés, cyclistes et piétons) pendant une durée de 3 à 5 jours, à compter du lundi 23 mars à 14 h pour les véhicules motorisés, puis en soirée pour les vélos et les piétons, durant toute la durée des manœuvres et au-delà. Le boulevard Léon-Bureau sera également fermé à la circulation automobile.

Après son voyage maritime, la charpente métallique du futur pont Anne-de-Bretagne a remonté la Loire, samedi 7 mars, sous le regard de nombreux curieux rassemblés sur les berges. Cette étape clé du chantier a offert des images marquantes de l’imposante structure progressant lentement sur le fleuve. Sélection des plus belles photos de cette traversée.

La nuit s’est installée. Après être passé sous le pont de Cheviré, le tablier a fait demi-tour devant la grue grise pour entamer sa dernière manœuvre du jour : l’amarrage au port de Nantes-Cheviré, qui devrait se terminer aux alentours de minuit.

Il restera à quai durant une à plusieurs semaines, afin de préparer le convoi pour la pose définitive du nouveau pont Anne-de-Bretagne.

De nombreuses personnes se sont rassemblées à Trentemoult et sur l'Île de Nantes pour observer le passage du convoi. © Patrick Garçon

La barge, entourée de deux remorqueurs et d’un bateau pilote, arrive à Nantes. Elle est passée sous le pont de Cheviré aux alentours de 18 h 30. Il ne lui reste plus qu'à effectuer la manœuvre de retournement avant de retrouver le port de Cheviré.

Le convoi, pris en charge par les pilotes de Loire depuis l’Estuaire, est arrivé en territoire métropolitain. Il a désormais passé le Pellerin et Couëron. Sur les rives des deux communes, les habitants, habitantes et visiteurs ont pu observer passer le convoi de 150 mètres de long, 42 mètres de large et 25 mètres faire route vers Nantes. Prochaines étapes avant son retournement aux alentours de 18 h 30 au large de Trentemoult à Rezé : Basse-Indre, Indret, Bouguenais, Saint-Herblain puis le passage sous le pont de Cheviré. 

Les habitants et visiteurs peuvent venir assister à l’arrivée de cette pièce monumentale qui deviendra l’élément principal du futur pont Anne-de-Bretagne. © Nantes Métropole

La traversée se déroule bien et les horaires se précisent. Le convoi devrait passer vers 17 h 30 au Pellerin et environ 18h30 à Trentemoult. 

Afin que les personnes souhaitant observer la manœuvre puissent le faire tranquillement, un périmètre de sécurité a été établi en lien avec la Préfecture. 

  • Parc des Chantiers : stationnement et accès aux voies piétonnes interdits à tout véhicule motorisé y compris les livraisons à partir de samedi midi, jusqu’à la levée du dispositif de sécurité par la police municipale. La circulation à vélo et à pied reste possible.
  • Rue de l’Hermitage : la circulation motorisée est interdite depuis samedi midi et le stationnement interdit et ce jusqu’à la levée du dispositif de sécurité par la police municipale. La circulation à vélo et à
    pied reste possible.
  • Navibus : la circulation est suspendue seulement quelques minutes le temps de la manœuvre de demi-tour du convoi.
  • Bacs de Loire : la circulation sera arrêtée seulement quelques minutes le temps du passage du convoi. 

Le boulevard des Antilles et le parking Wilson restent accessibles. Les bus et tramway circuleront normalement. 

 

Samedi 7 mars

La charpente du pont Anne-de-Bretagne, en route vers Nantes, est passé sous le pont de Saint-Nazaire samedi 7 mars vers 15 h. © Patrick Garçon

Parti de Lorient vendredi 6 mars, le convoi est arrivé ce samedi au niveau de Saint-Nazaire, où il été pris en charge par les pilotes de Loire. Profitant de la marée montante pour remonter le fleuve, le convoi sera notamment visible au niveau du Pellerin, à Couëron, à Basse-Indre, à la pointe de l’Île de Nantes et à Trentemoult à Rezé. C'est ici qu'il effectuera son retournement, afin de s’amarrer dans le bon sens au port de Nantes-Cheviré et épouser convenablement le quai.

 

Temps de passage indicatifs du convoi (à + ou – 2h) :  Le Pellerin à 18h30, Couëron à 19h, Basse-Indre à 19h30, demi-tour île de Nantes à 20h30.

La charpente métallique de 150 m de long, 42 m de large et 25 m de haut s’apprête à arriver à Nantes. Le convoi devrait se diriger au large de Saint-Nazaire samedi 7 mars vers midi. Après une remontée de Loire, il opérera un retournement au large de Trentemoult à Rezé et de l’ile de Nantes puis viendra s’amarrer au port de Cheviré vers 21h. Durant sa remontée, le convoi sera visible depuis de nombreux points de vue sur le territoire métropolitain. Le demi-tour du convoi sera également visible depuis la pointe de l’Ile de Nantes et le long du quai de Trentemoult à Rezé. Les habitants de la métropole et les visiteurs pourront ainsi venir assister à l’arrivée de cette pièce monumentale qui deviendra l’élément principal du futur pont Anne-de-Bretagne.

Mercredi 25 février

La barge transportant le tablier a été déchargée avec succès du semi-submersible. Elle a ensuite été remorquée et stationne au port de Lorient. En raison des épisodes de pluie exceptionnels, la remontée de la Loire n’est pas envisageable, le débit du fleuve étant trop important pour manœuvrer un convoi de cette taille en toute sécurité. Il reprendra sa route dès que les conditions sur la Loire le permettront.

Le bateau semi-submersible, qui transporte la charpente métallique du pont Anne-de-Bretagne, a quitté le port d’Almería pour Saint-Nazaire. Il est arrivé lundi 16 février près des côtes bretonnes. Il y patiente le temps d’avoir une fenêtre météo favorable pour la suite des opérations.

Mercredi 3 février

Replié à Cadix puis à Almería, en raison de la houle en Atlantique, le convoi est pris en charge par un nouveau navire. Le tablier et sa barge vont être chargés à bord d’un navire de type semi-submersible. Cette embarcation conçue pour le transport de charges lourdes, est capable de s’immerger pour le chargement puis de revenir à flot. Elle assurera le convoi jusqu’en France.

Selon les conditions météorologiques à son arrivée, le chargement sera déposé au large de Saint-Nazaire ou sur un site abrité le long de la côte bretonne. La barge supportant la charpente métallique sera ensuite remorquée sur la Loire, jusqu’aux portes de Nantes à Cheviré. Pendant ce temps, le chantier du pont Anne-de-Bretagne continue activement : des travaux prévus à l’origine après la pose du tablier sont réalisés par anticipation. 

Jeudi 20 novembre

La barge est repartie. Les conditions météo ont obligé le convoi à rester à l’abri quelques jours avant le passage du détroit de Gibraltar.  Cet endroit marque souvent un temps de pause, les bateaux devant attendre leur tour pour franchir le fameux détroit. Chose faite pour notre tablier. Toujours entouré de deux remorqueurs, il se trouve désormais dans l’océan Atlantique et va longer les côtes de l’Espagne, du Portugal, puis de la France. 

Mardi 4 novembre

Après avoir quitté l’Italie, la barge, tirée par deux remorqueurs, se trouve désormais au large des Baléares. Avec une vitesse de croisière de 6 nœuds (environ 11 km/h), le convoi se prépare à passer le détroit de Gibraltar. Au total, il va parcourir 5 000 km.

Au-delà de la prouesse technique, transporter le tablier en une seule partie par voie maritime et fluviale permet d'éviter 100 allers-retours par camion. Mais le chantier en lui-même a été pensé en termes de sobriété : grâce au réemploi du pont actuel, 4 800 tonnes de béton n’auront pas à être détruites. Environ 2 600 m3 de béton et 1 300 tonnes d’acier ne seront pas produits. C’est une économie de 6 000 tonnes équivalent en CO2, par rapport à un scénario de remplacement total du pont.

Dimanche 26 octobre

Le ciel est partiellement dégagé ce dimanche à Monfalcone quand la barge quitte le port. Il est 13h30. Cap sur Nantes ! La traversée commence sur la mer Adriatique, se poursuit en Méditerranée, puis direction le Golfe de Gascogne avant de remonter la Loire. 

Durant le voyage, la stabilité de l’ouvrage est assurée par un haubanage provisoire. Ces câbles renforcent la rigidité de la structure pour éviter toute déformation, liée à son propre poids ou aux mouvements de la barge. Au total, entre la charpente, les haubans et les pièces métalliques soutenant le chargement, c’est un convoi de 25 m de haut et 3 100 t qui prend la mer. « Il faut imaginer un immeuble de huit étages qui navigue », illustre Sophie Louis. Et d'ajouter : « Ce sera encore plus impressionnant sur la Loire. » Le temps de voyage dépendra des conditions météo et des marées. 

Ce tablier aux dimensions impressionnantes – 150 m de long, 42 m de large, pour 2 200 tonnes – a été construit dans l’usine Cimolaï, entre Venise et Trieste. « 80 personnes sont mobilisées depuis six mois pour construire cette charpente », raconte Philippe Moreau, commercial de l’entreprise italienne spécialiste des structures métalliques de très grandes tailles. « La fabrication en Italie a permis de réaliser simultanément les piles, les culées et le tablier, faisant gagner du temps sur le site du chantier », explique Sophie Louis, cheffe de projet à Nantes Métropole, assurant la maîtrise d'ouvrage.

Bien qu’habituée aux projets spectaculaires – comme les portes du canal de Panama – Cimolaï qualifie ce tablier « d'exceptionnel, par ses dimensions, son mode de transport et ses choix techniques ». Premier défi : acheminer la charpente jusqu’au port de Monfalcone. Le portail d’accès a ainsi dû être démonté et le sol renforcé. La charpente a ensuite été chargée sur la barge à l’aide de kamags, des véhicules autopropulsés. Parée au départ !

Un périmètre de sécurité a été établi en lien avec la Préfecture pour assurer les conditions nécessaires à cette opération technique délicate, et que les personnes souhaitant assister à la pose puissent le faire en toute sécurité. 

  • Les piétons peuvent traverser la Loire par la passerelle Schoelcher
  • Les voitures et les vélos peuvent emprunter le pont Haudaudine
  • Les tramways, bus et navibus fonctionnent normalement
  • Les cycles et piétons continuent à circuler sur le quai de la Fosse tout comme les voitures au nord de la plateforme tramway
  • La navigation sur le bras de Madeleine est en revanche interdite durant toute la manœuvre.