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Actualités Publié le 12 février 2020

Dékalage, le développeur d’artistes qui fête ses 20 ans

Durant deux week-ends, fin février : les 21-22 et 29 février-1er mars, concerts et spectacles se succèdent salle Paul-Fort et au Pannonica. Rencontre avec Laurent Leparoux, créateur de cette structure associative qui accompagne les projets artistiques depuis 1999.

Les Toasteurs, sextet « noisy disco pop déjanté », sont parmi la quinzaine de projets présentés pour les 20 ans de Dékalage.
Les Toasteurs, sextet « noisy disco pop déjanté », sont parmi la quinzaine de projets présentés pour les 20 ans de Dékalage.

Simon Nwambeben, les Sand Sisters, Daniel Givone, Lisa Urt, Jack in my Head… Ces groupes ou artistes solo sont en lumière durant deux week-ends sur les scènes du quartier Talensac. Leur point commun : ils font partie de l’écurie Dékalage – dans le milieu, on parle plutôt de « catalogue » –, structure culturelle nantaise qui depuis deux décennies se consacre au développement d’artistes.

Le métier est peu connu du grand public. Ni manager, ni tourneur, le développeur aide les artistes à structurer leurs projets, à concrétiser leurs idées. « Le terme a été inventé dans la région au début des années 2000, avant d’essaimer dans toute la France, explique Laurent Leparoux, le fondateur de Dékalage. On est au cœur des enjeux artistiques et économiques d’un artiste ou d’une formation. Le développeur d’artistes peut être axé plus sur les médias, les disques, ou bien axé sur la scène, comme c’est le cas pour Dékalage. Il y a là-dedans une notion très artisanale. »

Les artistes avec qui je travaille représentent une partie de cette scène nantaise dont on sait qu’elle est foisonnante.

Laurent Leparoux, cofondateur de Dékalage.

L’histoire de Dékalage commence elle-même de manière empirique. Au milieu des années 1990, alors animateur au centre socioculturel du Soleil Levant à Saint-Herblain, Laurent travaille sur les Hivernales, un festival de théâtre et musique. Il s’y occupe des artistes, de la régie, de la communication… Il rencontre alors Translave, formation tango-tzigane emmenée par Gerardo Jerez Le Cam. « Il cherchait quelqu’un pour l’aider à construire un vrai projet professionnel : la scène, les contrats, les bulletins de salaire, la relation avec les labels et distributeurs… Avec un copain, François Chevalier, on s’est dit : on n’y connaît rien, mais on y va ! »

Les fondateurs de Dékalage font leurs gammes avec l’aide bienveillante d'Henri Mariel, du Théâtre de l'Entracte. Depuis, l’association s’est employée à faire émerger sur les scènes de France et d’Europe les projets d’artistes locaux. « La plupart sont nantais. J’ai besoin de leur parler, de les voir, parfois de se fritter, comme dans un vieux couple ! sourit Laurent. Les artistes, à raison, sont persuadés qu’ils défendent une bonne musique. Mais tous les projets ne peuvent pas être joués partout, et puis le marché a changé. Si la musique s’est démocratisée, les lieux de diffusion ont progressé de manière moins importante. Aujourd’hui, on a d’un côté ceux qui remplissent les salles, qui prennent le gâteau, et de l’autre les indépendants comme nous, pour lesquels c’est de plus en plus difficile. »

Jazz métissé, chanson, swing, world, ces musiques « qui ne vont pas forcément intéresser les tourneurs parisiens » constituent l’ADN de Dékalage. « Pour ces 20 ans, j’ai voulu montrer ce qu’on défend, rendre visibles les artistes ou formations de notre catalogue, faire connaître leur travail actuel. » La quinzaine de projets présentés salle Paul-Fort et au Pannonica – dont certains s’adressent au jeune public – sont ainsi placés sous le signe de la créativité, de l’éclectisme et du décalage. En toute logique.

Infos pratiques et programme complet sur le site de Dékalage