Canicule : comment la métropole nantaise s'adapte
Fusillades liées au narcotrafic : sécurité, prévention, écoute au cœur des réponses
Publié le 15 mai. 2026
Dernière mise à jour 29 mai. 2026
Après Port-Boyer le 14 mai, un nouvel épisode de tirs a fait un mort le 26 mai dans le quartier Halvêque à Nantes. La maire Johanna Rolland appelle à une réponse de l’État « à la hauteur ».
Un nouveau drame vient endeuiller les quartiers nantais. Mardi 26 mai à la Halvêque, deux hommes en scooter ont ouvert le feu sur un troisième qui est décédé, touché à la tête. La victime avait 20 ans. « Le narcotrafic continue de tuer »
, a réagi Johanna Rolland, après avoir été informée du décès d’un jeune homme. Et la maire de Nantes de plaider : « Des vies brisées, des familles détruites, des habitants qui ont peur : la réponse de l’État doit être à la hauteur de l’enjeu ».
Denis Talledec, adjoint nantais en charge de la sécurité et de la prévention ainsi que Thibaut Guiné, adjoint de quartier, se sont immédiatement rendus sur place, aux cotés des représentants de l’État, de la préfecture et du substitut du procureur de la République. « Tous les moyens de la collectivité sont mis à disposition des enquêteurs pour identifier les auteurs dans les meilleurs délais »,
souligne la Ville de Nantes dans un communiqué.
10 jours après le « drame absolu » de Port-Boyer
Il s’agit du 3e drame lié au trafic de drogue survenu en un mois à Nantes. Fin avril, un jeune homme avait été tué et un autre gravement blessé par balle dans le même quartier de la Halvêque. Le procureur de Nantes avait déjà évoqué des violences potentiellement liées au narcotrafic. Puis le 14 mai, rue de Pornichet à Port-Boyer, un adolescent de 15 ans a été tué à Nantes dans une fusillade qui a fait deux autres blessés mineurs, âgés de 13 et de 14 ans.
Au lendemain de cette fusillade, qualifiée de « drame absolu »
par Johanna Rolland, la maire de Nantes s'était rendue dans le quartier avec le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Celui-ci a rappelé « un contexte national marqué par l’explosion des trafics et des règlements de comptes »,
avant de s’engager pour « le renforcement durable des moyens de police et de justice (…) pour répondre avec une fermeté républicaine totale aux violences qui ont endeuillé Nantes ».
Recueillir la parole des habitants
Depuis les faits, la mobilisation des pouvoirs publics et leurs partenaires reste totale. Les élus nantais se sont rendus quotidiennement dans le quartier de Port-Boyer. Des réunions ont également été organisées et des dispositifs d’écoute et de soutien mis en place à destination des habitantes et habitants (lire encadré).
« Nous sommes dans la période d’émotion, il faut recevoir la parole des habitants, les réassurer, les accompagner, et ne pas déserter l’espace public »,
a déclaré au micro d’ICI Loire Océan Denis Tallédec, adjoint délégué à la sécurité et la prévention de la délinquance. Ce dernier était présent mercredi 27 mai, aux côtés de Thibaut Guiné, adjoint de quartier Nantes Erdre, à un temps d’échange proposé aux habitantes et habitants, avec les services de la Ville de Nantes ainsi que le procureur de la République de Nantes, des représentants de la police nationale et de la préfecture.
Répression et prévention
La réponse des autorités face au déferlement de violence comporte en premier lieu un volet répressif. La présence policière a d’ores et déjà été renforcée, avec des CRS déployés quotidiennement dans le quartier et maintenus aussi longtemps que nécessaire. Le ministre de l’Intérieur s’est en outre engagé sur l’arrivée prochaine de 6 policiers à Nantes pour y créer d’une antenne de l’Office anti-stupéfiants (OFAST) et de 8 autres pour la brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Rennes, afin de soulager la BRI de Nantes. Côté Ville de Nantes, le plan de vidéoprotection est accéléré : « 6 caméras de vidéoprotection sont déployées dès ce mois, 6 autres dans les prochains mois »,
détaille Denis Tallédec.
D’autres mesures portent sur la prévention et l’accompagnement social. La Ville souhaite ainsi que le programme national Limit’s – expérimenté dans le quartier du Breil et mobilisant 70 partenaires sur l’accompagnement des jeunes – soit étendu à Port-Boyer. « Nous sommes dans l’attente de la réponse de l’État »
, cofinanceur du dispositif avec la Ville, explique l’adjoint nantais, avant de plaider : « Il faut avoir beaucoup d’humilité sur ce sujet, se mobiliser, s’inscrire dans la durée ».
Si vous avez besoin d'écoute et de soutien
Groupe de parole
- Vendredi 29 mai de 10 à 12h30
Centre socioculturel (CSC) Port-Boyer, 7 rue de Pornichet. Sans inscription préalable.
Rendez-vous pour les familles
Deux professionnels accueilleront les parents avec ou sans enfants :
- Mardi 26 mai à partir de 14h30 au CSC Port-Boyer. Prise de rendez-vous au 02 40 49 21 81
- Créneaux sur RDV possibles à compter du 26 mai à l’Espace départemental des solidarités. Prise de rendez-vous au 02 40 49 26 84.
Des professionnels à votre écoute
Accompagnement anonyme, confidentiel et gratuit :
- Inter Service Parents au 02 40 35 00 88 (permanence téléphonique sans rendez-vous)
- Point d’Accueil Écoute Jeunes : 02 40 35 47 73 (soutien aux jeunes de 12 à 25 ans)
Vous pouvez aussi solliciter le SAMU via le 15.