Sécheresse : quelles conséquences pour l'eau potable ?
H2O de la Loire à la Loire, ép. 4 : la grande découverte
Publié le 24 août. 2026
Dernière mise à jour 24 août. 2026
Après avoir parcouru des kilomètres de tuyaux, H₂O débouche enfin chez un particulier. Elle qui pensait être bue d'une traite découvre que la vie domestique est bien plus diversifiée que ça !
Le fameux 1 %
Jour 10
Après avoir parcouru des kilomètres de tuyaux, je débouche enfin chez quelqu’un. Un dernier passage par un robinet, et me voici dans une cuisine nantaise !
Je m'attendais à être bue d’une traite, à dévaler un gosier. C'est bien ça, le destin d'une goutte d'eau potable, non ? En fait, en discutant avec mes autres copines gouttes d’eau, j'ai appris que l’eau que l’on boit représente seulement 1 % de la consommation d'un foyer ! Les 99 % restants servent à tout autre chose. La douche émerge en premier avec 39 % de la consommation, la chasse d'eau suit avec 20 %, le linge tourne à 12 %, on plonge à 10 % avec la vaisselle et 6 % pour la cuisine, le lavabo suit à 6 % l'arrosage du balcon ou du jardin à 6 % aussi.
D’autres chiffres ? En France, on consomme en moyenne 150 litres d'eau potable par jour et par personne. À Nantes Métropole, on est plutôt à 120 litres, donc en dessous de la moyenne nationale. C’est plutôt une bonne nouvelle, mais pas une raison pour me gaspiller, et des efforts doivent encore faits si on veut préserver la ressource ! Surtout en période d'alerte ou de crise avérée comme en cette fin d'été. Vous voulez quelques astuces pour maîtriser votre consommation d’eau ? Suivez ce lien.
Eau du robinet : le luxe à 0,4 centime le litre
Jour 11
Dans la cuisine où je suis arrivée, j’ai compris ma mission : nettoyer les légumes du jour dans une bassine. Un boulot plutôt tranquille, qui m’a laissé le temps d’observer cet environnement domestique. C’est comme ça que j'ai remarqué, rangées dans le placard, des bouteilles d'eau minérale. Voilà pourquoi on ne m’a pas bue !
Bon, je ne suis pas du genre à me vexer, mais je vais quand même remettre les choses à plat. Le mètre cube d'eau du réseau, soit 1 000 litres, coûte aujourd’hui 3,98 € dans la métropole nantaise. Les besoins en eau potable d'une personne reviennent ainsi à 2 € annuels environ. Oui, 2 € pour une eau contrôlée des milliers de fois, acheminée jusqu'au robinet, douce et de bonne qualité. Face au prix des bouteilles, le calcul est vite fait. Et je ne parle ni des déchets plastiques, ni du bilan carbone.
Je ne dis pas que l'eau en bouteille n'a pas ses raisons d'exister. Je dis juste que moi, l'eau du robinet, j'ai fait mes preuves.
Des économies en vue
Jour 12
Parfois je me trouve un peu radine, c'est vrai, mais vu l’évolution du climat, toutes les économies d’eau sont bonnes à prendre, non ?
Tiens, si on parlait du lavage auto pour commencer ? Beaucoup de gens l’ignorent, mais laver sa voiture chez soi avec un tuyau d'arrosage, c’est tout simplement interdit par le Code de l'environnement. Logique, quand on y réfléchit, sinon les eaux de lavage chargées de graisse et de détergent finissent dans la nature. Aucun risque avec les stations professionnelles qui, elles, sont obligées de collecter et recycler leur eau.
Il y a aussi ce que font les collectivités. À Nantes Métropole, l'eau issue des stations d'épuration alimente les camions hydrocureurs qui entretiennent les réseaux d'assainissement. L'eau des piscines municipales va être réutilisée pour le nettoyage des rues. Et bien d’autres pistes sont en place ou à l’étude, chez les jardiniers ou les agents techniques, pour préserver la ressource.
Eau pour tous, tous pour l’eau !
Jour 13
Un mot sur un autre sujet qui me tient à cœur. Cette histoire plutôt heureuse de voyage, de réseau bien entretenu, d’eau accessible et de qualité, elle n'est pas partagée par tout le monde. Sur le territoire de Nantes Métropole, près de 16 000 personnes sont en situation de précarité vis-à-vis de l’eau potable, c’est-à-dire sans accès suffisant. Bidonvilles, gens du voyage, personnes en situation de précarité, habitations éloignées du réseau avec des puits taris... La collectivité a lancé un plan d'actions concret pour remédier à ces situations problématiques d'ici 2028. Une eau de qualité pour tout le monde, pour moi, ça devrait couler de source.