Une alimentation locale, durable et accessible. C’est l’engagement inscrit dans le Projet alimentaire de territoire (PAT) de Nantes Métropole. En 2019, la collectivité était l’une des premières en France à déployer un tel projet de transition, traduit dans sa politique agricole et alimentaire. Ce temps d’avance a permis des avancées significatives. Alors que les fermes reculent dans certains territoires, l’agglomération nantaise est parvenue à stabiliser le nombre d’exploitations et la surface cultivée. Le bio y gagne même du terrain. Sur près de 245 exploitations recensées, il représente aujourd’hui plus d’une ferme sur trois (34,4 % précisément), contre une sur six en moyenne en France.
Cette politique volontariste lui a permis de décrocher le label Territoire bio engagé, remis lundi 31 mars à la ferme de la Pannetière, une exploitation laitière de La Chapelle-sur-Erdre, commune « fer de lance des initiatives locales en direction de l’agriculture biologique », selon l'adjoint au maire Jean-Noël Lebossé. Délivré par Interbio Pays de la Loire, association interprofessionnelle fédérant les acteurs de la filière biologique, ce label récompense les collectivité dont plus de 15 % de la surface agricole utile (SAU) est dédiée à l’agriculture biologique et/ou qui ont introduit au moins 22 % de produits bio dans leur restauration collective.
« Le bio local, c’est l’idéal »
Avec près de 28 % de sa SAU cultivés sans pesticides chimiques et autant de bio dans les assiettes des écoliers du territoire (27% en moyenne), Nantes Métropole dépassent largement les deux seuils imposés pour la certification. « Nous étions à 16 % de surface agricole en bio en 2012 et nous nous sommes engagés à atteindre 50 % en 2030 », indique Delphine Bonamy, conseillère métropolitaine en charge de l’agriculture et de l’alimentation, saluant le chemin parcouru « grâce à l’action conjointe des agriculteurs et agricultrices, de nos partenaires agricoles et des communes engagées. »
Couëron, Le Pellerin, Saint-Sébastien-sur-Loire et Vertou, ainsi que le Département de Loire-Atlantique ont déjà obtenu le label Territoire bio engagé. L’agglomération nantaise est l’une des trois premières métropoles françaises à le décrocher (après Bordeaux et Montpellier). « Labelliser Nantes Métropole est une fierté, car cela montre l’engagement volontariste de collectivités à aller dans le sens des transitions agricoles et alimentaires, indispensables aujourd’hui », apprécie Fanny Lemaire, présidente d’Interbio Pays de la Loire.
« Le bio local, c’est l’idéal, assure cette militante, issue d’une famille agricole pionnière du bio. Produire biologique, c’est prendre soin de sa santé et de celle de ses concitoyens. C’est la seule agriculture à ne pas utiliser de produits chimiques de synthèse, la seule contrôlée à chaque étape de la chaîne, du producteur au distributeur. » « Ses effets bénéfiques pour la biodiversité, la qualité de l’eau, les sols, le climat sont reconnus par de nombreuses études scientifiques », ajoute Delphine Bonamy.
Alors que le bio sort de deux ans de crise, Nantes Métropole réaffirme son soutien à la filière. Depuis 2020, la collectivité met les bouchées doubles pour soutenir les débouchés des productions saines et locales, et les démocratiser. Ses aides à l’installation ont été révisées afin de soutenir davantage la production biologique et l’accompagnement des porteurs de projets agricoles a été renforcé. En cinq ans, grâce à ce soutien, 32 agriculteurs se sont installés sur le territoire. Entre 2020 et 2024, les subventions aux partenaires agricoles comme aux associations engagées sur le champ de l’alimentation durable ont également été multipliées par quatre. Approvisionnement des communes pour mettre plus de bio, de végétal et de local à la cantine, information des restaurateurs, accompagnement des producteurs pour la commercialisation sur les marchés, sensibilisation des consommateurs et notamment des plus jeunes à travers le programme de parrainage Une ferme, une école… Le soutien métropolitain se déploie « de la terre à l’assiette », résume l’élue.
Le bio à la portée de toutes les bourses
À Nantes, Saint-Herblain puis dans le Pays de Retz, des foyers volontaires vont tester, à partir de l’été 2025, une caisse commune de l’alimentation. Le projet, piloté par le réseau associatif VRAC avec le soutien de Nantes Métropole, vise à permettre à toutes et tous d’accéder à un droit fondamental : celui de bien s’alimenter. Il réunit des citoyens et citoyennes, des agriculteurs, des structures relais sur la production, la transformation et le système alimentaire, des collectivités (villes, agglomération, Département, État), des lieux de distribution alimentaire et de mobilisation citoyenne, des acteurs associatifs et de la société civile, mais aussi des chercheurs. L’idée s’inspire de la Sécurité sociale née après guerre pour garantir à toutes et tous des soins de qualité, abordables : chacun cotise selon ses moyens (de 10 € à 250 €) et tous les foyers participants reçoivent un crédit mensuel (montant en cours d’estimation, de l’ordre de 150 €) par personne, enfants inclus, destiné à des achats alimentaires dans des lieux de vente et des produits conventionnés (bio, locaux, paysans et de saison).