H2O de la Loire à la Loire, ép. 2 : le grand nettoyage

Publié le 10 août. 2026

Dernière mise à jour 10 août. 2026

Eau

À l’usine de l’eau de la Roche, H2O passe par plusieurs étapes de traitement. Une transformation radicale, mais nécessaire. Notre goutte d'eau découvre au passage qu'elle est le bien alimentaire le plus contrôlé de France.

  • © Le Cil Vert

À l'usine de la Roche

Jour 4

Je vais être honnête avec vous : quand je suis arrivée à l'usine de production d'eau potable de la Roche, à Nantes, j’étais choquée. Moi qui pensais être plutôt propre sur moi, on m'a expliqué que l'eau de Loire à l'état brut, c'est… comment dire… un mélange de tout ce que la pluie, l'agriculture, l'industrie et j’en passe y ont déposé. Pas exactement ce qu'on met dans un verre pour se désaltérer.

L'usine, elle, est impeccable car elle a été entièrement rénovée. Son bain de jouvence a duré 10 ans ! Aujourd’hui, elle est capable de traiter jusqu'à 160 000 m³ par jour – l’équivalent de 64 piscines olympiques. En 2025, elle a produit au total 42 millions de m³ d’eau, avec des taux de conformité de 100 % ! Autant dire qu'on ne rigole pas avec la performance.

Comment je suis devenue potable

Jour 5

Je stressais un peu, mais finalement c’est un vrai bonheur ce traitement ! Je vais résumer par où je suis passée sans être trop technique, ni vous noyer dans les détails.

D'abord, on nous a débarrassées des gros éléments – sable, débris, tout ce qui traîne – avec des grilles et de la décantation. Environ 90 % des matières en suspension disparaissent dans ces grands bassins. J’ai commencé à me sentir plus légère. Puis est venue la désinfection à l'ozone, pour éliminer les germes pathogènes – virus et bactéries – et les substances qui pourraient altérer mon goût. Ensuite en contact avec du charbon actif, les micropolluants résiduels comme les pesticides ont été piégés. Dernières étapes : des filtres à sable, un passage aux ultraviolets, une touche de chlore, pour que je reste propre tout au long de mon voyage à venir. Voilà, je suis méconnaissable, mais potable : claire comme de l’eau de (la) Roche !

Surveillée comme le lait sur le feu

Jour 6

Ce que j'ai appris ici, dans cette usine nantaise, c'est que l'eau est le bien alimentaire le plus contrôlé en France ! Avec les autres gouttes, on est sous une double surveillance. D'un côté, les opérateurs de l’eau potable dans la métropole réalisent plus de 7 000 analyses par an dans ce qu’ils appellent leur « programme d’autosurveillance ». De l'autre, l'Agence régionale de santé, l’ARS, effectue ses propres contrôles sanitaires dans un labo agréé, jusqu’à 350 paramètres par prélèvement. Comme je l’ai déjà écrit, tout était conforme à 100 % l’an dernier.

Mais ce n'est pas tout. Certaines substances sont surveillées de près, au-delà des contrôles réglementaires. Un bon exemple, ce sont les PFAS, ces composés chimiques dits « polluants éternels » qui s'accumulent dans l'environnement. Leur surveillance dans l'eau potable est devenue obligatoire depuis le 1er janvier 2026, mais Nantes Métropole les suivait déjà bien avant ! Anticiper, ça fait vraiment partie des métiers de l’eau.