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Moustique tigre : se protéger et éviter sa prolifération
Dernière mise à jour 30 sept. 2026
Le nombre de moustiques tigre progresse peu à peu. Vecteur potentiel de maladies (dengue, chikungunia, Zika), il est essentiel de se protéger et de lutter contre sa prolifération. Présent de mai à novembre, le moustique tigre est très différent des autres moustiques. Il est donc important de le reconnaître, de comprendre son environnement et son mode de vie, pour adopter les gestes protecteurs et limiter sa prolifération.
Comment reconnaître le moustique tigre ?
- Très petit, il mesure moins d’1 cm (comme une fourmi)
- Il est rayé noir et blanc (corps et pattes), avec une ligne blanche de sa tête au thorax
- Il pique seulement le jour, le matin ou en fin de journée, et plutôt en extérieur. Le moustique tigre n’est pas le moustique qui vous empêche de dormir la nuit !
- Il est observable de mai à novembre
- Son nom scientifique : aedes albopictus
Où vit le moustique tigre ?
Le moustique tigre (aedes albopictus) vit proche des humains et principalement en milieu urbain. Il peut naître et vivre chez vous, où à proximité. Pour vivre et se reproduire le moustique tigre a besoin d’eau stagnante. Le moindre petit récipient rempli d’eau (un bouchon peut suffire) permet à la femelle de pondre ses œufs : environ 200 œufs tous les 12 jours.
Autres particularités : le moustique tigre se déplace peu, environ 150 mètres autour de son lieu de naissance. Il est donc né chez vous où à proximité !
Comment empêcher l’installation du moustique tigre chez soi ?
Éradiquer le moustique tigre est impossible, mais chacun et chacune peut contribuer à éviter son installation et donc sa prolifération. Il suffit de supprimer toutes les retenues d’eau (surtout en extérieur) pour éviter que la femelle puisse pondre ses œufs.
- Vider tous les 5 jours tous les contenants pour éviter les eaux accumulées :
- coupelles et cache-pots de plantes,
- gamelles pour animaux domestiques,
- cendriers.
- Ranger :
- arrosoirs, seaux, replis de bâches, pieds de parasol, jouets restés à l’extérieur...,
- brouettes (les mettre debout contre un mur par ex.), outils de jardinage…,
- Nettoyer gouttières et canalisations bouchées,
- Recouvrir entièrement cuves de récupération d’eau de pluie pour l’arrosage.
Il est déconseillé l’usage répété d’insecticides, en raison notamment de leur effet sur la santé.
Avant d’utiliser des produits anti-moustiques à appliquer directement sur la peau, demandez conseil à un pharmacien. Ces produits à appliquer sur toutes les parties découvertes du corps (sauf muqueuses et lésions cutanées étendues) et à renouveler régulièrement contiennent un principe actif qui éloigne les insectes sans toutefois les tuer. Vigilance néanmoins pour les femmes enceintes et les jeunes enfants !
Les procédés suivants n’ont pas fait preuve de leur efficacité, ou ne sont pas assez sélectifs :
- les huiles essentielles,
- les applications mobiles et ultrasons,
- les rubans collants,
- la citronnelle.
Attention aux bracelets anti-moustique. Ils contiennent des substances chimiques. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande de proscrire le port de ces bracelets chez les nourrissons et les jeunes enfants.
Comment se protéger des piqûres ?
- Porter des vêtements couvrants, amples et de couleurs claires. Le moustique préfère les couleurs sombres.
- Installer des moustiquaires, en particulier sur les berceaux et lits d'enfant (il existe des moustiquaires adaptées).
- Utiliser un ventilateur pour tenir les moustiques éloignés.
- Utiliser les serpentins insecticides uniquement en extérieur.
Comment le moustique tigre transmet la dengue, le chikungunya ou le Zika ?
Seule la femelle peut transmettre la maladie. Pour cela, il faut qu’elle ait préalablement piqué une personne infectée, revenant d’un pays ou d’une zone où sévissent ces maladies.
C’est pourquoi les autorités de santé restent très vigilantes en cas de dengue, chikungunya, ou Zika importé en métropole.
C’est aussi la raison pour laquelle il est important de lutter collectivement et individuellement contre l’installation et la prolifération du moustique tigre en adoptant les gestes simples chez soi.
Voyageurs, protégez-vous pour ne pas importer le virus en France métropolitaine
Les voyageurs se rendant dans des zones où sévissent ces maladies (essentiellement les pays de la zone intertropicale) doivent être particulièrement vigilants à se protéger des piqûres de moustique pendant leur séjour pour éviter, d’une part la maladie, mais également de rentrer sur le territoire avec le virus. En cas d'apparition de symptômes (fièvre d'apparition brutale, douleurs, éruption cutanée) dans les 15 jours qui suivent leur retour, il est important que les voyageurs consultent leur médecin traitant le plus rapidement possible.
Si, en métropole, un « cas importé » (personne revenant avec le virus) est identifié, le médecin alerte l’Agence régionale de santé (ARS) qui déclenche des mesures de protection des personnes dans le but d’éviter l’apparition de « cas autochtones » (personne malade n’ayant pas voyagé dans la zone intertropicale contaminée par la piqûre d’un moustique vecteur) et d’une épidémie.
Quand et comment sont déclenchées les mesures de protections sur le territoire ?
Seule l'Agence régionale de santé (ARS) déclenche des mesures de protection des personnes dans le but d’éviter l’apparition de «cas autochtones » (personne malade n’ayant pas voyagé dans la zone intertropicale contaminée par la piqûre d’un moustique vecteur) et d’une épidémie.
Les ARS surveillent, avec Santé publique France, les cas humains de dengue, chikungunya et Zika (avec le système de déclaration obligatoire). Elles assurent également la surveillance du moustique tigre et les démoustications autour du domicile des cas humains si nécessaire.
L’objectif est de limiter la propagation de ces maladies vectorielles à risque épidémique. Dans ce cadre, l’ARS Pays de la Loire a missionné un opérateur qui déploie un réseau de pièges pondoirs permettant la détection du moustique tigre (aedes albopictus). Ce programme de surveillance est mis en œuvre pendant la saison active du moustique, de mai à novembre.
Les limites de la démoustication
L’opération de démoustication est engagée dès lors qu’il existe un risque sanitaire de contamination : si une personne revient en métropole avec un virus transmissible par le moustique tigre (dengue, chikungunya, ou Zika), sa zone d’habitation sera traitée pour éviter que le virus soit transmis.
Une opération de démoustication ne peut être efficace que si les réservoirs d'eau stagnante sont limités (lieux où les gîtes larvaires se développent).
Il est donc indispensable de veiller à supprimer tout contenant d’eau stagnante, chez soi, où protéger hermétiquement toute retenue d’eau de pluie. Les opérations de démoustication en milieu urbain se déroulent donc sur des zones restreintes, dans un objectif de santé publique. Elles n'éliminent que les moustiques adultes, n’ont pas de visée d’éradication du moustique tigre, et ne concernent pas les autres espèces de moustiques (pas de « démoustication de confort »).
Pourquoi ne pas relâcher des moustiques stériles ?
La technique de l’insecte stérile consiste à relâcher des moustiques tigre mâles stériles, pour empêcher les femelles de pondre des œufs viables. Cette technique commence à être expérimentée dans quelques villes en France métropolitaine et sera évaluée pour savoir si elle est réellement efficace pour réduire le risque de transmission de maladies et/ou pour réduire les nuisances.
Elle permettrait de diminuer le taux d’éclosion des œufs. Mais les larves, ayant plus de nourriture et moins de concurrence, peuvent survivre en plus grand nombre.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) considère que la baisse du taux d'éclosion des œufs est une preuve que la technique agit, mais pas une preuve suffisante qu'elle réduit réellement les populations de moustiques.
Cette approche, même si elle permet de cibler le moustique tigre et de limiter le recours aux insecticides, présente des limites :
- coût de mise en œuvre élevé ;
- nécessité de lâchers massifs, répétés et à grande échelle ;
- elle ne remplace en aucun cas la suppression des eaux stagnantes, qui demeure le principal levier de lutte contre le moustique tigre ;
- lorsqu'un cas d'arbovirose (maladie virale comme la dengue, le chikungunya ou le Zika transmise par le moustique tigre) nécessitera une opération de démoustication, le traitement insecticide mis en œuvre pour prévenir la transmission du virus dans la zone éliminera également les mâles stériles relâchés.
Vous pensez avoir vu un moustique tigre chez vous. Que faire ?
- Essayez de repérer les gîtes larvaires pour les détruire en supprimant ou vidant toutes les retenues d’eau de pluie ou d’arrosage.
- Si vous habitez sur une commune non colonisée à ce jour, signalez-le sur : www.signalement-moustique.anses.fr
Ce signalement permet de participer à une surveillance renforcée pour limiter la propagation des maladies vectorielles à risque épidémique.
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