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Amine Kessaci : « Nantes refuse la résignation face au narcotrafic »
Publié le 10 juill. 2026
Dernière mise à jour 10 juill. 2026
Nantes rejoint l'Association des maires européens qui agissent contre le narcotrafic. L’annonce s’est faite vendredi 10 juillet par Johanna Rolland et Amine Kessaci, militant associatif engagé contre les réseaux de stupéfiants, venu défendre une réponse qui conjugue sécurité, prévention et solidarité entre villes.
Au printemps, Nantes a été endeuillée par la mort de quatre jeunes hommes dans des fusillades liées au narcotrafic. «
Nantes refuse la résignation face au narcotrafic
»
. Ces mots sont ceux d'Amine Kessaci. Le militant associatif et élu marseillais, qui a perdu deux frères assassinés par des trafiquants, était à Nantes, vendredi 10 juillet, à l'invitation de Johanna Rolland. Ensemble, ils ont annoncé l'adhésion de la Ville à l'Association des maires européens qui agissent contre le narcotrafic, créée à son initiative.
Cette association rassemble déjà plusieurs villes européennes, parmi lesquelles Marseille, Bruxelles, Barcelone, Athènes ou Grenoble. Son ambition : permettre aux collectivités confrontées aux mêmes phénomènes de partager leur expérience et de porter une réponse commune face au développement des trafics.
« Sortir du tout-répressif »
«
Aujourd'hui, nous avons besoin, à l'échelle européenne, d'une coordination des communes qui agissent contre le narcotrafic
, explique Amine Kessaci. Bien sûr qu'il faut une réponse judiciaire et policière. Mais nous devons aussi sortir du tout-répressif. Il faut une politique sociale à la hauteur, travailler l'aménagement du territoire et faire en sorte qu'aucun quartier ne soit abandonné.
»
Parmi les pistes défendues par l'association figure notamment le "dépaysement" de certains jeunes. «
L'idée est de permettre à des maires de travailler ensemble pour éloigner temporairement des jeunes de leur environnement lorsqu'ils sont sous l'emprise des réseaux. Un jeune Nantais pourrait, par exemple, être accueilli dans une autre ville afin de couper avec certaines influences.
»
« Deux batailles à mener »
En rejoignant cette association, Nantes entend renforcer sa politique de prévention. Une démarche qui s'inscrit dans la stratégie défendue par Johanna Rolland, depuis les récents drames liés au narcotrafic. « Accueillir Amine Kessaci a beaucoup de sens. Il porte une voix forte, singulière, sans concession
»
, souligne la maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole. «
Nous avons connu ces derniers mois des familles endeuillées, des quartiers sous le choc. Nous ne pouvons pas banaliser ces drames.
»
Pour l'élue, la réponse ne peut reposer sur un seul levier. «
Sur la question des narcotrafics, nous devons mener deux batailles avec la même intensité : celle du démantèlement des réseaux et celle de la refondation de notre politique de prévention.
»
Une ligne qu'elle résume ainsi : «
La bataille est difficile. Elle est globale, elle est internationale. Mais nous pouvons tenir ensemble une ligne de fermeté républicaine et d'humanisme.
»