Immersion dans une cellule carcérale mobile aux Dervallières

Publié le 13 avr. 2026

Dernière mise à jour 13 avr. 2026

Réinséré après 22 ans de prison,Yannick Deslandes présente la « cellule mobile » avec laquelle il parcourt la France pour témoigner des réalités carcérales. Les habitants pourront la visiter le 15 avril à l'occasion de la semaine « Le droit, la justice … et moi ? » à la maison de quartier des Dervallières.

  • cellule carcérale mobile mur'mures
    Yannick Deslandes ouvre les portes de sa cellule carcérale le 15 avril aux Dervallières. © Association Mur'Mures

La cellule est très étroite. Un léger rideau sépare les deux lits superposés des sanitaires. Des graffitis, des photos et des taches recouvrent les murs à la peinture bleue écaillée... Dans le cadre de l'événement Le droit, la justice... et moi ?, Yannick Deslandes ouvre les portes de sa « cellule carcérale mobile immersive », réplique de celle dans laquelle il a passé 22 ans pour narcotrafic. Objectif ? Immerger les visiteurs dans le quotidien carcéral et démonter les fantasmes véhiculés par les réseaux sociaux ou certaines émissions télévisées. « La prison n'est ni un hôtel, ni une colo, clame l'ancien détenu et fondateur de l'association Mur'Mures. C’est une violence psychologique constante, une souffrance dont on ne sort jamais vraiment indemne. Elle n'est ni un passage obligé, ni une option “rentable”, malgré ce que certains peuvent croire ». 

Lumière, bruits, espace contraint, ambiance... À l'intérieur de ce fourgon aménagé, tout a été pensé pour rendre l'expérience la plus concrète possible et provoquer une prise de conscience émotionnelle forte. Mission réussie. À l'issue de cette immersion, les visiteurs, invités à réagir à chaud, déplorent unanimement « le bruit permanent, le manque d'intimité, la sensation d'oppression, la saleté ». Plus qu'une simple reproduction, la cellule s'inscrit dans un dispositif complet avec des ateliers interactifs – « comment dire non », « comment répondre à une incivilité ? » – des témoignages et des mises en situation pour amener les jeunes à penser autrement. Rendez-vous le 15 avril pour vivre cette expérience choc.

« Le droit, la justice et moi » : tout le programme

Organisé par la Ville de Nantes, l’Accoord, Optima, CDAD 44, les 2 Rives et l’ADPS, ce temps fort citoyen permet de sensibiliser les habitants à l'accès au droit et à la justice à travers de nombreuses animations. Au programme : visite du tribunal judiciaire et audience correctionnelle, atelier pour lutter contre les discriminations, visite de la Maison de la tranquillité publique, ciné-débat, forum des métiers, expositions ... L'an passé, le rendez-vous avait attiré 750 personnes. « La justice est au cœur de notre quotidien, expliquent Julie Planson, coordinatrice de prévention à la Ville de Nantes et Arnaud Mordelle, animateur à l'Accoord, qui ont piloté le projet. Cette semaine de mobilisation est l'occasion de rappeler aux parents qu'il existe des permanences, d'aider les jeunes à mieux connaître la loi et de leur permettre de mesurer les conséquences de certains choix ».