Aline Duret, reine du carnaval : « Partager un message d’inclusion »

Publié le 18 mars. 2026

Dernière mise à jour 19 mars. 2026

L’autrice de polars et professeure de littérature Aline Duret est la reine de l’édition 2026 du carnaval de Nantes. Rencontre.

  • Portrait d'Aline Duret.
    Aline Duret a été nommée reine du Carnaval de Nantes 2026. © Marc Roger

Quel est votre lien avec la littérature, le thème du carnaval cette année ?

Je suis enseignante au lycée de Carquefou depuis maintenant 9 ans et j’enseigne la littérature depuis 26 ans, toujours avec la même passion. En plus de ce métier, je suis aussi romancière. J’écris essentiellement des romans policiers avec des meurtres en série, publiés aux éditions du Palémon. Ils sont ancrés dans des lieux réels : le quai des Antilles ou la place Graslin à Nantes, Concarneau... 

J’ai récemment sorti une collection qu’on appelle des Cosy Mystères, avec une détective malvoyante qui est un peu mon avatar, accompagnée de son chien Albert. J’essaye de sensibiliser les lecteurs aux handicaps invisibles. En France, il y a un 1,7 million de malvoyants. Si l’on ajoute à cela la fatigue visuelle, les troubles cognitifs, les troubles dys, cela fait beaucoup de personnes qui renoncent à la lecture ou se retrouvent dans des stratégies d’évitement. Tous mes livres sont édités en grands caractères parce que j’ai à cœur de rendre accessible la lecture à toutes et tous. 

Quel est votre rôle en tant que reine du carnaval ?

J’encourage les carnavaliers et je donne une image positive du carnaval pour qu’un maximum de personnes y assistent ! Dès que j’en ai l’occasion, je communique. La semaine dernière j’étais à la résidence Espace et Vie de Saint-Herblain où les résidents avaient préparé leur carnaval de Venise. Je suis venue avec ma belle robe bleue les soutenir et assister à leur défilé. C’était un moment de partage, avec toutes les générations. Le carnaval remplit sa fonction de rassembler tout le monde, de ne laisser personne de côté. 

Quel message souhaitez-vous porter ?

Le titre de reine féminise le carnaval de Nantes puisque je suis la quatrième depuis 1945. C’est aussi pour moi l’opportunité de diffuser un message d’inclusion puisque je suis en situation de handicap. Je suis atteinte d’une maladie orpheline dégénérative neurologique qui affecte ma vue. Il ne me reste plus qu’un dixième de vue, et cela continue à descendre.

J’aimerais que tout le monde participe à cette immense fête, nous travaillons avec l’équipe de l’association NEMO pour qu'elle soit vraiment ouverte à tous. Nous avons imaginé un espace VIP pour les personnes en situation de handicap au départ du parcours et des QR codes qui permettront d’avoir une audiodescription des chars pour les personnes non-voyantes ou malvoyantes, comme moi. Sur mon char royal par exemple, je sais qu’il y a un Marsupilami au centre mais je ne le vois pas. Quand on me le décrit, l’image se précise dans ma tête et j’identifie la tache jaune comme étant le Marsupilami. Le carnaval est un univers d’imagination, et nous, malvoyants, avons besoin que l’on nous donne les éléments de description pour pouvoir participer pleinement à la fête. 

À quoi ressemblera votre futur char ?

Il s'intitule Une nuit à la bibliothèque. Il y aura dans le fond la bibliothèque de Narnia qui s'ouvre, avec le Marsupilami. Je prendrai place sur le trône, tout à l’avant.