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À Belle Vue, frère et sœur produisent de la viande bio de bœuf et de veau
Publié le 05 nov. 2026
Dernière mise à jour 05 nov. 2026
À Sautron, Alexandrine et Baptiste David ont repris la ferme de leurs parents début 2026. À la tête d'un cheptel de 100 vaches allaitantes qui pâturent sur 170 hectares, ils commercialisent leur viande bio principalement en vente directe.
À la ferme de Belle Vue, les vaches meuglent cet après-midi là. « On vient de séparer certaines génisses de leur mère, elles les appellent. Mais ça ne dure pas, demain, ce sera terminé »
, explique Baptiste David, installé en GAEC [Groupement Agricole d'Exploitation en Commun, NDLR] avec sa sœur Alexandrine. Début 2026, ces deux vingtenaires ont racheté l’exploitation de leurs parents, créée de toute pièce il y a 50 ans par leur père Marc, rejoint dans les années 2000 par leur mère Liliane.
L'élevage : une affaire de famille
Dans la famille David, seul un des quatre enfants n'est pas dans l'élevage bovin. « Notre frère a une exploitation à Treillières et avec Alexandrine, c'était évident pour nous de travailler dans le domaine, même si on ne pensait pas obligatoirement reprendre un jour la ferme de nos parents
», dit Baptiste. Titulaire d'un DUT en génie biologique et d'une licence professionnelle métiers de l'élevage, ce dernier a commencé par travailler pendant cinq ans comme technicien conseil au sein d'une association d'éleveurs. En 2025, il a quitté son emploi pour seconder son père, avant que ce dernier ne parte en retraite. De son côté, Alexandrine a passé un BTS agricole en systèmes d'exploitation et d'abord œuvré en service de remplacement dans d'autres fermes du département. Elle a rejoint l'exploitation en août 2025 et depuis le 1er janvier 2026, frère et sœur sont associés.
Deux spécialités : du bœuf et du veau de lait
Avec un troupeau de 100 vaches allaitantes - 90 limousines, une race à viande - et 10 normandes qui servent de nourrices grâce à la qualité de leur lait, la ferme de Belle Vue commercialise deux spécialités : de la viande de bœuf bio et du veau de lait bio. La viande de bœuf provient des vaches réformées, au bout de 7 à 11 ans. Le veau de lait - on parle aussi de veau élevé sous la mère - est lui abattu à quatre mois et demi : « C'est une viande très tendre car il n'a bu que le lait de sa mère, ou de sa « tante » normande. »
Les animaux de Belle Vue sont abattus à Vannes, Vitré ou Craon, à une heure trente au plus de la ferme. « Nous les livrons nous-mêmes sur site et toute notre production est commercialisée en Bretagne et en Loire-Atlantique.
»
Une ferme en autonomie
Du printemps à lautomne, les animaux broutent l'herbe des prairies en changeant régulièrement de site : c'est le pâturage tournant. L'hiver, ils consomment le foin et le grain issu des terres de l'exploitation. « Nous sommes autonomes, hormis cette année du fait de la sécheresse »
, expliquent les deux associés. Sur les 170 hectares, 20 sont cultivés en méteil : une céréale (le triticale) mélangée à une légumineuse (la féverole).
L'herbe des prairies est transformée en foin dans une grange, par ventilation d'air chaud provenant de caissons solaires. « Nous la ramassons humide, elle sèche naturellement sans être mise en bottes, ni ensilée : elle conserve ainsi le maximum de qualités nutritives. C'est pour ça que le foin est bien vert »
. La paille et le bois déchiqueté de leurs haies sont utilisés en litière. Et avec ses deux taureaux, la ferme assure aussi la reproduction en toute autonomie. Ce qui lui permet d'étaler les vêlages – la naissance des veaux – sur deux temps forts dans l'année : d’août à octobre et de janvier à mars.
La vente directe : un choix
Dès les années 2000, les parents David ont pris le virage du bio et de la vente directe, à la création des premières AMAP. Un vendredi par mois sur site, et sur commande, les consommateurs peuvent ainsi acheter les colis de la ferme de Belle Vue : « Les compositions varient selon que l'on est très cuisinier ou pas, en 5-6 kg pour le veau et 9 kg pour le bœuf »
. Le GAEC est également présent une fois par mois au marché de leurs voisins maraîchers à la ferme du Soleil à Orvault, le samedi, et livre cinq AMAP. « Nous écoulons 80% du bœuf et 30% du veau en vente directe, le reste est vendu sur les étals des magasins Biocoop ou de bouchers indépendants via le réseau Bretagne Viande Bio »
.
Les deux associés apprécient la vente directe qui permet d'aller de l'animal jusqu'à l'assiette et de ne pas dépendre des cours nationaux de la viande. « La proximité avec le consommateur est aussi l'occasion de vulgariser notre métier, avec des clients sensibles à notre travail, loin de l'agri-bashing »
. Des clients contents d’acheter de la viande en local, de qualité et à des prix intéressants : « Parfois, on est même moins cher au kilo qu'en grande surface ! »
S'adapter aux nouvelles conditions climatiques
Cette année, Baptiste et Alexandrine ont semé pour la première fois 10 hectares de sorgho, une céréale d'origine africaine, résistante à la sécheresse : « Elle a bien poussé en juin, ce qui nous a permis d'y faire pâturer les vaches en juillet. On recommencera l'an prochain »
, pense Baptiste. Pour remplacer les vieilles prairies moins nutritives, les deux associés font aussi évoluer leurs semis : « En plus du classique ray-grass, on intègre de la fétuque élevée, plus résistante à la chaleur, et trois ou quatre variétés de trèfle. »
Malgré ces ajustements, leur première année d'exploitation sera difficile : « Nous avons déjà dû acheter pour 12 000 € de fourrage, moins nutrtitif que le pâturage »
, se désole Alexandrine. Comme eux, leurs voisins éleveurs bovins manquent de stocks de nourriture : « Certains achètent du fourrage, d'autres vendent carrément une partie de leur troupeau ! »
Les deux associés, qui viennent tout juste d'augmenter leur cheptel, voudraient le conserver pour réussir à en vivre à deux correctement. « Pour l'instant, on se rémunère à 1 500 € chacun.
Et pour démarrer, on a pu compter sur des aides à l’installation, dont celle de Nantes Métropole ! »
Ces aides devraient leur permettre de simplifier l'abreuvement des animaux dans les prochaines années, pour éviter de transporter sans cesse des citernes d'eau sur leurs différents sites.
Pratique
La ferme de Belle Vue, 4 lieu-dit Belle Vue à Sautron
Vente directe à la ferme le vendredi, veille du premier samedi du mois, de 9 h à 18 h.
Vente au marché de la ferme du Soleil une fois par mois le premier samedi du mois, de 9h à 12h.
Et via les AMAP de Sautron, Orvault, Saint-Herblain bourg, Saint-Herblain Tillay et Treillières.
Contact : gaecdebellevue00@gmail.com
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