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Actualités Publié le 18 mars 2022

La restauration des milieux aquatiques, à quoi ça sert ?

Pour préserver la bonne santé des cours d’eau et des zones humides, il ne suffit pas de gérer les eaux usées et la production d’eau potable. Le cycle de l’eau est bien plus complexe et demande d’agir plus globalement. Explications.

Le territoire métropolitain compte pas moins de 1000 km de cours d'eau. © Patrick Garçon
Le territoire métropolitain compte pas moins de 1000 km de cours d'eau. © Patrick Garçon

Pourquoi restaurer les milieux aquatiques du territoire ?

Un cours d’eau en bonne santé est un écosystème où plantes et animaux jouent un rôle important. Et c’est aussi un cours d’eau qui évolue librement. « À une époque, on n’avait qu’une vision hydraulique des cours d’eau, explique Damien Linard, chargé d’opérations milieux aquatiques à Nantes Métropole. L’objectif était que l’eau coure de plus en plus vite, pour éviter les inondations et favoriser des activités humaines, parfois au détriment des autres services que peut apporter un cours d’eau. On a donc beaucoup déplacé et busé (posé des canalisations pour enterrer un cours d’eau, NDLR) des cours d’eau. »

Ajoutez à cela la construction d’ouvrages (barrages, seuils…) qui viennent entraver les cours d’eau, et l’on comprend vite que les activités humaines peuvent contrarier, voire bloquer, leurs fonctions essentielles : ils permettent l’alimentation, la reproduction et la circulation d’espèces animales, ils épurent l’eau des polluants qui peuvent s’y trouver, ils transportent des sédiments et ils assurent également une régulation entre les crues ou les basses eaux.

À ce jour, seuls 1 % des cours d’eau du département sont dans un bon état écologique. Sans oublier la destruction progressive des zones humides (-50 % en l’espace de 50 ans sur le territoire national), essentielles pour la qualité de l’eau. Il est donc indispensable de faire le nécessaire pour que nos milieux aquatiques soient en bonne santé.

Quels objectifs ?

En 2000, une directive européenne a fixé des objectifs sur la bonne santé des milieux aquatiques. Pour l’évaluer, on mesure l’état chimique de l’eau, c’est-à-dire les quantités de polluants présents (pesticides, hydrocarbures, métaux lourds). On mesure également l’état biologique (faune et flore présentes), l’état physico-chimique (quantité d’oxygène, de matières organiques…) et la « qualité hydromorphologique » (tracé du cours d’eau, profondeur…).
Au regard de ces critères, il reste du travail : 55 % des cours d’eau français ne sont pas en bon état écologique. « Pour le bassin Loire-Bretagne, 61 % des cours d’eau doivent atteindre le bon état en 2027, rappelle Sylvain Chauvigné, chargé d’opérations milieux aquatiques à Nantes Métropole. On est à 1 % en Loire-Atlantique, 11 % en région Pays de la Loire. » Les cours d’eau présents sur le territoire de la métropole ne font pas exception.


Quelles méthodes ?

À la direction du cycle de l’eau, deux techniciens pilotent la restauration des cours d’eau. « Notre rôle est de faire un diagnostic complet et de réaliser des travaux, détaille Sylvain Chauvigné. Nous avons un programme sur plusieurs secteurs – le Charbonneau, le Cens, le Gesvres, les marais Nord-Loire (Couëron, côté marais Audubon) –, qui commence en 2022, et dans la vallée de Bouguenais. »

« On travaille essentiellement dans des propriétés privées, souligne Damien Linard. Nous échangeons avec les riverains sur l’intérêt de nos actions, pour obtenir leur autorisation de réaliser les travaux. On prend le temps de regarder les activités autour des cours d’eau, pour trouver un équilibre entre la restauration et les usages. » Concrètement, les équipes travaillent sur la morphologie de la rivière. Cela peut passer par des apports de graviers ou de cailloux pour que le cours d’eau retrouve son équilibre. Cela peut aussi consister à supprimer des ouvrages (pont, barrage, buse…) s’ils n’ont pas d’usage, ou à limiter leur impact.

« Aujourd’hui, on a de plus en plus de connaissances sur le fonctionnement d’un cours d’eau, et donc la capacité à l’améliorer, à retrouver ses fonctionnalités naturelles », résume Damien Linard. Un travail est également mené sur les zones humides, ou encore pour lutter contre les espèces invasives. Enfin, les équipes restaurent la végétation des berges, la « ripisylve », qui joue un rôle essentiel pour limiter l’érosion et qui abrite une importante biodiversité. 

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