Comment les bus nantais vont passer à l’électrique

Publié le 30 août. 2025

Dernière mise à jour 30 août. 2025

Les premiers bus standards 100% électriques commencent à circuler sur le réseau Naolib. Il faudra plus de 20 ans pour que la totalité du parc soit passé à l’électrique.

  • Outre la ligne C8, les nouveaux bus vont être progressivement déployés sur les lignes au départ de Marcel-Paul (lignes 12 et 50 notamment). © Céline Jacq

C’est le petit plus de la rentrée 2025 du réseau Naolib : la nouvelle ligne de Chronobus C8 va bénéficier dans les prochains jours des tout derniers bus acquis par Nantes Métropole et exploités par la Semitan. Leur caractéristique ? Ils sont 100 % électriques. « 15 sont livrés en 2025, 15 autres en 2026 », explique Stéphane Bis. Le directeur développement et gestion du patrimoine évoque une « nouvelle approche » pour le transporteur nantais : « Contrairement aux eBusways circulant sur la ligne 4, qui se rechargent en ligne, ces nouveaux bus se rechargent au dépôt, essentiellement la nuit ».

À terme, c’est bien l’ensemble des bus exploités par la Semitan qui devraient rouler à l’électrique. « Les émissions CO2 sont nettement inférieures à celles des autres bus », justifie Stéphane Bis. Justement, la Loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019 dispose que les exploitants des gros réseaux de transports public doivent progressivement s’équiper de « véhicules à très faibles émissions » : au moins 50 % des renouvellements de flottes à partir de 2025.

Des défis locaux… et nationaux

« La dépense va être étalée sur un grand nombre d’années. On vient d’acheter nos derniers bus GNV, dont on pense qu’ils circuleront pendants 20 ans : la mutation complète du gaz à l’électricité, c’est donc une affaire de 2 à 3 décennies, décrypte Pascal Bolo, président de la Semitan. Un délai plutôt bienvenu pour les finances locales, et pour que soient relevés tous les défis liés à l’électrification : « Enedis doit avoir la capacité à produire suffisamment d’électricité pour alimenter tous les réseaux français de transport en commun. Les fabricants de véhicules doivent eux aussi adapter leur ingénierie de construction ».

Un autre défi est à relever localement, outre l’acquisition des véhicules : l’évolution de l’environnement technique permettant aux bus de fonctionner. « Il faudra petit à petit installer les infrastructures de recharge électrique. Cela coûtera de l’argent, mais c’est l’avenir de nos réseaux », plaide Pascal Bolo.

Le coût unitaire d’un bus standard électrique est de 625 000 € HT (+ 60 % environ par rapport à un bus GNV). Un chargeur permettant la recharge simultanée de deux bus coûte 45 000 € HT. 14 ont été installés au Centre technique et d’exploitation (Cetex) Marcel-Paul, à Saint-Herblain. Nantes Métropole a investi 3 M€ TTC pour mettre à niveau ce Cetex pour les nouveaux bus électriques, Avec, par exemple, un mur coupe-feu « construit pour éviter la propagation d’un incendie », explique Étienne Pouget, chef de projet à la Semitan. Les autres Cetex de Nantes, Vertou et Rezé seront progressivement équipés.

  • Au Cetex Parcel-Paul à Saint-Herblain, l'installation des bornes permettant la recharge simultanée de deux bus a démarré. © Céline Jacq

Une autonomie de 350 km pour les nouveaux bus électriques

Circulant en silence sous leur nouvelle livrée Naolib, les nouveaux véhicules modèle GX337ELEC sont produits par le constructeur Iveco dans son usine de Rorthais dans les Deux-Sèvres, à moins de 100 km de Nantes. Chacun peut transporter 70 passagers (23 places assises et 47 debout), tout comme les bus standards actuellement en service et fonctionnant au GNV. Leurs trois portes assurent une bonne fluidité entre l’entrée et la sortie des passagers aux arrêts.

L’autonomie du bus est d’environ 350 km, variable selon les conditions météo. Une performance rendue possible par l’évolution des technologies. « Le bus récupère 30 % à 50 % de l’énergie dissipée lors du freinage », explique Rémy Foyer, directeur pôle urbain à Iveco. Et de souligner : « Les lignes nantaises ont de plus grandes amplitudes kilométriques que dans la plupart des autres villes. Il est donc plus compliqué de trouver des véhicules adaptés. » Enfin, les bus sont équipés d’une pompe à chaleur réversible, assurant un rôle de chauffage en hiver et de climatisation en été.