Sur l’île de Nantes, l’ancien aiguillage devient L’Aiguilleuse

Publié le 18 juin. 2026

Dernière mise à jour 18 juin. 2026

Dans le nouveaux jardins de l’Estuaire, l’ancien poste d’aiguillage SNCF n°1 reprend vie sous la forme d’un café-restaurant kiosque créatif. Une nouvelle adresse conviviale à découvrir à partir du 21 juin 2026.

  • Dans les jardins de l’Estuaire, Agathe Mariot et Bertille Violain font revivre l’ancien poste d’aiguillage SNCF sous la forme d’un café créatif, où on peut boire, manger, tester le dessin, la broderie ou la couture. © Tim Fox

Inauguration en musique et en orange !

L’inauguration de L’Aiguilleuse a lieu dimanche 21 juin de 11h à 21h.

Elle est placée sous le signe du orange, couleur des huisseries du lieu, avec des cocktails colorés, des pickles de carottes et quelques concerts pour la fête de la musique. « On peut s’habiller en orange pour participer ! », précisent Agathe Mariot et Bertille Violain, les deux fondatrices.

L’Aiguilleuse sera ensuite ouverte du mercredi au dimanche de 11h à 21h, « pour commencer, nous nous adapterons à mesure selon la fréquentation ».

4, allée Marthe-Gauthier, à Nantes.

S’y rendre

Au bout des nouveaux jardins de l’Estuaire, juste à côté de l’école Joséphine-Baker, difficile de manquer L’Aiguilleuse : son nom est inscrit en très grand, en orange, sur une petite bâtisse bizarre, un bloc rectangulaire étroit et haut, flanqué d’un escalier extérieur métallique, orange aussi. C’est l’ancien poste d’aiguillage n01, vestige du temps pas si lointain où les trains desservaient la gare de l’État. 

Une buvette à l’ancienne

À l’intérieur, les machines de commande ont disparu, laissant place à des plans de travail et à tout l’équipement nécessaire pour servir des boissons et des plats. Sur trois façades du bâtiment, de grands vitres s’ouvrent en accordéon, formant une buvette à l’ancienne. Aux commandes du poste, Agathe Mariot et Bertille Violain, lauréates de l’appel à projets lancé par la Samoa, l’aménageur de l’île de Nantes.

« Notre projet cochait toutes les cases »

« La Samoa avait lancé une concertation avec les habitants sur le devenir du lieu, expliquent-elles. Notre projet cochait toutes les cases. Nous souhaitions en effet créer un café, petit restaurant, kiosque créatif, ce qui correspondait exactement aux attentes exprimées. » Bertille se dit « créative de canapé » : « Je pratique le crochet et le collage, en autodidacte. Après une formation en histoire de l‘art, j’ai travaillé en restauration et j’adore l’ambiance des cafés, des terrasses. » Agathe, architecte, souhaitait se réorienter vers la couture : « J’ai suivi une formation et vendu quelques créations. »

Menu cantine et glaces, café à 1€

L’appel à projet lancé en novembre 2025 tombait à pic pour leur reconversion. « Nous n’avions pas la place d’installer une cuisine. C’est Oscar, chef à domicile, qui apportera chaque jour des plats très simples, un menu-cantine de 10€ à 14€, à emporter ou déguster en terrasse. Et des glaces ! Côté boissons, nous proposerons le café et les sirops à l’eau à 1€, et aussi des bières et du cidre à la pression, du vin… » 

Grande terrasse, jeux d’extérieur à disposition

La terrasse est vaste, et des toilettes publiques flambant neuves la jouxtent heureusement, car la minuscule Aiguilleuse (36 m² !) ne comporte pas de sanitaires. Si l’environnement est encore pas mal en chantier, le jardin tout proche est prometteur. Il fait déjà bon s’installer sur le mobilier urbain fraîchement installé. Et L’Aiguilleuse mettra des jeux d’extérieur à disposition.

  • Aussi larges que le cours Cambronne, les jardins de l’Estuaire et du Rail s’étirent du quartier République jusqu’au quai Wilson. © Tim Fox

Un lieu de création ouvert à toutes et tous

En dehors des heures de repas, L’Aiguilleuse sera un lieu de création, ouvert à toutes celles et ceux qui ont envie de fabriquer à plusieurs ou d’apprendre de nouvelles techniques : « On pourra gratuitement tester le dessin, la broderie, le collage, ou apporter son savoir-faire pour le partager. » Ici, on maniera, non pas l’aiguillage, mais l’aiguille, celles des machines à coudre et surjeter qui seront louées à petit prix (4€ la demi-heure, 8€ l’heure) « pour faire un ourlet, une petite réparation… Nous accompagnerons les novices dans la prise en main des machines ». 

Des ateliers en rapport avec l’histoire du lieu

Les deux « aiguilleuses » pensent déjà à engager des partenariats avec les lieux proches pour monter des projets communs ou complémentaires. Elles imaginent aussi des ateliers en rapport avec l’histoire de leur local : « Faire intervenir un aiguilleur, par exemple, pour nous parler de son métier, et organiser des ateliers créatifs autour de cette thématique… » Pour assurer la gratuité de leurs animations créatives, Agathe et Bertille ont déjà collecté pas mal de matériel, mais ne refuserons pas des dons de laine, crayons ou peintures.

Le poste d’aiguillage n°2 sera réhabilité en 2027

Construit en 1960 pour diriger les voies de la gare de Nantes-État, l’ancien poste d’aiguillage s’inscrit dans l’histoire industrielle de l’île de Nantes. La Samoa a choisi de préserver, rénover et réhabiliter ce témoin d’un passé ferroviaire qui reste ancré dans le paysage. La concertation lancée pour son devenir, avec les habitants du quartier, avait fait émerger l’envie d’un lieu simple, familial et accessible à tous, proposant un kiosque de petite restauration, des activités ludiques pour tous les âges et un esprit de détente.

Le deuxième poste d’aiguillage, ainsi qu’une ancienne cantine, situés à l’ouest des Jardins de l’estuaire, reprendront eux aussi vie en 2027.

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