Ce qu’il faut retenir de la rentrée scolaire 2026
La rencontre du mois avec l’écrivain Olivier Bourdeaut
Publié le 01 sept. 2026
Dernière mise à jour 02 sept. 2026
L’auteur a publié au printemps dernier, "Une histoire d’amour et de violence", un récit long et poignant qui revient sur son enfance nantaise et la relation traumatisante et toxique qu’il a eu avec son père.
Il y a le succès inattendu, foudroyant et salvateur d’En attendant Bojangles, le premier roman d’Olivier Bourdeaut vendu à plus d’un million d’exemplaires. Et puis il y a l’enfance chaotique, cette « meurtrissure »
que l’écrivain, né à Nantes en 1980, dévoile dans Une histoire d’amour et de violence, paru au printemps. Entre les deux, une vie sur le fil faite de petits boulots, d’errances et d’addictions car « la violence, c’est comme une sorte de drogue et la rechute est accablante »
.
Entre temps, il a fallu qu’Olivier Bourdeaut attende d’être au fond du trou, échoué sur les rivages de la vie de notable qu’il rêvait en secret, pour se mettre à écrire sérieusement. Furieusement. « L’écriture a toujours été là, en moi. C’est comme une mission qu’il me faudrait accomplir dans cette vie, un sacerdoce. Mais encore faut-il l’accepter ! Il a fallu que j’attende la trentaine pour m’y mettre sérieusement, une fois que j’eus accumulé assez d’échecs et renoncé à devenir rentier... »
, déclare-t-il pince sans rire.
L'amour peut s'épanouir sans violence
Dans son dernier récit, l’écrivain, désormais installé en Espagne, narre ses années de plomb passées sous l’emprise d’un père, notaire de son état et adepte des violences aussi bien physiques que psychologiques. « Il tyrannisait tous ceux qui l’entouraient, sa femme, ses enfants, ses collaborateurs. Il avait beaucoup d’imagination dans le domaine des humiliations et des punitions
, se souvient Olivier Bourdeaut. Aussi bizarre que ça puisse paraître, je le détestais et l’aimais en même temps. »
Ce livre, c’est aussi, pour Olivier Bourdeaut, celui du pardon. « Quand on a été maltraité dans notre enfance, on n’a pas beaucoup de choix pour transcender ses traumatismes,
considère-t-il. Soit c’est la croisade permanente, je l’ai fait, ça m’a épuisé. Soit c’est le pardon. »
Dans la famille, et notamment parmi ses frères et sœurs, beaucoup lui sont reconnaissants d’avoir pris ainsi la parole. « Ils sont heureux que je me sois lancé dans ce récit car ça leur donne une sorte de mode d’emploi de ces années d’existence ténébreuses. »
Mais c’est à son jeune fils qu’il réserve le cœur de message de ce livre : « J’ai écrit ce livre pour tuer celui que j’allais finir par devenir, mauvais, rongé par la haine. C’est à la fois une catharsis et une promesse que je fais, à mon tour, à mon jeune fils : l’amour peut s’épanouir sans violence… ».
Olivier Bourdeaut en trois questions
Les lieux qui m’ont marqué
« Même si mon enfance a été difficile, je suis très attaché à Nantes. J’y ai vécu de ma naissance à mes 30 ans (Olivier Bourdeaut en a aujourd’hui 46, NDLR). La ville a beaucoup changé mais je l’aime toujours autant. J’y reviens quand je peux, pour voir de la famille et des amis. Parmi les lieux de mon enfance, il y a bien sûr la rue Copernic et ses alentours. Nous étions des bourgeois désargentés mais vivions dans un grand appartement décati, un appartement immense, délirant, avec des cigarettes allumées constamment, partout.
Il y a aussi le cinéma Apollo, qui était installé rue Racine. C’était une institution, on y voyait des films pour 10 francs, une peccadille ! Et puis, le Muséum, le musée et le parc où j’ai passé beaucoup d’après-midis à user mes culottes courtes (rires) ».
Comment je travaille
« Quand j’écris, j’ai besoin d’être seul, coupé du réel. Je m’isole, loin de la famille et des amis. Ces séances d’écriture sont assez intenses. Il en faut en moyenne six sessions d’une quinzaine de jours pour écrire un livre comme Une histoire d’amour et de violence. Quand j’écris, je n’ai pas de plan particulier, seulement une histoire en tête. C’est en se lançant que vient l’inspiration : il faut se laisser embarquer par le flot de l’écriture ».
Mes sources d’inspiration
« Beaucoup d’écrivains m’ont marqué. Quand je vivais à Nantes, jeune adulte, ma vie se résumait aux nuits d’ivresse et aux livres… L’élégance et la délicatesse d’un Francis Scott Fitzgerald dans Tendre est la nuit, la rudesse d’un Bukowski dans Women, la poésie mélancolique d’un Cervantès dans Don Quichotte : ces quelques auteurs font partie de mon panthéon, et m’ont donné envie d’écrire à mon tour ».
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