Marathon de Nantes 2026 : parcours, nouveautés et infos pratiques
« Femmes* vélo liberté », le sacre des reines en petite reine
Publié le 23 avr. 2026
Dernière mise à jour 23 avr. 2026
Jusqu’au 30 avril, à Cosmopolis et à la Bottière, cet événement explore en images, sons, ateliers, conférences ou balade des liens qui unissent les femmes et leur bicyclette, outil d’émancipation.
Expressions multiples
Les Increvables en Selle est une association cyclo-féministe nantaise, et internationale, puisqu’elle fait partie de la grande communauté des femmes qui font du vélo partout dans le monde. Elle promeut l’usage du vélo pour toutes et tous car, si elle est moyen de déplacement et compagne de sport ou de loisirs, la bicyclette est aussi un outil d’émancipation, de lutte et de transformation sociale, allié des luttes féministes et queer.
C’est ce que montre et démontre l’exposition actuellement présentée à Cosmopolis. Photos magnifiques, textes instructifs, broderies délicates, bandes dessinées, installations visuelles et sonores… Les œuvres de la photographe Manon Aubel, de l’autrice-illustratrice Isabel Del Real, de la cadreuse Swanee Ravonison, de la Palestinienne Duaa Qichta, de l’activiste états-unienne Shannon Galpin, entre autres, nous emmènent en Palestine, en Afghanistan, en Iran, aux États-Unis, nous font traverser sur deux roues le lac Baïkal. Et parcourir les routes de France à la rencontre de celles qui, armées de leur vélo, luttent, réparent, se déplacent, voyagent.
« Nous avions beaucoup de matière, beaucoup de contacts, de quoi créer un événement. Après L’increvable festival en mai 2025 à la Générale, Cosmopolis a accepté d’accueillir ce projet plus ambitieux, qui a nécessité un an de boulot avec l’aide de bénévoles et de nombreux partenaires »,
explique raconte Lucie, cofondatrice de la structure.
La place de la bicyclette dans la vie des femmes
L’association a été créée en 2021 par trois amies réunies par la place du vélo dans leurs vies : « Morgane pratique le VTT en zone rurale, Sophie se déplace à vélo en ville, moi je suis mécanicienne vélo,
détaille Lucie. À partir de nos trois expériences, nous nous sommes demandé quelle est à la place du vélo dans la vie des femmes aujourd’hui »
Leurs recherches les amènent à réaliser que la bicyclette a participé de l’évolution des droits des femmes : « Cela a par exemple accéléré l’autorisation de porter des pantalons. Le vélo était aux côtés des suffragettes en Angleterre et aux États-Unis. Cette approche historique s’est complétée par le recueil de témoignages, via les réseaux sociaux, et avons peu à peu intégré une communauté mondiale. »
Deux voyages et deux courts-métrages
« Le témoignage de Laëtitia, tétraplégique à la suite d’une agression, nous a donné l’envie de pédaler pour visibiliser les violences conjugales,
poursuit Lucie. Nous avons voyagé de Nantes à Noirmoutier avec Laëtitia, grâce à un tandem adapté loué à Clisson. Nous avons roulé et parlé de la reconstruction après des violences, échangé des solutions, des outils... »
Le court-métrage racontant cette aventure, réalisé par Manon Aubel, est diffusé dans l’exposition : « Nous avons beaucoup de demandes de projections dans des festivals féministes, de vélo, dans des cinémas ou des écoles ».
Deuxième voyage en 2023, jusque chez Laëtitia en baie de Somme, pour évoquer le thème les violences sexuelles et sexistes au quotidien, et deuxième court-métrage.
Fatima Zahra Damir : le vélo contre les émotions négatives
C’est grâce à un partenariat entre la Ville de Nantes et une association française de Casablanca, et avec l’appui de l’institut français de Casablanca que Fati Zahra Damir, artiste numérique, a pu décrocher in extremis un visa pour participer à l’exposition : « Je m’intéresse aux émotions, à la santé mentale. L’installation que je présente à Cosmopolis évoque le deuil, après un décès, une séparation, et propose une balade à vélo comme solution pour abandonner le négatif, remplacer par exemple un attachement toxique par quelque chose de sain. Tristesse, colère, joie… les émotions sont les mêmes chez tous les humains, elles nous rapprochent. J’ai installé dans un coin un petit bureau, sur lequel j’invite les visiteuses et visiteurs à s’installer pour écrire, anonymement, une émotion. J’ai déjà recueilli 49 lettres, que je n’ai pas encore lues. Je les rapporterai au Maroc pour les ajouter à l’œuvre. »
Rencontre avec Fatima samedi 25 avril à 16h, Cosmopolis.
En pratique
Femmes* vélo liberté : exposition à Cosmopolis, passage Graslin, 18, rue Scribe, du lundi au vendredi de 13h30 à 18h30, samedi et dimanche de 14h à 18h.
Autour de l’exposition, les rendez-vous sont multiples : projections, rencontres, balade à vélo… Parmi eux :
• ce vendredi 24 avril, conférence gesticulée « Vélotopie…. Illusion d’élite »
• dimanche 26, atelier d’autodéfense féministe à vélo et projection des deux films de Manon Aubel
• mardi 28, Shannon Galpin raconte ses douze années d’engagement humanitaire et journalistique aux côtés des cyclistes afghanes
• jeudi 30 à 20h, soirée de clôture avec la chorale Les Ré-enchanteuses et Dj Mym’s.
Parallèlement, l’expo Rouler la mécanique, autour des portraits des mécanos nantaises réalisés par Manon Aubel, est proposée jusqu’au 30 avril dans la maison de quartier de la Bottière (147 route de Sainte-Luce), après avoir investi le centre socioculturel du Perray du 18 au 17 avril.