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Comment resserrer les liens entre voisins ?
Publié le 04 mai. 2026
Dernière mise à jour 04 mai. 2026
Parfois réduites aux conflits qu’elles suscitent, les relations de voisinage jouent pourtant un rôle essentiel dans notre quotidien. Entre échanges informels, entraide ponctuelle et initiatives locales, elles dessinent des formes discrètes mais bien réelles de lien social.
« Heureusement que mon voisin est plombier ! »
De retour de vacances cet hiver, Clémentine constate que la chaudière de sa maison est en panne, alors que Nantes est recouverte de neige. Elle appelle alors Nicolas, qui habite la même rue, à proximité de la caserne Mellinet. « Je l’avais rencontré au
Printemps des voisins
et il m’avait parlé de son métier. »
En quelques minutes, le problème est réglé.
Les liens de voisinage se révèlent parfois précieux. 75 % des Français les considèrent d’ailleurs comme importants, selon un rapport de recherche sur les formes contemporaines du voisinage co-dirigé par le sociologue Jean-Yves Authier. « Dans nos sociétés marquées par la mobilité croissante et le développement des nouvelles technologies, les individus restent attachés aux relations avec leurs voisins. C’est celui qui vit à côté : il faut composer avec lui, mais il peut aussi être une ressource »
, explique le chercheur, également co-auteur de Ce que voisiner veut dire.
Contrairement aux idées reçues, ces relations ne se limitent pas aux conflits. À l’échelle d’un palier, d’une rue ou d’un quartier, les habitants continuent et aspirent à nouer des relations de proximité.
Construire une relation entre voisins
Selon cette enquête, près de 94 % des individus échangent régulièrement quelques mots avec leurs voisins. Mais comment ces interactions deviennent-elles un véritable lien social ? Arroser les plantes, prêter des outils, aider au bricolage ou au jardinage… Ces liens dits « instrumentaux » se construisent au quotidien. À l’initiative des habitants certes, mais ils dépendent aussi des occasions de rencontre : école, associations, parcs ou espaces publics. Les 30-44 ans apparaissent ainsi particulièrement actifs, car « les enfants, au travers de l’école, favorisent les relations de voisinage »
, rappelle Jean-Yves Authier. Mais « les liens de voisinage fonctionnent de manière cumulative : ceux qui voisinent le plus sont aussi ceux qui entretiennent d’autres liens sociaux »
nuance le sociologue.
Ainsi, certains habitants et habitantes restent éloignés de leurs voisins, notamment les jeunes dans les quartiers prioritaires de Nantes. « Les jeunes n’ont jamais été des champions du voisinage
, rappelle Jean-Yves Authier. Si on perçoit des tendances à l'isolement, c’est en raison d'absence d’intégration sociale de manière générale. »
Pourtant, dans ces quartiers, ces relations peuvent devenir essentielles. « Ici, il y a des fragilités sociales, avec par exemple une surreprésentation de familles monoparentales, par rapport à d’autres quartiers. Ces mamans ou papas solo peuvent avoir besoin de soutien »
, souligne Mathilde Gay, la responsable de la Maison des Habitants et du Citoyen de Bellevue. Garde d’enfants, accompagnement à l’école ou au club de sport : « Être en lien avec ses voisins rend parfois la vie plus douce »
.
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Initiatives et solutions nantaises
Pour encourager ces échanges, et a fortiori le vivre-ensemble, Nantes fourmille de solutions qui portent leurs fruits à travers la ville. « Il existe des leviers très concrets comme les
budgets participatifs
qui permettent de réunir des habitants et habitantes autour d’un projet pour leur quartier »
, détaille la responsable. Végétalisation, animations festives, aménagements conviviaux : depuis 2022, plus de 200 initiatives ont vu le jour. « Au-delà du résultat final, c’est très riche de par les rencontres et les échanges que le projet suscite »
, constate-t-elle. Mathilde Gay souligne également l’importance des lieux de vie. « Les
maisons de quartiers ou les centres socioculturels
offrent des espaces propices à la création de liens mais aussi des tiers-lieux associatifs comme Plan B à Bellevue, que la Ville soutient. »
Autant d’espaces et d’initiatives qui, à Nantes, transforment peu à peu les voisins en visages familiers.
Quelques chiffres sur le voisinage
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94 % des individus échangent régulièrement quelques mots avec leurs voisins.
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50 % prêtent des outils ou des ingrédients à leurs voisins.
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25 % aident pour du bricolage ou du jardinage.
Source : « Ce que voisiner veut dire », enquête de Jean-Yves Authier et Joanie Cayouette-Remblière, PUF 2025.
[Dossier] Nos voisins, alliés du quotidien
À Nantes, initiatives locales, lieux de convivialité, et dispositifs participatifs se multiplient pour favoriser les échanges et l’entraide entre voisins.