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Sécurité et prévention : face au narcotrafic, Nantes renforce son action
Publié le 16 juin. 2026
Dernière mise à jour 19 juin. 2026
Après plusieurs fusillades liées au narcotrafic ayant fait quatre morts en un mois, la Ville de Nantes renforce son action contre les trafics et leurs causes profondes. Elle obtient notamment de l'État l'extension du dispositif LIMITS auprès des jeunes à la Bottière et à Port-Boyer.
En mai et en juin, Nantes a été endeuillée par la mort de quatre jeunes hommes dans des fusillades liées au narcotrafic. Face à ces violences, Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, défend une approche globale : agir à la fois contre les réseaux criminels et sur les mécanismes qui conduisent certains jeunes à entrer dans les trafics. Après avoir obtenu de l'État des renforts en matière d'investigation, la maire de Nantes annonce une nouvelle avancée. La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) a donné son accord pour étendre le dispositif LIMITS aux quartiers de Port-Boyer et de la Bottière, comme elle l'avait demandé au ministre de l'Intérieur lors de sa venue à Nantes, le 15 mai dernier.
Déployé depuis 2025 au Breil, LIMITS a pour objectif de repérer précocement les adolescents les plus exposés au risque d'entrée dans les trafics. «
Face aux violences et aux trafics, nous devons agir collectivement avec la plus grande fermeté, mais aussi intervenir plus en amont. Nous pouvons faire mieux, plus et autrement
», souligne l'édile.
Une évaluation à 360°
Au-delà de cette extension, la Ville engage une refonte plus globale de sa politique de prévention de la délinquance. Première étape : une évaluation à 360° confiée au cabinet spécialisé Asdo Études. Cette démarche associera les services municipaux, l'État, la justice, l'Éducation nationale, le Département, les bailleurs sociaux, les associations, les professionnels de terrain ainsi que les habitants. L'objectif est d'établir un diagnostic partagé des besoins, d'identifier les dispositifs qui fonctionnent et de faire évoluer les actions menées sur le territoire.
Jeunesse, éducation, santé, insertion, emploi, culture ou loisirs : l'ensemble des politiques publiques qui contribuent à prévenir les parcours de délinquance sera intégrée à cette réflexion. Ses premiers enseignements sont attendus à l'automne 2026. Ils alimenteront une nouvelle feuille de route municipale, qui précisera les priorités de la collectivité, les publics à accompagner et les territoires d'intervention. Elle sera arrêtée au printemps 2027.
36 médiateurs de quartier
Depuis 2010, la Ville de Nantes coordonne la politique locale de prévention de la délinquance en lien avec les services de l'État, la justice, l'Éducation nationale, les bailleurs sociaux et les associations de terrain. Concrètement, cette politique s'appuie sur 17 agents dédiés à la prévention, 36 médiateurs de quartier présents dans l'espace public et des médiateurs en milieu scolaire intervenant dans neuf collèges nantais. Parallèlement, des actions éducatives, sportives, culturelles et de médiation sont proposées tout au long de l'année dans les quartiers afin de renforcer le vivre-ensemble et de prévenir les situations de rupture.
Les médiateurs de quartier reconduits
Le marché des médiateurs de quartier, actuellement assuré par l'association Optima, arrive à échéance fin 2026. La Ville lance donc une nouvelle procédure afin d'assurer la continuité du dispositif à partir de 2027.
Présents dans les quartiers, les 36 médiateurs interviennent dans l'espace public, les écoles et les équipements de proximité pour prévenir les conflits, repérer les situations de fragilité et accompagner les habitants. Le futur marché intégrera les premiers enseignements de l'évaluation à 360° de la politique de prévention.