Transports en commun : du nouveau ce lundi sur le réseau Naolib
H2O de la Loire à la Loire, ép. 5 : la grande chute
Publié le 31 août. 2026
Dernière mise à jour 31 août. 2026
H₂O a rendu de fiers services. C’est maintenant une eau usée, mais elle le vit plutôt bien. Direction le réseau d'assainissement, où elle fait la connaissance d'une goutte d’eau pluviale et prépare sa renaissance.
Une amie née de la dernière pluie
Jour 14
Après avoir rempli une mission lavage à la cuisine, je ne suis plus tout à fait la même. L'eau domestique super clean que j'étais s’est chargée en impuretés... En clair, je suis devenue une eau usée ! Aussitôt vidée de la bassine où je stagnais, je m'engouffre dans de nouvelles canalisations. Voici encore un monde souterrain aussi vaste qu’insoupçonné. Sur la métropole nantaise, ce sont près de 4 664 km de réseaux qui collectent les eaux usées et les eaux pluviales. Soit quatre fois la longueur totale de la Loire.
À propos d’eaux pluviales, j’ai rencontré une goutte comme ça, tombée du ciel ce matin même – née de la dernière pluie, si vous préférez. Elle a ruisselé sur les toits et dans les rues, avant de se retrouver dans le même tuyau que moi. J’avoue n’avoir pas bien compris pourquoi... il va falloir creuser l’affaire.
Unitaire ou séparatif, quelle histoire !
Jour 15
Ma nouvelle amie pluviale m'a sortie du brouillard. En fait, il existe deux types de réseaux :
- Le réseau séparatif, c'est le plus logique avec deux tuyaux distincts : un pour les eaux usées qui filent vers la station d'épuration, un pour les eaux pluviales qui retournent directement au milieu naturel. Propre, efficace, vertueux, c'est le système en place dans la majorité des communes de la métropole nantaise.
- Ailleurs et en particulier à Nantes, c'est une autre histoire – ou le produit de l’Histoire, si on veut. Ici, globalement, c’est le règne du réseau unitaire : un seul tuyau pour les eaux usées et les eaux pluviales. Par temps sec, pas de problème, tout part à la station d'épuration. Mais avec de fortes pluies, le réseau peut saturer et déborder dans le milieu naturel.
Pour limiter ces déversements, une solution : des bassins de stockage temporaire. C’est ce qui est en train de se construire quai de Versailles, avec le bassin Barbin. Il pourra stocker jusqu'à 6 500 m3 lors des pics pluvieux, avant de les restituer progressivement vers la station d’épuration.
Un petit remontant
Jour 16
Je connais désormais notre destination : Tougas à Saint-Herblain. C'est la principale des 24 stations d'épuration de la métropole nantaise, capable de traiter près de 38,5 millions de mètres cubes par an. Mais ce voyage ne se fait pas sans efforts. Je suis passée par l’un des 400 postes de refoulement disséminés dans la métropole nantaise. Ne soyez pas dégoûté par le terme ! Ces ouvrages aussi discrets qu’indispensables servent à « remonter » les eaux usées pour qu’elles s’écoulent comme il faut jusqu’à la station. De nombreux travaux de mise aux normes et de renouvellement sont prévus dans les années à venir.
Nouvelle vie en vue
Jour 17
Tougas, enfin ! C'est parti pour un nouveau grand nettoyage, en version eau usée. Premier arrêt : le dégrillage pour retirer les gros éléments (lingettes, plastiques, etc). Puis un bassin : sables et graviers se déposent au fond, les huiles remontent à la surface pour être raclées. Jusque-là, c'est du tri. On passe ensuite à la décantation : les particules fines se déposent lentement au fond d'un grand bassin. Enfin, l’étape que je n'oublierai jamais : le traitement biologique. Des milliards de bactéries se jettent littéralement sur la matière organique et la pollution qui nous souillent. Dopées à l’oxygène, elles prolifèrent, elles dévorent, avant de laisser tomber leurs résidus au fond d'un décanteur, sous forme de boues.
Regardez-moi maintenant, je suis prête à retrouver le milieu naturel ! C’est vrai que le traitement est un peu déstabilisant – un peu comme essuyer une tempête – mais terriblement efficace. En 2025, le taux de conformité des stations d'épuration de la métropole nantaise atteignait 99,4 %. Dans l’assainissement, on va vraiment au fond des choses.