Quo Vadis, entre les pages du succès made in France

Publié le 30 mars. 2026

Dernière mise à jour 31 mars. 2026

Installée à Carquefou, l'entreprise emploie 186 personnes et a fabriqué 7,2 millions de carnet en 2025. 92 % de ses produits sont fabriqués en France. Retour sur un succès à la Nantaise.

  • L'étape du pliage, indispensable à la confection d'un agenda © Lensman Studio

L'entreprise installée à Carquefou depuis 1974 à ouvert ses portes aux curieux lors des Journées usines ouvertes le 20 mars dernier. Un accueil du public qui fait partie de l'essence de Quo Vadis qui a su conserver l'esprit familial et humaniste impulsé par son fondateur, le docteur Francis Beltrami. Aujourd'hui, le site de 20 000 m2 emploie 186 personnes. 92 % de ses produits sont fabriqués en France. L'an dernier, 7,2 millions de carnets sont sortis de l'usine de Carquefou. Pour répondre aux enjeux du XXIe siècle, Quo Vadis a su prendre le virage du développement durable et s'est engagé dans une démarche RSE volontaire. Bien implantée localement, l'entreprise collabore avec de nombreux acteurs du territoire.

Et le docteur inventa l'agenda...

Tout a commencé par un problème d'organisation. Dans les années 50, le docteur Francis Beltrami cherche à mieux gérer son quotidien de médecin. De retour à Marseille après avoir été résistant et déporté à Buchenwald, il crée un dispensaire dentaire pour soigner les plus démunis. Il demande à sa secrétaire de dessiner des cadres sur des pages blanches pour organiser sa semaine. Le dessin est vite remplacé par un tampon encreur. Francis Beltrami vient d'inventer un nouveau concept d'organisation du temps qui permet de visualiser l'ensemble de ses rendez-vous de la semaine d'un seul coup d’œil : l’Agenda Planning. Il dépose un brevet et créé l'entreprise Quo Vadis qui trouve rapidement un écho dans les plus grandes entreprises mondiales comme Coca Cola avec des produits personnalisés. Vingt ans plus tard, l'activité bat son plein. L'agenda a été décliné en plusieurs versions : un petit format pour entrer dans les sacs à main ou un grand format pour les chefs d'entreprise à l'emploi du temps chargé. 

Une entreprise humaniste et familiale

En 1971, Francis Beltrami sollicite plusieurs communes pour déménager son entreprise. Carquefou accepte et en 1974, Quo Vadis s'installe aux portes de Nantes dans une usine flambant neuve. Le docteur Beltrami se fait construire une maison juste à côté et reste dirigeant de l'entreprise jusqu'en 1996 où il cède la place à Jérôme Nusse, toujours aux commandes. Francis Beltrami meurt en 2020 à 102 ans. Au-delà de ses inventions, il laisse un héritage humaniste qui coule encore aujourd'hui dans les veines de l'entreprise. Malgré le succès, il a su conserver un esprit familial à une entreprise mondialement connue. « Sa femme habite toujours la maison à côté et vient, chaque année, chercher son agenda directement à l'usine », raconte Cécile Lechanteur, responsable marketing.

Les grandes étapes de confection d'un agenda

  • L'étape du marquage manuel © Lensman Studio
  • L'étape du découpage bobine de la matière et du marquage du logo © Lensman Studio
  • L'étape de la couture © Lensman Studio
  • L'étape du pliage, indispensable à la confection d'un agenda © Lensman Studio

S'adapter aux nouveaux enjeux

L'histoire de l'entreprise n'est pas sans heurts. En 1999, elle rejoint le groupe Exacompta Clairefontaine. Les années 2000 voient l'essor du numérique et le papier a moins la cote. « Nous avions réorienté notre cible vers les scolaires dès 1996 avec l'agenda 1 jour par page, et nous avons poursuivi avec le développement de fournitures et de produits dérivés sous licence comme des trousses ou des cartables », explique Cécile Lechanteur. Quo Vadis crée également un site de vente en ligne pour être au plus prêt des consommateurs. L'entreprise développe des liens commerciaux avec de gros distributeurs comme la Fnac, Cultura, Bureau Vallée ou Office Dépôt, mais aussi la grande distribution. Elle soigne le détail des ses produits pour l'international ou en s'adaptant aux demandes et aux besoins des marchés allemands, italiens, américains ou japonais. Elle s'adapte aussi aux enjeux environnementaux en allant chercher des certifications (PEFC, FSC, Imprim'Vert, Origine France Garantie), en créant une gamme d'agendas rechargeables et en participant à la Convention des entreprises pour le climat (CEC). « Nous limitons notre impact au maximum, notamment en réduisant le transport, en optimisant nos process, en recyclant nos déchets. Pour cela, nous pouvons compter sur une vraie synergie au sein du groupe », souligne Cécile Lechanteur. 

Une entreprise où il fait bon travailler

La culture « familiale » de l'entreprise a permis de très vite poser les jalons de ce qu'on appelait pas encore une démarche RSE. « Nous avons fait un audit interne pour poser à plat les choses que nous faisions bien et les choses qui allaient moins bien, se souvient Cécile Lechanteur, et toutes les équipes se sont emparées du sujet. » Depuis deux ans, une personne est dédié à la RSE. « Chez Quo Vadis, l'ancienneté moyenne est de 17 ans, certains sont là depuis 40 ans, il y a un bel attachement à l'entreprise », rappelle Justine Jourdin, chargée de communication. L'entreprise veille à l'égalité professionnelle femmes-hommes avec un index évalué à 96/100. Elle a également obtenu une note de 75/100 à l’évaluation Ecovadis, pour sa démarche RSE. 

Bien ancrée localement

Installée depuis plus de 50 ans à Carquefou, Quo Vadis a également su maintenir son ancrage local. « Nous avons grandi ici et nous somme fiers de continuer à travailler sur le territoire », insiste Justine Jourdin. Depuis 1993, Quo Vadis collabore avec Asi prod une entreprise adaptée locale qui a intégré ses locaux en 2006. Elle collabore avec Saprena, une autre entreprise adaptée du territoire pour l'entretien. Quo Vadis fait également partie des « entreprises accueillantes » le réseau structuré par la Plateforme RSE de Nantes Métropole et l'ATDEC pour favoriser l'accès à l'emploi et de faire faire découvrir son activité et ses métiers. Elle a aussi travaillé avec la maison d'arrêt pour de l'habillage produit ou des associations, comme la Cravate solidaire pour la collecte de vêtement. Cette année, elle a noué un partenariat avec l'École de la 2e chance. « Nous avons aussi travaillé avec de nombreux artistes du cru, comme Docteur Paper ou Antoine Corbineau, rappelle Cécile Lechanteur, Quo Vadis travaille aussi en bonne intelligence avec ses voisins, comme Tristone ou Wirquin, avec qui nous échangeons des bonnes pratiques. » 

Le renouvellement des compétences comme nouveau défi

Aujourd'hui, Quo Vadis propose 3 500 références dans son catalogue. L'an dernier 7,2 millions d'agendas sont sortis de l'usine de Carquefou. « Nous bénéficions d'un réel attachement à nos produits, au label fabriqué en France et du retour de l'écrit et de la simplicité face au tout numérique », explique Justine Jourdin. De nouveaux défis attendent toutefois l'entreprise. Au fil du temps, elle a su développer et fidéliser de nombreuses compétences, qui vont de la fabrication, en passant par la logistique ou l'édition. Des compétences qui, à un moment ou à un autre, vont devoir être renouvelés. « Comme beaucoup d'entreprises, nous avons du mal à attirer et à fidéliser de nouveaux talents », confirme Cécile Lechanteur. Un vrai enjeu de recrutement dans les années à venir qui mobilise l'entreprise, notamment à travers des actions comme les Journées Usines Ouvertes, ou les Journées Régionales de la Visite d’Entreprise (JRVE). « Faire entrer le public dans les coulisses de nos ateliers, c’est aussi une manière de sensibiliser, de susciter des vocations et de valoriser des métiers parfois méconnus, mais pourtant essentiels », rappelle Justine Jourdin.

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