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À l’espace Agnès-Varda, une douche et un accueil bienveillant
Publié le 09 févr. 2026
Dernière mise à jour 11 févr. 2026
Ouvert en 2020 quartier République, l’équipement municipal accueille les personnes en situation de précarité et isolées. On vient y prendre un repas, une douche, se reposer mais aussi bénéficier de soins esthétiques ou participer à des activités culturelles.
Mardi, 9h30. Une trentaine de personnes prennent leur petit-déjeuner dans la salle de restauration de l’espace Agnès-Varda, couvés du regard par un portrait de la cinéaste. Moudi, sans abri, démarre sa journée : « J’ai d’abord pris une douche, mon premier médicament (sourire) », indique cet habitué, attablé devant une demi-baguette beurrée, un café et un thé. Chaque jour, du lundi au vendredi, une centaine de petits-déjeuners sont ainsi servis à des personnes en situation de grande précarité et/ou d’isolement social.
« Répondre aux besoins essentiels des personnes »
Les arômes de café à peine dissipés - 70 litres servis chaque jour -, les équipes sont déjà à pied d’œuvre pour le déjeuner : soupe et poisson au menu, mijotés par la cuisine centrale de la Ville. 80 à 90 bénéficiaires, sans ressources ou allocataires des minima sociaux, prennent leur repas au restaurant social du lundi au vendredi. Un buffet est également proposé à 200 personnes, sans conditions de ressources, le samedi matin. « Cet équipement, qui regroupe les activités des anciens bains douches de l’allée Baco et du restaurant social Pierre-Landais, a pour objectif de répondre aux besoins essentiels des personnes en situation de précarité : l’alimentaire et l’hygiène », rappelle Aurélien Ménard, responsable des établissements d’urgence sociale de la Ville de Nantes. Les bénéficiaires sont « en situation de marginalisation très ancrée, cabossés après des accidents de la vie ou dans des parcours migratoires » avec, ces dernières années, « une augmentation des 18-25 ans en rupture et des retraités précarisés ».
Une attention particulière portée aux femmes accueillies
Au premier étage, on trouve un salon de lecture, qui sert aussi de salle de repos, une laverie, un cabinet d’infirmerie « pour la bobologie » et un salon de socio-esthétique et de socio-coiffure. Vingt douches sont accessibles gratuitement dont une pour les familles et deux pour les personnes à mobilité réduite. Quatre sont réservées aux femmes. Elles représentent 12 % du public accueilli : « Il y a une vulnérabilité à l’extérieur. Nous leur portons donc une attention particulière avec nos travailleurs sociaux, une infirmière et des agents de sécurité dont un présent à l’entrée des douches », souligne Aurélien Ménard.
Irène, hébergée en foyer, vient 2 à 3 fois par semaine prendre une douche, un petit-déjeuner ou un repas : « J’aime beaucoup le lieu, c’est très moderne et accueillant. On s’y sent bien. » La jeune femme, dans l’attente d’un contrat de travail, a bénéficié d’un massage avec la socio-esthéticienne présente deux fois par mois : « Un moment de détente qui m’a permis de libérer les tensions. » Une socio-coiffeuse est également présente deux fois par mois. Parmi les autres intervenants, des professionnels de santé proposent des permanences autour des conduites addictives.
Soucieux de défendre « un accès à la culture et au sport », l’espace Agnès Varda propose également aux personnes accueillies des sorties dans les musées, au Château des ducs de Bretagne ou au stade de la Beaujoire. « Récemment, 17 personnes ont assisté à un concert de la Folle Journée », se réjouit Aurélien Ménard.
Le temps du repas à l'Espace Agnès Varda
Pratique
Espace Agnès-Varda. 16, rue Pierre-Landais. Accès : Chronobus C5, arrêt Gare de l'État.
Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à 17h.
Samedi, de 8h30 à 14h.
Contact : 02 40 41 53 00.