Sculpture sociale met l’art au cœur de la vie du quartier

Publié le 17 sept. 2026

Dernière mise à jour 17 sept. 2026

Un an après son installation dans l’ancienne bibliothèque de la Halvêque, près de la Beaujoire, l’association Sculpture sociale fédère artistes et habitants autour d’un projet qui fait de la pratique artistique un outil de cohésion sociale.

  • Diego Lis - Sculpture sociale
    Diego Lis Materon, avec l'association Sculpture sociale, intervient dans le quartier de la Halvêque. © Céline Jacq

« Le projet répond vraiment à un besoin des habitants » : Diego Lis Materon, son initiateur, peut désormais l’affirmer avec recul. Cet artiste a investi en octobre 2025 l’ancienne bibliothèque de la Halvêque mise à disposition par la Ville de Nantes, avec une carte blanche pour composer un projet cohérent avec le quartier : « C’est vraiment un privilège. Mon idée est d’agir autour du changement social par la pratique artistique, un concept développé par l’artiste allemand Joseph Beuys, dont je m’inspire. Je propose à des artistes de s’installer en résidences de trois mois, et de cohabiter entre eux et avec les habitants qui viennent découvrir et pratiquer les arts plastiques. »

Un lieu vraiment partagé

Plus largement, on pratique ici les arts au pluriel : littérature, poésie, danse, musique, théâtre, couture… L’espace est à la disposition de qui a une envie, un projet. Les utilisateurs ont la clé. Et ça s’est su très vite. En quelques mois, les propositions se sont multipliées.

L’art dedans et dehors

Habitants, plasticiens, musiciens, comédiens… Novices et pratiquants aguerris, amateurs et professionnels, des plus jeunes aux seniors, c’est tout le monde qui, ici, se côtoie, se mélange, échange et s’enrichit de la diversité : « Il règne entre tous les acteurs une confiance et une solidarité énorme. Nous sommes tous animés par le désir que l’art soit partout. » Et pas seulement à l’intérieur : autour du bâtiment, le parc boisé est aussi investi – et régulièrement nettoyé par des volontaires.

200 usagers réguliers

Solidarité, inclusion, convivialité, écologie et laïcité sont les maîtres-mots de Sculpture sociale. « Il y a deux règles à respecter : personne ne prend une décision tout seul, et le projet n’est pas plus important que la personne. En dehors de ces principes, tout repose sur la confiance inconditionnelle que je place dans les gens et sur notre volonté à tous d’améliorer ensemble les différentes activités. L’association a pris sa place dans le quartier, soutenue par plein de structures culturelles, institutionnelles ou associatives, qui adhèrent à l’idée. Environ 200 personnes viennent régulièrement. »

Projets scolaires et périscolaires

Le groupe scolaire de la Beaujoire a expérimenté au printemps dernier la délocalisation de ses cours d’arts plastiques. Le résultat du projet « Les émotions en volume » est jusqu’à fin septembre dans la bibliothèque Erdre-Batignolles. Cette année, les enfants du périscolaire de l’école Maison neuve viendront ici pratiquer l’art contemporain.

Pratique

Ouvert à tous les habitants le mercredi

Chaque mercredi après-midi, le local est ouvert aux habitants : « De plus en plus de familles, soit une quinzaine de personnes, viennent chaque semaine pratiquer librement les arts plastiques avec le matériel mis à disposition. » Formé à la coordination et au développement de projets culturels, Diego est présent de 9h à 18h, du lundi au vendredi. « C’est assez dense, mais je ne me sens pas au travail. »