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Actualités Publié le 30 novembre 2022

La Métropole et les 24 communes enclenchent un plan de sobriété énergétique

Pour faire face  à la crise énergétique, la Métropole et les communes qui la composent jouent la carte de la sobriété. Objectif : réduire de 10% la consommation d'énergie du territoire et le rendre donc plus résistant face aux soubresauts du marché de l'énergie.

Le plan de sobriété a pour objectif de réduire de 10% la consommation d'énergie du territoire. © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole
Le plan de sobriété a pour objectif de réduire de 10% la consommation d'énergie du territoire. © Jean-Félix Fayolle pour Nantes Métropole

 

Face à la hausse du prix de l'énergie, la réponse est collective. Un nouveau plan de sobriété a été mis au point en concertation entre les 24 communes et la Métropole. « Le rôle de la Métropole n'est pas de se substituer aux maires, de choisir à leur place, explique Tristan Riom, vice-président de Nantes Métropole chargé de l'énergie. À notre connaissance, nous sommes la seule Métropole en France à avoir travaillé ainsi. » Un point positif pour les différents maires : « Ce travail en commun est important, corrobore Jean-Sébastien Guitton, maire d'Orvault et vice-président de Nantes Métropole. Parler ensemble, cela donne des idées, on prend conscience de champs d’économies potentielles. Et faire tous ensemble renforce notre capacité à aller loin et la légitimité, la cohérence, pour convaincre les habitants que ces décisions sont les bonnes.» 

C'est donc un plan en 23 mesures qui a été présenté, jeudi 24 novembre. Il combine des mesures propres à la Métropole et aux communes et à leurs services publics, un accompagnement des habitants et des entreprises, et une accélération sur l'efficacité énergétique et les développement des énergies renouvelables. « Ce plan doit répondre à trois enjeux, souligne Tristan Riom :  l'urgence sur le prix, l'urgence sur la fourniture d'énergie (car RTE annonce un risque de coupures d'électricité, notamment sur le mois de janvier), et la nécessité d'avoir un regard sur le long terme. » L'objectif est une diminution de 10% des consommations annuelles des collectivités en 2024 par rapport à 2019.

 


Sobriété dans les bâtiments et services publics

Un des principaux leviers du plan de sobriété repose sur les équipements et services publics. « On doit adapter sans dégrader la qualité du service public : on réduit donc le chauffage des bâtiments, on limite l’éclairage public entre 23h et 6h », énumère Tristan Riom. Des mesures plus symboliques ont été prises comme la réduction des illuminations des fêtes de fin d'année. « Ça ne consomme pas beaucoup, ça n'est pas une dépense extraordinaire, mais il est important de montrer que l’on entre dans une période de sobriété, pose Véronique Dubettier-Grenier, maire de Carquefou et conseillère métropolitaine. En bureau des maires, j'ai suggéré que l'on garde les illuminations de Noël, car c'est une période de réjouissances importantes, mais que l'on réduise la durée. Ainsi, à Carquefou, nous sommes passés de 5 à 3 semaines d'illuminations. » 


Accompagner les particuliers et les entreprises

Un accompagnement est prévu pour les entreprises et les particuliers. Et une attention toute particulière sera portée aux plus modestes : « Pour nos habitantes et habitants, la facture peut être compliquée pour passer l’hiver, souligne Agnès Bourgeais, maire de Rezé. C'est un enjeu important d’accompagner les plus précaires. » Ainsi, un nouvel éco-appart' verra le jour en 2023. Cet appartement témoin propose un large éventail de solutions pour réduire sa consommation d'énergie et d'eau. « Nous avons souhaité agir dans ce domaine avec, par exemple, le renforcement de la communication autour du SLIME, un dispositif peu connu mais très utile, ajoute Tristan Riom. Il propose des visites à domicile chez 450 ménages par an pour les aider à identifier les leviers d’économies d’énergie. On aimerait atteindre 500 ménages accompagnés dès l’an prochain. On est aussi attentifs à travailler avec les entreprises, la direction au développement économique est mobilisée sur le sujet. »


Acheter en commun pour peser sur les prix

Maire de Bouaye et vice-président, Jacques Garreau explique à quel point le sujet est stratégique pour les communes. « L'an dernier, nous achetions 80 000 euros de gaz, cela représentait 1% du budget de la commune. En octobre, on nous propose un tarif qui fait augmenter le prix de quasiment 1000%, soit 10% du budget de la commune. Ce n'est pas possible. On doit donc passer à de l'achat mensuel. Mais on ne peut pas pas bâtir un budget sérieux avec ce type de contrat. On espère donc fixer les prix pour un contrat d'un an début décembre, avec une augmentation d'environ 400%. La différence, c'est 240 000 euros, soit le budget prévu pour un nouveau groupe scolaire. Le projet va donc être différé. Vous comprenez qu'il est donc essentiel d'accélérer la sobriété. Ce n'est pas une option, mais une nécessité pour sauver le budget. Nous allons donc prioriser les investissements pour réduire la consommation et produire de l’énergie. » 

Pour influer sur les prix, 20 des 24 communes de la Métropole sont réunies dans un groupement d'achat pour le gaz et l'électricité. Une solution qui permet de mutualiser les ressources techniques, inaccessibles à la plupart des communes seules. Et c'est une façon de privilégier les énergies renouvelables. « C'est un formidable levier pour lutter contre la hausse des prix et faire avancer la transition énergétique », apprécie Tristan Riom. 


Accélérer sur les énergies renouvelables

Aussi difficile soit-elle, la crise énergétique doit être un déclic permettant d'avancer à la fois sur la sobriété et sur la production d'énergies renouvelables. « On expérimente cet hiver, en période de crise, mais la question est de savoir quelles mesures vont être prolongées, souligne Jean-Sébastien Guitton. L’enjeu, ce n’est pas seulement cet hiver. C’est l’enjeu du climat, une préoccupation que l’on partage tous. À Orvault, depuis le début du mandat, nous avons ainsi travaillé avec l'agence d'urbanisme pour réaliser un diagnostic précis sur ensemble du territoire des potentielles économies d’énergies et de développement d'énergies renouvelables. Sur le photovoltaïque, l'objectif est de multiplier par 10 les installations, dont un quart sur le patrimoine municipal (ombrières sur les parkings...). L’idée est de produire plus d’énergie et de l'auto-consommer de manière collective. Quand on auto-consomme une énergie que l'on produit, on ne le fait plus seulement pour le climat, mais aussi pour le porte-monnaie. »  De quoi contribuer à l'objectif de la Métropole de devenir un territoire 100% énergies renouvelables d'ici à 2050.