Sécurité et prévention : face au narcotrafic, Nantes renforce son action

Publié le 16 juin. 2026

Dernière mise à jour 09 oct. 2026

Face au narcotrafic et aux violences qui lui sont liées, Nantes renforce son action sur deux fronts : la sécurité et la prévention. Le programme LIMITS, déjà expérimenté au Breil, va notamment être étendu à Bottière et Port-Boyer pour prévenir le recrutement des jeunes dans les trafics.

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    Aujourd'hui, 36 médiateurs de quartier arpentent Nantes. © Rodolphe Delaroque

C’est l’une des mesures annoncées au printemps qui se concrétise. Déjà expérimenté au Breil, le programme LIMITS va être étendu à Bottière et Port-Boyer. Ces deux quartiers ont été touchés ces derniers mois par plusieurs fusillades liées au narcotrafic, impliquant notamment des adolescents et de jeunes adultes. Ce programme s’adresse en priorité aux jeunes de 10 à 21 ans, ainsi qu’à leurs parents. 

Les professionnels et associations qui travaillent quotidiennement auprès des jeunes sont également associés. L’objectif : agir à différents moments, avant l’apparition d’une situation à risque, auprès des jeunes particulièrement exposés ou vulnérables, mais aussi auprès de ceux déjà engagés dans des conduites à risque, afin d’éviter leur aggravation et de favoriser leur sortie des réseaux. 

Au Breil, des premières actions

Concrètement, LIMITS doit permettre, notamment, de réduire l’attractivité des réseaux criminels et de proposer des alternatives au trafic. Un travail est également prévu sur l’occupation de l’espace public autour des points de deal, avec les habitants, les bailleurs sociaux et les partenaires des quartiers. L’extension du programme se monte à 430 000 € sur trois ans : 200 000 € de subvention attendue de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) et 230 000 € apportés par la Ville de Nantes.

Expérimenté depuis 2025 au Breil, le dispositif a développé de nombreuses actions : 500 collégiens de 4e et 20 élèves de 3e ont ainsi été accompagnés sur les questions d’orientation. Vingt-quatre jeunes de 12 à 16 ans ont participé à un parcours culturel et nautique favorisant la découverte et la création de liens avec les professionnels. Huit élèves de 6e, particulièrement vulnérables, ont également bénéficié d’un chantier éducatif visant notamment à prévenir le décrochage scolaire et à proposer une alternative au trafic. Cinquante autres élèves de 6e ont été sensibilisés aux risques liés à l’entrée dans les trafics. Une dizaine de familles ont par ailleurs participé à un programme de soutien à la parentalité et des professionnels de la jeunesse ont été formés. 

À terme, « les dispositifs expérimentés sur les trois QPV concernés (Breil, Bottière/Pin-Sec et Port-Boyer) ont vocation à devenir des ressources transférables aux autres quartiers de la ville, notamment grâce à la création pérenne d'un poste de développeur de projets de prévention », témoigne Denis Tallédec, adjoint à la sécurité et à la tranquillité publique.

Une évaluation à 360°

Au-delà du narcotrafic, Nantes a engagé au printemps une refondation plus large de sa politique de prévention de la délinquance. Une évaluation « à 360° » est en cours afin d’analyser les dispositifs existants et de construire une nouvelle stratégie avec les partenaires, les acteurs du territoire et les habitants. Cette démarche doit dépasser le seul champ de la sécurité. Éducation, jeunesse, santé, action sociale, emploi, insertion ou encore culture doivent notamment être intégrés à la réflexion. 

Les premiers enseignements de l’évaluation doivent alimenter, dès novembre 2026, l’élaboration d’une nouvelle doctrine municipale de prévention. Celle-ci doit notamment préciser les priorités de la collectivité, les publics à accompagner, les territoires d’intervention et l’articulation entre prévention, médiation, accompagnement social et tranquillité publique. La nouvelle feuille de route est attendue au printemps 2027.

36 médiateurs de quartier

Depuis 2010, la Ville de Nantes coordonne la politique locale de prévention de la délinquance en lien avec les services de l'État, la justice, l'Éducation nationale, les bailleurs sociaux et les associations de terrain. Concrètement, cette politique s'appuie sur 17 agents dédiés à la prévention, 36 médiateurs de quartier présents dans l'espace public et des médiateurs en milieu scolaire intervenant dans neuf collèges nantais. Parallèlement, des actions éducatives, sportives, culturelles et de médiation sont proposées tout au long de l'année dans les quartiers afin de renforcer le vivre-ensemble et de prévenir les situations de rupture.