Bottière : le quartier endeuillé par un nouveau drame
Elmer Food Beat en concert à Nantes : 40 ans de rock aux Scènes vagabondes 2026
Dernière mise à jour 08 juin. 2026
Le festival dédié aux artistes locaux se tiendra au parc floral de la Beaujoire, du 26 au 28 juin. Parmi les artistes présentés, un groupe culte viscéralement attaché à la cité des ducs de Bretagne : les Elmer Food Beat.
En pratique
Festival des Scènes vagabondes, du 26 au 28 juin 2026, au parc Floral de la Beaujoire. Entrée libre et gratuite.
« J’aime entendre le bruit de mes potes / Refaire le monde jusqu’au matin / Le son des amis ça me botte / Sans se soucier du lendemain »
. Voilà 40 ans que le rock épicurien d’Elmer Food Beat foule les planches. Fidèles à l’hédonisme et aux bouffonneries qui les ont fait connaître, les joyeux lurons chantent les plaisirs simples de la vie, qu’ils soient charnels (« Daniela », « La caissière de chez Leclerc »...), musicaux (« Je n’aime que ma guitare ») ou ode à la camaraderie (« Le bruit des potes »).
Double disque d'or
Formé en 1986 à Piriac-sur-Mer, les Elmer Food Beat relève autant du météore musical que du phénix. La bande connaît en effet un début de carrière fulgurant, auréolé d’une Victoire de la musique en 1991. Leur premier album, « 30 cm », sera estampillé double disque d’or et vendu à quelque 600 000 exemplaires. Mais en 1993, usé par les tournées à répétition et confronté aux dissensions sur la direction artistique à suivre, le groupe se sépare, chaque musicien poursuivant sa voie. Avant de se reformer quelques années plus tard, au début des années 2000.
Sur cette trajectoire, ils disent : « Ce qui ne devait être qu’une farce estivale s’est transformé en un succès énorme qui nous a pris de court, qui nous a autant euphorisé qu’épuisé. Mais parfois les traversées du désert ont du bon car après quelques années d’absence, nous avons réussi à faire renaître le groupe ! ».
« Le bouffon qui devient roi... »
En concert au festival des Scènes vagabondes (lire encadré) le 27 juin prochain, les Elmer Food Beat se disent profondément attachés à la ville qui les a fait connaître. « On a plein de souvenirs très forts ici,
disent-ils en chœur. Il y a bien sûr notre premier concert, donné place de la Bourse, le 21 juin 1986. On était de parfaits amateurs, tout à fait maladroits mais avec une sacrée énergie ! On pense aussi à ce concert donné en 2020, au théâtre Graslin. Elmer Food Beat dans le cadre majestueux de l’opéra, c’était quelque chose qu’on n’aurait jamais pensé possible… Et puis il y a eu le carnaval, en 2019, avec notre chanteur Manou en guise de roi carnavalier sur son char dans les rues de Nantes : le bouffon qui devient roi, vous imaginez ?! »
Dans les endroits nantais qui comptent, les Elmer citent le Stade de la Beaujoire et le FC Nantes, « une institution de la culture populaire ». « Il y a aussi tous les cafés-concerts qui ont tendance à disparaître aujourd’hui mais dont l’écosystème demeure important à Nantes, grâce notamment au collectif bar-bars. Ce sont des lieux indispensables aux jeunes musiciens. Beaucoup de groupes n’existeraient pas sans eux ».
Parmi les fulgurances des Elmer Food Beat il y aussi cette idée lancée en 1988 par la mère de Kelu (guitare, chant), faisant écho aux valeurs de solidarité et d’entraide auxquelles sont attachées le groupe : un jouet neuf contre une entrée à un concert, les dons récoltés étant ensuite distribués par les Restos du cœur aux familles dans le besoin. « La première édition a eu lieu à l’Escall de Saint-Sébastien-sur-Loire et avait permis de récolter 1500 jouets. Quelle fierté de voir que, près de 40 ans plus tard, les Rockeurs ont du cœur existe encore ! ».
Grivoiseries et pitreries
Au sujet de leurs textes à la salacité prononcée, ils confient : « C’est sûr qu’Elmer ne laisse pas indifférent et peut-être qu’on ne pourrait pas refaire la même chose aujourd’hui. Mais les gens qui viennent nous voir savent qu’il faut prendre tout ça au second degré et ils en rient beaucoup »
. Derrière la grivoiserie et les pitreries de son « antihéros de chanteur », on trouve aussi un groupe conscient des enjeux de son temps. Comme lorsque la bande se fait héraut d’une planète meurtrie sur le titre « Le plastique c’est fantastique », en y ajoutant l’adjectif désormais « dramatique ». En 2027, le groupe fêtera les 40 ans de sa « farce estivale ».
Les Scènes vagabondes 2026 célèbrent les arts vivants
La danse entre ombre et lumière de Léa Vinette, le rock potache de Elmer Food Beat, la fanfare populaire de la Bottière ou le drolatique théâtre de papier du collectif Grand Vacarme… Les Scènes Vagabondes, c’est tout cela à la fois. Organisé par la Ville de Nantes, le festival offre une trentaine de spectacles, proposé par la crème des artistes locaux. Un village du livre, réunissant notamment librairie indépendante, maisons d’édition locales et illustrateurs, sera également présent durant ces trois jours de fête.