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L'usine Béghin-Say dans le cercle des monuments historiques nantais
Publié le 06 mai. 2026
Dernière mise à jour 07 mai. 2026
Emblème du paysage nantais, la majeure partie du site de la raffinerie est désormais protégé au titre des monuments historiques. Mise en service dans les années 1930, aujourd’hui propriété du groupe Tereos, elle accueille toujours une activité industrielle.
Depuis le pont des Trois-Continents ou celui de Pornic, sa cheminée de 83 mètres s'impose dans le paysage de la métropole nantaise. La raffinerie Béghin-Say, vient d'accéder à un nouveau statut : par arrêté préfectoral du 31 mars 2026, elle est désormais protégée au titre des Monuments historiques.
La demande, portée par le Collectif des associations du patrimoine industriel et portuaire, a été instruite par la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire et a recueilli l'avis favorable de la commission régionale du patrimoine et de l'architecture. Ses membres, souligne la DRAC dans un communiqué, ont reconnu « l'importance [du site] dans l'histoire du raffinage du sucre en France »,
« l'intérêt architectural de ses bâtiments d'origine »
et « son rapport à la Loire, fleuve vecteur de marchandises et source d'énergie »
.
Témoin de l'industrie sucrière nantaise
L'aventure sucrière nantaise remonte au début du XIXe siècle, avec l'installation de Louis Say en 1812. La raffinerie Béghin-Say est la dernière et la plus moderne construite dans la Cité des ducs : mise en service entre 1935 et 1937 le long du boulevard Bénoni-Goullin, elle a été conçue par l'ingénieur Henri Trinquart puis réalisée par les ateliers Schwartz-Haumont. À son inauguration, elle produit 200 tonnes de sucre par jour. Elle n'a plus aujourd'hui qu'une activité de conditionnement et emploie 80 salariés.
Plusieurs bâtiments du site industriel, propriété de Tereos depuis 2004, sont inscrits en totalité ou partiellement, détaille la DRAC :
- le bâtiment administratif et l'ancien atelier (boulevard Bénoni-Goullin) ;
- les bâtiments des sucres raffinés et des sirops avec leur passerelle jointive ;
- l'ancien entrepôt des sucres bruts T nord (côté Loire) ;
- l'ancienne cartonnerie à sheds conoïdes (près du boulevard Gustave-Roch) ;
- la cheminée.
Cette reconnaissance patrimoniale vient compléter des protections déjà importantes et pour certaines récentes sur ce type de patrimoine : « Site des Batignolles mais aussi les grues jaune, grise et noire, propriétés de la Ville, qui, comme l’usine Béghin-Say sont des marqueurs du paysage urbain et de l’identité du territoire », souligne de son côté la Ville de Nantes dans un communiqué. Et de préciser : « La Ville s’est largement investie dans l’étude et la mise en valeur de ce patrimoine dans le cadre de ses aménagements urbains depuis de nombreuses années (parc des Chantiers, Bas-Chantenay…) ».
Ce que change concrètement la protection
L'inscription au titre des monuments historiques a des conséquences juridiques. Tout projet de travaux sur les bâtiments protégés doit recevoir l'aval de l'architecte des Bâtiments de France (ABF), qui veille à leur bonne intégration et au respect du patrimoine. Les demandes de permis de construire ou d'aménagement, dans un rayon de 500 m autour du site protégé, sont aussi soumises à son avis. En contrepartie, le propriétaire peut bénéficier de financements de l'État pour des projets de réhabilitation, pour compenser les surcoûts liés aux exigences patrimoniales.