Que faire à Nantes si vous aimez… la danse contemporaine ?

Publié le 06 janv. 2026

Dernière mise à jour 06 janv. 2026

Amateurs ou professionnels, pratiquants réguliers ou simples curieux, spectatrices et spectateurs… Festivals, cours et stages permettent à toutes et tous d’entrer dans la danse tout au long de l’année. Tour d’horizon des propositions.

L’événement phare : le festival Trajectoires

  • Carne d’Audrey Bodiguel est présenté dans le cadre de la 9e édition de Trajectoires. © Vincent Cututchet

21 lieux dans la métropole, 47 rendez-vous, 31 spectacles… Trajectoires, porté par le Centre chorégraphique national de Nantes, revient du 15 janvier au 1er février 2026. Cette 9e édition marque le passage de flambeau entre Ambra Senatore et le nouveau directeur du CCNN, Salia Sanou. « C’est une édition avec une programmation internationale – Asie, Afrique, Amérique latine –, un acte fort à l’heure où les frontières se referment et les paroles se raidissent. Il y a ici un espace d’ouverture et de rencontre », souligne Erika Hess, directrice déléguée. Voici deux propositions piochées dans la (riche) programmation : « Carne, qui traite de la mort et ses célébrations, le jeudi 15 et le vendredi 16 janvier à 21h à Onyx. Et Borda les 22 et 23 janvier, à 20h, au Lieu unique. L’artiste brésilienne Lia Rodrigues y aborde la question des frontières. » 

L’autre événement à ne pas manquer : Hip Opsession

Initié par quelques passionnés en 2005, Hip Opsession s’est imposé au fil des ans comme l’un des rendez-vous majeurs dédiés au mouvement hip hop en France et en Europe. Le festival, jusqu’ici organisé par Pick Up Production, présente un panorama des différentes disciplines (rap, deejaying, human beatbox, breakdance, graffiti) avec concerts, spectacles, battles, DJ sets performances, expositions… Mais aussi des stages, des workshops et des conférences pour transmettre cette culture. Après l’édition des 20 ans qui a réuni plus de 20 000 spectateurs au printemps 2025, Hip Opsession est aujourd’hui en pleine restructuration et réfléchit à son avenir. 

Le lieu incontournable : le Centre chorégraphique national de Nantes

  • Fondé en 1992, le centre dédié à la création ouvre régulièrement ses portes au public. © Bastien Capela

Installé dans l’ancienne chapelle des Capucins, rue Noire, le CCNN est un lieu dédié à la danse contemporaine, favorisant l’échange entre les artistes et les citoyens. « On pense que la danse permet de prendre confiance en soi et en l’autre, de tisser des liens », éclaire Erika Hess. Le centre propose des spectacles, des ateliers pour les petits et les grands, des rencontres et ouvre ses portes le jeudi soir aux curieux qui souhaiteraient découvrir une œuvre en cours de création. Les équipes interviennent dans les écoles, les médiathèques, les Ehpad ou les associations « pour amener la danse dans le quotidien »

Les lieux associatifs pour découvrir et pratiquer

  • Les studios du 783 accueillent régulièrement des artistes. © Henri Brauner

La compagnie 29x27 dirige le 783, un lieu de création dans le quartier Madeleine-Champ de Mars. « Nous mettons nos studios de 80 et 150 m2 à disposition des artistes. En contrepartie, ils ouvrent le vendredi midi aux personnes curieuses de découvrir leur travail », explique Aurélia Roche Livenais, collaboratrice de l’association. Le 783 organise le festival Sold’ta danse en juin mais aussi des cours et des stages pour amateurs et professionnels. Dans le même quartier, Honolulu offre également un espace de travail. Porté par l’association Oro, il accueille une trentaine d’artistes par an et propose toute l’année des cours, des stages et des ateliers.

Pour le jeune public : le festival Petits et grands

  • Le festival Petits et grands programme les créations participatives de David Rolland. Ici, le spectacle Donne-moi la main (Happy manif). © Éric Deguin

Les bambins aussi entrent dans la danse avec cette manifestation biennale à la programmation pluridisciplinaire pour les enfants de 0 à 12 ans et leurs familles. La 8e édition, organisée en mars 2025, a réuni 12 000 spectateurs. « Notre singularité, c’est la place donnée à la toute petite enfance qui représente un tiers de la programmation. Lors de la dernière édition, nous avons proposé un spectacle de danse d’Amala Dianor pour les 1-4 ans, indique Cyrille Planson, codirecteur du festival. Nous aimons aussi les spectacles participatifs du chorégraphe David Rolland dans la ville. » Rendez-vous du 7 au 11 avril 2027 pour la 9e édition. 

2 questions à… Wanjiru Kamuyu

  • La danseuse et chorégraphe Wanjiru Kamuyu. © Bastien Capela

La danseuse et chorégraphe, originaire du Kenya, est artiste associée au CCNN. Elle y crée un bal populaire, Shangwe.

Quel lien vous unit au CCNN ?

J’ai évoqué mon envie de travailler avec Ambra Senatore lors d’un festival belge et j’ai eu la possibilité de collaborer avec le CCNN en 2023 lors d’une coproduction, Fragmented shadows. Erika Hess m’a ensuite demandé si je souhaitais être artiste associée. C’est la première fois pour moi dans le cadre d’un centre chorégraphique national. Ce statut représente 2 à 3 ans de soutien financier et humain, c’est très précieux. 

En quoi consiste votre travail ici ?

Shangwe est un bal ancré dans la joie, les voies des femmes, la culture, la musique et les danses d’Afrique de l’Est. La joie est ici un acte de résistance, de résilience et d’espoir. C’est aussi un espace de lâcher prise avec une connexion humaine hors de nos écrans. Nous avons commencé les résidences en juillet et des avant premières de création ont été présentées les 21 et 22 novembre. Ce spectacle en est à ses débuts. Il pourra être joué dans un musée, un jardin, une salle des fêtes ou un gymnase. La collaboration avec le CCNN, ce sont aussi des ateliers avec des amateurs et des professionnels. J’ai joué mon spectacle devant des collégiens. J’aime donner de l’énergie et en recevoir.