De l'Assiette au champ : comment sont valorisés les déchets alimentaires de Nantes Métropole

Publié le 05 août. 2026

Dernière mise à jour 05 août. 2026

Épluchures, restes de repas, invendus... La métropole nantaise produit chaque année 50 000 tonnes de déchets alimentaires. Une partie est collectée et traitée par De l'Assiette au champ. L’entreprise rezéenne la valorise en « soupe » organique, qui deviendra gaz vert et engrais naturel.

  • De l’Assiette au champ exploite sa plateforme de valorisation des biodéchets à Rezé depuis 2023. © Loïc Gatteau

Que deviennent les déchets alimentaires que vous avez déposés tout près de chez vous, dans l’un des 7 000 points de collecte déployés par Nantes Métropole sur son territoire ? Qu’en est-il des restes de repas des écoles, des hôpitaux ou des restaurants ? Des invendus des grandes surfaces ? Non, ils ne disparaissent pas comme par magie ! Une partie de ces biodéchets est dirigée vers le site de compostage de Suez, à Vallet, où ils sont mélangés à des déchets verts. L'autre partie transite par une plateforme de valorisation gérée par l’entreprise De l’Assiette au champ, à Rezé.

Chaque jour, les bennes de collecte de Nantes Métropole et de son prestataire Paprec y déposent les déchets alimentaires des particuliers et ceux des filières professionnelles. « Tout l’enjeu, c’est d’apporter cette matière urbaine à la campagne, pour qu’elle puisse nourrir les sols », précise Maxime du Bois, cofondateur de De l'Assiette au champ. L’entreprise située à Rezé traite « environ 5 000 à 6 000 tonnes de déchets par an, et bientôt 8 000 à 9 000 tonnes » grâce à une extension de la plateforme, opérationnelle en septembre.

Une « soupe » de biodéchets

  • Les bennes de collecte de Nantes Métropole et de son prestataire Paprec viennent déposer les déchets alimentaires sur le site rezéen. © Loïc Gatteau
  • L'entreprise traite de 5 à 6 000 tonnes de déchets alimentaires chaque année. © Loïc Gatteau
  • Les déchets alimentaires sont versés par bennes dans une machine où ils subissent un traitement en deux étapes. © Loïc Gatteau

Sur place, la matière organique suit un process automatisé. D’abord la phase de « désemballage » : emballages et débris de plastique, verre ou métal sont écartés. Compressée, la matière organique subit ensuite une pasteurisation à 70°C pendant une heure, au gaz vert. Le site peut traiter jusqu'à 4 tonnes par heure, pour un bilan énergétique largement positif : « On produit trois à quatre fois plus d'énergie que l'on consomme sur l'ensemble du cycle », souligne Maxime du Bois.

La matière organique obtenue – une « soupe méthanogène » – est stockée sur place 48 heures au maximum. Elle part ensuite par citernes vers des sites de méthanisation agricole régionaux. Là, elle se dégrade pendant cinq à six semaines : « 10 à 15 % se transforme en méthane, injecté dans le réseau de gaz de ville, 85 à 90 % devient un digestat utilisé comme fertilisant naturel par les agriculteurs partenaires, en substitution aux engrais de synthèse », explique le dirigeant. Encore un plus pour la planète, puisque le processus évite l’emploi d’engrais de synthèse, et donc le recours à l’extraction minière.