2020-10-01T10:48:28Z https://metropole.nantes.fr/files/images/actualites/egalite-sante-solidarite/potagers%20solidaires/1recoltescourges675.jpg

Actualités Publié le 01 octobre 2020

Potagers solidaires : « Ça met du beurre dans les épinards ! »

Plantés en quelques jours après le confinement, les 50 potagers de l’opération « Paysages nourriciers » ont déjà permis de distribuer près de 9 tonnes de légumes aux familles nantaises en difficulté. Reportage au Breil, où l’aide alimentaire explose.

Pépinière florale du Grand-Blottereau. Gilles, Christophe et Sylvain, jardiniers au service des espaces verts, récoltent les courges plantées à la place des pieds de plantes annuelles, que le Seve produit habituellement pour fournir les parcs et jardins partagés de la ville.
Pépinière florale du Grand-Blottereau. Gilles, Christophe et Sylvain, jardiniers au service des espaces verts, récoltent les courges plantées à la place des pieds de plantes annuelles, que le Seve produit habituellement pour fournir les parcs et jardins partagés de la ville.
Pépinière Nord (cimetière Parc). Comme sur tous les sites des Paysages nourriciers, les légumes sont pesés avec les bénévoles qui aident à la récolte. Depuis le lancement de l’opération, près de 9 tonnes ont été distribuées.
Pépinière Nord (cimetière Parc). Comme sur tous les sites des Paysages nourriciers, les légumes sont pesés avec les bénévoles qui aident à la récolte. Depuis le lancement de l’opération, près de 9 tonnes ont été distribuées.
Pépinière florale du Grand-Blottereau. L’atelier Alisé vient récupérer les cagettes deux à trois fois par semaine pour les acheminer dans les différents quartiers de Nantes, où elles sont ensuite distribuées gratuitement à des personnes en difficulté.
Pépinière florale du Grand-Blottereau. L’atelier Alisé vient récupérer les cagettes deux à trois fois par semaine pour les acheminer dans les différents quartiers de Nantes, où elles sont ensuite distribuées gratuitement à des personnes en difficulté.
Salle festive, 38 rue du Breil. L’aide alimentaire explose. L’association Vivre Livre 44 compte aujourd’hui 650 foyers inscrits, contre 380 avant le Covid.
Salle festive, 38 rue du Breil. L’aide alimentaire explose. L’association Vivre Livre 44 compte aujourd’hui 650 foyers inscrits, contre 380 avant le Covid.
Très appréciés par les familles, les légumes des Paysages nourriciers viennent diversifier les colis fournis par la Halte du cœur.
Très appréciés par les familles, les légumes des Paysages nourriciers viennent diversifier les colis fournis par la Halte du cœur.
Courge spaghetti, butternut, potiron ou pâtisson. Les légumes d’automne ont pris le relais des concombres, tomates et blettes distribués au fil de l’été.
Courge spaghetti, butternut, potiron ou pâtisson. Les légumes d’automne ont pris le relais des concombres, tomates et blettes distribués au fil de l’été.
Parc de Procé. Espaces verts, terrains engazonnés ou massifs de fleurs, 50 sites disséminés à travers la ville ont été convertis en potagers pour l’opération Paysages nourriciers, lancée cet été par le service des espaces verts et le Centre communal d’action social de Nantes.
Parc de Procé. Espaces verts, terrains engazonnés ou massifs de fleurs, 50 sites disséminés à travers la ville ont été convertis en potagers pour l’opération Paysages nourriciers, lancée cet été par le service des espaces verts et le Centre communal d’action social de Nantes.

9 heures. Sous les serres des pépinières florales du Grand-Blottereau, les cageots sont prêts. Fraîchement récoltés et pesés par Gilles, André et Christophe Jaunay, potimarron et butternut n’attendent plus que le camion de livraison. « Depuis début septembre, l’atelier Alisé vient chercher nos récoltes deux à trois fois par semaine », expliquent les deux jardiniers municipaux. Les légumes sont ensuite acheminés au Breil, à la Bottière, Malakoff, à Nantes Nord ou dans le quartier Madeleine Champ de Mars, pour être distribués à des personnes en difficulté par le biais d’associations de quartier ou d’aide alimentaire. « Les courges sont belles !, constate Gilles. Il faut juste les relever un peu pour se régaler. »

La pépinière municipale est l’un des 50 sites mobilisés pour l’opération Paysages nourriciers, lancée cet été par le service des espaces verts et de l’environnement (Seve) et le Centre communal d’action social (CCAS) de Nantes. L’idée : utiliser une partie des espaces verts, terrains engazonnés et massifs des parcs et jardins nantais pour produire des légumes afin d’aider des familles fragilisées par la crise sanitaire. En un temps record, 2,5 hectares appartenant à la Ville ont ainsi été convertis en potagers solidaires. Identifiées par des totems en cageots, ces cultures potagères « 100 % naturelles » ont fleuri dans tous les quartiers de Nantes : dans les jardins de l’hôtel de ville et au château, place Mangin et sur le célèbre cours Cambronne, mais aussi au Port-Boyer, à Bellevue, à Nantes Sud, au parc de la Beaujoire…

« Ça change des légumes du supermarché »

« Avec le Covid, nous avons fourni moins de fleurs. On avait l’espace, les terrains appropriés et le savoir-faire pour cultiver des légumes. Ici, à la pépinière florale, on va dépasser les 3 tonnes, ce n’est pas négligeable  », sourit Gilles. Au total, 9 tonnes ont déjà été récoltées et distribuées gratuitement à l’échelle de la ville. Et ce n’est pas fini : « On attend les haricots, les courges et les pommes de terre », précise André. Après les tomates, concombres et courgettes distribués au fil de l’été, ils fourniront des légumes qui se conservent pour l’hiver. Combien précisément ? « Difficile à dire, avoue Christophe. Selon la météo, c’est toujours un peu la surprise ».

En raison des plantations tardives et de la nature des sols, les 50 Paysages nourriciers n’ont pas tous produit de manière égale. « Les quantités fluctuent selon les sites et les récoltes, observe Catherine Daviaud au CCAS. Mais les gens apprécient d’avoir de beaux légumes, bio et non standardisés ». « Ça change des légumes du supermarché, confirme Katia  Bruhay. Et puis, tous ces potagers colorés dans la ville, c’est joli ». Membre de l’atelier Alisé, qui accompagne des personnes en grande précarité, à la rue ou souffrant d’addictions, elle aide chaque semaine à la distribution des cagettes. « À une période, j’ai moi-même été obligée d’aller aux Restos du cœur. Alors, ça me fait chaud au cœur de participer à un tel projet de solidarité. On se sent utile ! ».

La demande d’aide alimentaire explose

15 h. Dans la queue qui s’est formée devant salle festive du Breil, Nathalie et sa mère ne disent pas autre chose : « Ces légumes, c’est vraiment super, ça met un peu de beurre dans les épinards. Il en faudrait encore plus ! » Derrière les tables, une quinzaine de bénévoles de l’association Vivre Libre 44 s’activent pour remplir les cabas des familles. Elles sont 130, cet après-midi là. « On assure cette distribution alimentaire tous les lundis depuis trois ans, explique Yasmina Cappato, la présidente. Nous avions 380 inscrits avant le Covid, on vient de dépasser les 650 et on enregistre 10 à 20 nouvelles inscriptions chaque semaine ». Pour faire face à la demande, les bénévoles redivisent les 90 colis fournis par la Halte du cœur. « Ça nous permet d’en donner un par mois à chaque foyer ». Chacun a sa carte de fidélité « Zéro gâchis » car, ici, l’objectif est clair : pas de gaspillage.

Manger sain et diversifié

« On avait surtout des produits transformés : lait, fromage, pizza, pain de mie, fromage… Ils étaient super contents de découvrir des légumes frais, poursuit Yasmina. C’est important  de leur permettre de bien manger, sain et diversifié, et pas seulement de manger tout court ». Chaque distribution est d’ailleurs l’occasion de proposer des idées de recettes. « La plupart des gens ne connaissent pas le pâtisson, par exemple, explique Marie-Claude. On prend le temps de leur donner quelques conseils ». En novembre, Vivre Libre 44 organisera aussi des dégustations de soupe et des ateliers avec l’association Du pain sur la planche pour apprendre à  cuisinier courges et patates douces. Car ces Paysages nourriciers n’ont pas qu’une visée solidaire. « C’est aussi l’occasion de redécouvrir les légumes, comment ils poussent, à quelle saison et leurs bienfaits pour la santé », précise Catherine Daviaud. Comme Vivre libre 44, une trentaine d'associations se sont mobilisées aux côté de la Ville pour proposer des visites des potagers, des récoltes participatives ou des repas partagés.

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