Le square de la Halvêque se dessine un nouvel avenir

Publié le 04 mai. 2026

Dernière mise à jour 13 mai. 2026

Cette plaine de jeux méconnue près du stade de la Beaujoire est née dans les années 1980 grâce à la mobilisation des habitants. Aujourd’hui, parents, ados, riverains, usagers et associations du quartier réfléchissent avec la Ville de Nantes pour lui donner un nouveau souffle.

  • Une aire de jeux pour enfants dans le square de la Halvêque à Nantes.
    Peu visible, entre le stade de la Beaujoire et le périphérique, le square de la Halvêque est un espace vert atypique avec ses buttes de verdure au pied des immeubles des années 70. © Tim Fox

Envie de participer ?

Du 3 au 5 juin et les 2-3 juillet 2026, les Animé.e.s propose deux sessions de chantiers participatifs pour fabriquer, puis tester, du mobilier urbain imaginé avec 5 collégiens et collégiennes, 2 lycéens et lycéennes et deux enfants avec leurs parents.
Inscriptions auprès de l’équipe de quartier Est : 02 40 41 61 40 ou dq-est@mairie-nantes.fr 
Inauguration festive vendredi 3 juillet à partir de 17h30.
Pour plus d’infos sur la vie du quartier, consultez la page Nantes Erdre.

Le square de la Halvêque ? « Peu de monde le connaît en dehors du quartier, c’est un lieu un peu oublié », sourit Maria, installée depuis 7 ans près du Carrefour Beaujoire. Et pourtant, « la plaine de jeux » - comme on l’appelle ici - est un repère ancien dans la vie de ce quartier d’habitat social, situé entre le stade de la Beaujoire et le périphérique.

« Les gens se sont battus pour garder un espace vert »

« Ce square, qui a plus la taille d’un parc (3 hectares), a été le premier équipement socioculturel du quartier », raconte Sébastien Floch, chef de projet paysage à la direction Nature et jardins de la Ville de Nantes. Son histoire se confond avec celle de la transformation de l’ancienne cité ouvrière en bois de la Halvêque dans les années 1970. « À l’époque, les gens se sont battus pour garder un espace vert à vocation sociale et un lieu de rassemblement au pied des immeubles », poursuit-il. Achevée en 1983, huit ans après les premières revendications des habitants, « la plaine de jeux deviendra même une référence d’aménagement sur laquelle d’autres quartiers et villes prennent modèle », rapporte Nathalie Barré dans la page de Nantes Patrimonia consacrée à son histoire.

« Un lieu de convivialité qui a permis de créer du lien »

« La Plaine, c’est un lieu de convivialité et de bienveillance qui a permis de créer du lien pour beaucoup de gens, résume Maria, peintre amateure que les lieux inspirent. Les familles s’y sont forgées de nombreux souvenirs : des pique-niques, des spectacles et des baignades dans la pataugeoire, des discussions entre femmes à n’en plus finir… » Avec le temps qui passe, cette belle dynamique s’est essoufflée. « Les habitants sont nostalgiques depuis le déménagement de la Locomotive (la maison de quartier Erdre-Batignolles) et de la bibliothèque quelques rues plus loin », observe Diego Lis Materon, fondateur de la Sculpture sociale. Depuis la rentrée 2025, son association redonne vie à l’ancienne bibliothèque municipale en réunissant artistes et habitants autour de la pratique artistique. En quelques mois, sous son impulsion, le bâtiment désaffecté a repris des couleurs. Ce mercredi là, il accueillait une dizaine d’ados et de mamans, mobilisés pour imaginer des mobiliers (bancs, tables, cabanes) pour le square.

6 ateliers participatifs, un premier plan

  • Un homme réalise avec des adolescentes une maquette de mobilier urbain pour un square.
    Début avril 2026, 10 adolescentes et adolescents ont joué aux designers en herbe pour concevoir les maquettes de mobiliers en bois qui seront testés dans le square avant son réaménagement définitif. © Tim Fox

Cet atelier de conception est l’un des 6 rendez-vous proposés aux habitantes et habitants depuis septembre 2025 par la Ville de Nantes, avec l’agence Le Facteur urbain et les Animé.e.s (spécialistes de l'urbanisme participatif), pour imaginer un nouvel avenir au square. « Ces ateliers ont permis de collecter les envies et les besoins pour aboutir, après de nombreux débats, à un premier plan de réaménagement destiné à refaire de cette plaine de jeux le lieu de vie qu’elle a été », explique Manuel Jouault, paysagiste membre des Animé.e.s. La réflexion s’appuie sur plusieurs enjeux identifiés par les services municipaux : rénover la pataugeoire, transformer l’ancienne bibliothèque en crèche, imaginer une offre pour les tout-petits, créer une véritable entrée pour ce square aujourd’hui peu visible, l’ouvrir vers l’Erdre et les quartiers alentours, sécuriser l’entrée côté boulevard du Professeur René-Auvigné, ou encore revégétaliser la plaine et planter davantage d’arbres… 

Par son histoire, sa surface (la moitié du Jardin des plantes) et son patrimoine arboré, « cet espace vert atypique avec ses buttes de verdure est une pièce importante à l’échelle du quartier. Il est nécessaire de prendre le temps de la réflexion avant d’engager sa transformation dans le cadre du projet de renouvellement urbain du secteur Haluchère-Beaujoire-Ranzay », précise Sébastien Floch. « La première étape de la concertation nous a permis de comprendre les usages, d’identifier les espaces dynamiques et les espaces plus calmes, mais aussi de commencer à renaturer le sol et faire le diagnostic de l’état du végétal  », détaille Manuel Jouault. Ces discussions à bâton rompu ont également questionné tous les aspects du vivre ensemble : la pataugeoire est un lieu incontournable de l’été, mais que peut-on faire de ce grand espace minéral l’hiver ? Quelle aire de jeux inspirée des usages des enfants peut-on leur créer ?, etc.

Parole aux ados, aux parents et aux enfants

Pour être sûr de n’oublier personne, deux plateaux-radio ont été organisés avec une vingtaine d’adolescents et adolescentes, puis avec les équipes de la crèche, les parents et les enfants pour avoir leurs réactions sur le plan et le faire évoluer. « Les ados sont les premiers usagers du square, ils sont plus que légitimes à s’exprimer et à donner leur avis, souligne Maurane Hernandez, urbaniste spécialiste en programmation participative (agence Facteur urbain). Ils ont des souvenirs d’enfance encore tout frais dans ce type d’espace, mais aussi des besoins et des attentes différents de ceux des adultes. À cet âge, les garçons et les filles ne pratiquent plus les mêmes espaces. On doit penser l’aménagement pour que chacune et chacun puisse se sentir bien. »

Les échanges avec ce public habituellement peu présent dans les concertations ont été fructueux. « Il y a une attente forte sur l’évolution de la pataugeoire, les aires de jeux et les activités sportives, résume Sébastien Floch. Les 13-17 ans en particulier expriment un besoin de nature et de lieux à eux, près de chez eux. » « Quand on est ado, on est soit à l’école, soit à la maison. Entre les deux, il n’y a pas beaucoup d’endroits où on peut se poser et se retrouver, gratuitement, en sécurité », explique Maurane Hernandez. Le square de la Halvêque, jardin public ouvert à toutes et tous, peut devenir l’un de ces espaces. « Nous avons identifié avec eux un vrai besoin de ne pas saturer l'espace, mais de permettre à des gens d'âges différents d'utiliser les mêmes mobiliers. Par exemple, un toboggan ne doit plus être réservé uniquement aux tout petits, un ou une ado doit pouvoir s'y amuser aussi s'il a envie. Il faut trouver des moyens d'aménager ces lieux pour que tout le monde puisse y trouver son compte », ajoute Maurane Hernandez.

Du mobilier « fait-maison » à tester

Autre idée forte suggérée par les ados : profiter de la singularité du square – avec ses buttes de verdure et sa pataugeoire – pour créer un aménagement qu’on ne trouve pas ailleurs où ils pourront s’inventer leur propre univers et développer un imaginaire spécifique. Leur proposition : réaliser dans les buttes des « nids humains » où l’on pourra se poser à plusieurs et papoter, faire des petites activités, ou tout simplement observer le parc.

Début avril, 7 collégiens et lycéens, et deux plus petits avec leurs parents, ont participé à la conception de ce mobilier atypique. Avec de la farine et du carton-bois, les jeunes ont joué aux designers en herbe et réalisé les maquettes de 4/5 plateformes en bois. Dany, du haut de ses 16 ans, a dessiné « un banc circulaire pour se retrouver entre amis, avec un toit parasol pour se protéger du soleil ou de la pluie et une table pour manger. » Son « pote » Lilian précise d’emblée qu’il aime le square de la Halvêque comme il est : « C’est l’un des rares endroits dans le quartier où mes petits frère et sœur peuvent jouer tranquillement. Il n’y a pas de voiture, aucun risque. Mais il manque de jeux pour les enfants. » Pour le rendre plus attrayant, l’adolescent a imaginé « une espèce de cabane pour se poser dans la butte, avec 3 places au-dessus, et 3 en-dessous ». Les deux copains reviendront en juin pour participer au chantier de construction de ces mobiliers « fait-maison ». « L’idée est de tester leurs envies de manière temporaire et pas cher sans attendre la fin des travaux de réaménagement du square », précise Manuel Jouault.

C’est quoi la suite ?

  • Du 3 au 5 juin et les 2-3 juillet 2026 : chantiers participatifs pour fabriquer le mobilier
  • 3 juillet au soir : inauguration festive
  • Novembre 2026 : bilan de la concertation, qui servira de cahier des charges aux paysagistes chargés du projet de transformation du square
  • 2027 : lancements des études
  • 2028-2029 : travaux de réaménagement du square

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