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Dans les crèches nantaises, une familiarisation en douceur
Publié le 21 sept. 2026
Dernière mise à jour 24 sept. 2026
Finie l'adaptation en crèche, place désormais à la familiarisation. Le changement est important : chaque enfant (et ses parents) s’habitue désormais à un nouvel environnement en douceur, au rythme qui lui convient. Exemple au multi-accueil de Saint-Joseph de Porterie.
La cour du multi-accueil de Saint-Joseph de Porterie résonne de la comptine Petit Crabe, des jeux d’Ilyès, Cameron, Mehdi, Kiara et compagnie, que regarde Maxence, 7 mois, blotti dans les bras d’Anne-Sophie, auxiliaire de puériculture. Ce bébé, présent depuis peu, s’est familiarisé à la crèche en douceur avec ses parents.
« On ne parle plus d’adaptation qui signifie que c’est aux enfants de rentrer dans une case mais de familiarisation pour que l’environnement devienne familier,
explique Christelle Bourre, infirmière puéricultrice et responsable du multi-accueil. Nous devenons des figures d’attachement pour les enfants, les parents doivent se sentir bien, nous faire confiance pour que l’enfant le puisse aussi. »
De quelques jours à plusieurs semaines
Fini le planning sur 3 ou 5 jours avec 1h le premier jour, 3h le deuxième jour… Chaque famille prend le temps dont elle a besoin, les parents peuvent rester, amener leur sandwich pour passer la journée, l’équipe de la crèche est attentive au bien-être de toutes et tous.
« En moyenne, les familiarisations durent 1 à 2 semaines, le maximum a été 4 mois pour une maman et sa fille avec un parcours de vie compliqué. Nous avons aidé la maman a lâché prise car cela freinait sa fille dans sa sociabilisation, »
se souvient Tiphaine Guillon, éducatrice de jeunes enfants et relais de direction.
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Connaître chaque enfant
Pendant que ces camarades déjeunent dehors, Maxence prend son biberon avant de commencer sa sieste dans le hamac. L’alimentation et le sommeil étaient sources de stress pour sa mère, Margot. « Il n’a jamais voulu du biberon avec nous, il s’endort encore dans les bras mais on nous a rassuré, ça ne posait aucun souci, il y a toujours des moyens. Finalement dès le premier jour, Laurie a réussi à lui faire prendre un biberon en entier ! Donc plus aucune angoisse à le laisser. »
Au début, les enfants peuvent s’endormirent dans le hamac, voire dans un petit coin du tapis de jeux pour une transition en douceur vers le lit de sieste. « On connaît les enfants mais on ne connaît pas chaque enfant, il s’agit de remettre les parents dans leur rôle, ils doivent nous apprendre qui est leur enfant, »
indique Christelle Bourre.
Découvrir le travail des professionnelles
Pour Léon, 18 mois, l’endormissent pour la première sieste dehors a été un peu long par manque d’habitude mais il a finit par y arriver. « Sa familiarisation s’est très bien passée, il connaissait déjà la collectivité et dès la première visite il ne voulait pas repartir, »
raconte Virginie, auxiliaire de puériculture. « Léon aime être tout le temps dehors, ce qui est le cas dans cette crèche donc ça a facilité. On l’a vite laissé, on a juste observé un repas du midi depuis l’extérieur pour voir »,
précise Nicolas, son père.
Cette observation ne dérange pas l’équipe du multi-accueil. « On est au clair sur nos pratiques donc on dit aux parents de venir vivre avec nous et voir comment on travaille »,
ajoute Virginie.
Les neurosciences comme boussole
Dans le multi-accueil de Saint-Joseph de Porterie, le passage à cette familiarisation s’est effectué en 2021. Certaines crèches l’ont adopté plus tard mais toutes s’y sont mises (avec des spécificités suivant les équipes) en 2025 avec l’élaboration du Projet éducatif des crèches nantaises (PECN). « Cette familiarisation découle des neurosciences, nous avons juste mis en valeur et harmonisé des pratiques qui avaient déjà cours dans beaucoup de crèches »,
pointe Tiphaine Guillon.
Davantage de sécurité et de confiance pour les familles qui adhèrent à cette façon de faire. « L’équipe était vraiment à l’écoute, on peut passer quand on veut, appeler pour prendre des nouvelles, c’est très chouette ! »
se réjouit Margot, la mère de Maxence. « C’était vraiment progressif, au rythme de Léon, on a très vite été mis en confiance il n’y avait plus d’appréhension à le laisser »,
confirme Nicolas.
Investissement pour le bien-être des petits
Si le multi-accueil de Saint-Joseph de Porterie a la chance d’avoir un espace extérieur agréable avec des arbres, de l’herbe, des buttes… pour courir et grimper, ce n’est pas encore le cas de toutes les crèches nantaises. Mais la Ville poursuit son travail en ce sens. Depuis 2021, avec sa démarche de crèche nature, elle a transformé 15 cours de crèches en jardins. Les 31 sites municipaux seront, à terme, tous rénovés.
La Ville investit également pour proposer une alimentation à 75 % bio, de la vaisselle en verre, céramique, porcelaine ou inox, des produits d’entretien respectueux de l’environnement et des jouets sans plastique.