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Actualités Publié le 24 septembre 2019

Philippe Chabasse « la pyramide de chaussures, c’est un symbole qui a fait le tour du monde »

Alors que Nantes accueille la 25e pyramide de chaussures le 28 septembre, Philippe Chabasse, ex codirecteur de Handicap International revient sur les origines de cette opération symbolique et les nouveaux combats de la célèbre ONG.

Nantes accueille la 25e pyramide de chaussures, organisée par Handicap International.
Nantes accueille la 25e pyramide de chaussures, organisée par Handicap International.

Depuis 1982, Handicap International intervient en faveur des personnes en situation de handicap et lutte contre l’utilisation des mines antipersonnel et des bombes à sous munition. A l’occasion de la 25e pyramide de chaussures qui aura lieu à Nantes samedi 28 septembre, le médecin Philippe Chabasse (ec coordinateur de l’ONG) nous raconte comment est née cette action de sensibilisation majeure. Rencontre.

A quand remonte votre engagement contre les mines antipersonnel ?

Au tout début des années 90, en tant que jeune médecin, je me suis engagé auprès de Handicap International pour soigner des blessés de guerre au Cambodge. Nous sommes restés effarés devant le nombre de mutilés et d’estropiés civils à cause des mines antipersonnel et des bombes à sous munition. Ces armes continuaient de faire des morts et des blessés même en temps de paix. Sur place, nous nous sommes sentis impuissants et dépassés, comme si nous assurions un « Service après guerre ». Ce constat nous a donné envie de sensibiliser le grand public et les dirigeants aux dangers provoqués par les « armes des lâches ! »

Comment est née l’idée de la pyramide de chaussures ?

Il y a 25 ans, nous voulions amener le sujet au cœur des grandes villes, et marquer le public avec une idée visuelle très forte. On a tout d’abord imaginé bander le pied de la Tour Eiffel, puis nous avons choisi d’installer une pyramide de chaussures, afin de permettre aux habitants de se mobiliser en lançant leurs propres chaussures. Nous en attendions 3 ou 4 tonnes, nous en avons finalement récolté 6 ! Quand il a fallu déblayer la place, nos camions débordaient ! L’opération a été un succès médiathèque, l’image de la pyramide de chaussures a fait le tour du monde et a pu sensibiliser l’opinion  en récoltant 2 millions de signatures contre l’utilisation des mines antipersonnel.

Cette action coup de poing a-t’elle portée ses fruits ?

Cette opération a permis d’ouvrir le débat avec les institutions et a abouti à deux victoire : la signature du Traité d’Ottawa contre les mines antipersonnel en 1997, et le Traité d’Oslo contre les BASM (bombes à sous-munitions) en 2008. Aujourd’hui, il n’y a plus de fabrication de mines, les stocks sont détruits et les mentalités ont évoluées. On estime que le nombre de victimes des armes explosives dans le monde a été divisé par quatre, mais le combat continue : trop de zones restent à déminer !

Pourquoi une 25e pyramide de chaussures ?

Aujourd’hui, nous voulons mobiliser le grand public et les dirigeants des états contre les fameuses « frappes chirurgicales » qui touchent les civils au Yémen, en Syrie ou en Irak par exemple. Nous sommes mobilisés avec 19 autres ONG et espérons récolter assez de signatures pour continuer des négociations qui mettraient fin aux armes explosives en zones peuplées !

À noter

La 25e pyramide de chaussures sera installée le 28 septembre, parvis Neptune à Nantes. Vous pouvez venir lancer votre chaussure, ou vous engager comme bénévole de l’opération en contactant Michel Babin (06 79 32 03 09) relais_hi_nantes@orange.fr.

Philippe Chabasse est un des pionniers français de l’action humanitaire. A peine diplômé de médecine, ce passionné de voyage effectue une série de missions avec Médecins Sans Frontières. A partir de 1983, il s’engage au côté de Handicap International, qu’il codirigera pendant plus de 20 ans. En 1997, il reçoit, avec ses compagnons, le prix Nobel de la paix qui récompense les combats de l’ONG contre les mines antipersonnel. En 2018, il retrace son parcours dans Humanitaire, une vie d’action.

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