SPOT 2026 : confidences de trois artistes passés par le festival

Publié le 02 juin. 2026

Dernière mise à jour 02 juin. 2026

Programmé du 4 au 6 juin, le festival Spot permet à des artistes émergents d’être accompagnés et monter sur scène. Pour fêter les 15 ans du festival, neuf anciens « spoteurs » se retrouvent autour de reprises de Lorde ou Joy Division. Rencontre avec trois d'entre eux.

  • Une artiste chante sur scène.
    L'artiste Shadéblauck sur la scène de SPOT, en 2023. © Margaux Martin

En pratique

Festival SPOT, dédié aux jeunes talents nantais, du 4 au 6 juin 2026. 

Le 4 juin au TNT, les 5 et 6 juin cours Saint-Pierre. Les neufs anciens spoteurs - "Nine of Spot" - donneront leur concert le 6 juin à 19h. 

Quels sont vos parcours respectifs ?

Shadéblauck (rap) : J’ai commencé la musique à sept ans, après avoir entendu mon voisin jouer de la guitare. J’ai fait une école de musique puis une classe à horaires aménagés. Pendant mes études supérieures, j’ai commencé à écrire des textes, à chanter et j’ai acheté du matériel pour m’enregistrer. J’étais commerciale, la musique était un passe-temps. 

Je me suis installée à Nantes en 2020 et j’ai découvert Hip Opsession et le Summer Camp organisé par la rappeuse Pumpkin [qui réunit chaque année 12 rappeuses amatrices à Trempo pour cinq jours de création, ndlr]. J’ai sympathisé avec les filles et nous avons monté le collectif Grand Bruit. J’ai trouvé mon identité et fait mes premières scènes.

Geoffrey Le Gouaziou (folk) : J’ai fait le conservatoire en musiques actuelles et rapidement créé un groupe, Ämelast, qui n’existe plus. J’ai eu envie de me lancer en solo. En 2022, j’ai écrit un album, Summer Quiet, grâce auquel j’ai pu devenir professionnel, et fait de belles tournées. Aujourd’hui je fais aussi de l’action culturelle et je suis producteur.

Nicolas Masson (pop) : J’ai grandi aux Sables d’Olonne et commencé la musique au collège. Quand j’ai débuté la guitare, je me suis désintéressé de tout le reste, et quand j’en voyais sur scène, je me disais que c’était ce que je voulais faire. Ma mère m’a beaucoup soutenu, une chance car ça n’est pas considéré comme un véritable métier par beaucoup. Je suis venu à Nantes pour faire le MuMa à Trempo [une formation destinée aux musiciens et musiciennes des musiques actuelles, ndlr]. J’y ai rencontré Théo et Noé avec qui je joue aujourd’hui dans Mimosa.

Qu’est-ce que SPOT vous a apporté ?

  • Geoffrey Le Goaziou, chanteur-guitariste de folk et passé par le festival SPOT en 2017. © DR

Shadéblauck : En 2023 quand j’ai fait SPOT, j’avais envie de faire de la musique mais je n’arrivais pas à me projeter, j’alternais chômage et travail de commerciale. SPOT m’a permis d’avoir des retours de professionnels, du coaching, un regard extérieur sur mon projet, mais aussi des outils et du financement pour investir dans du matériel, des cours, des tenues pour la scène. J’y ai rencontré d’autres artistes. En ce moment dans le secteur de la culture, c’est très difficile. Ces projets qui aident les artistes émergents, qui peuvent leur permettre d’envisager des carrières qu’ils n’auraient pas forcément imaginées, sont importants.

Geoffrey Le Gouaziou : En 2017, l’accompagnement avec les répétitions avait permis de travailler notre projet artistique, j’ai rencontré des professionnels qui sont encore dans mon réseau aujourd’hui, comme Karine Baudry ou le compositeur et guitariste Nantais Manuel Adnot. Il nous avait aidés à terminer notre set, à solidifier les arrangements et nous avait donné des clefs pour que nous puissions travailler seuls. SPOT nous a aussi permis de découvrir l’écosystème culturel nantais.

Nicolas Masson : SPOT est devenu pour le milieu des musiciens nantais un festival que tout le monde connaît. C’est une belle initiative de mettre de la musique émergente sur une grande scène en plein centre-ville, accessible gratuitement pour le public, c’est un moment important pour beaucoup de projets.

L’accompagnement avant le concert est super, trouver des lieux de résidence sans débourser d’argent est quasiment impossible aujourd’hui. Pour nous, l’année dernière, le timing était parfait : nous enchaînions avec une tournée tout le reste de l’été, ce qui nous a permis d’être coachés et de pouvoir tester nos idées sur scène.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite se lancer ?

  • Un homme jouant de la guitare.
    Nicolas Masson, du groupe Mimosa. © DR

Shadéblauck : Aller à la rencontre d’autres artistes et de structures locales, aller aux open-mic, tester des tremplins, poster sa musique en ligne. Il faut être rigoureux et discipliné, investir sur soi, s’intéresser à l’environnement et à l’économie dans lesquels nous évoluons. Et surtout se faire plaisir et profiter du chemin. 

Geoffrey Le Gouaziou : Quand j’ai pris la décision de me lancer dans la musique, c’était difficile, très précaire, mais petit à petit je me suis créé un réseau, j’ai rencontré des professionnels et des personnes avec qui travailler et faire des projets. 

La musique, parfois c’est seulement 20 % du travail, tout le reste, c’est savoir aller vers les autres, démarcher, créer un projet intéressant économiquement et susceptible d’être programmé. Il faut cerner son projet musical, comprendre où il est possible de le faire, avec qui et saisir les problématiques globales autour du spectacle vivant. 

Nicolas Masson : Le plus important selon moi : jouer avec du monde, c’est ce qui fait le plus progresser. Aller en jam, trouver des amis avec qui faire de la musique, c'est déjà un grand pas.

Ces informations vous ont-elles été utiles ?

Satisfait du contenu de cette page ?

⚠️ Important : Nous ne sommes pas en mesure de vous répondre via ce canal. Merci de ne pas y inclure d’informations personnelles. 

Pour toute question sur les services de la ville et de la métropole, veuillez utiliser le formulaire de contact