Largo, 10 ans de reconditionnement made in Nantes Métropole

Publié le 08 juill. 2026

Dernière mise à jour 08 juill. 2026

Basée à Sainte-Luce-sur-Loire, l'entreprise a écoulé pas moins de 700 000 smartphones en 10 ans d'existence, avec un modèle fondé sur l'économie circulaire.

700 000 smartphones en 10 ans

  • Dans l'atelier de Largo. © Ludovic Failler

C’est un vaste atelier de 1 000 m², entièrement dédié au reconditionnement d’appareils numériques. Vêtus de blouses blanches, techniciennes et techniciens s’affairent, outils en main, penchés sur leurs postes de travail ou les yeux rivés sur de puissantes loupes binoculaires. Ils font tourner une chaîne capable de traiter 20 000 appareils par mois, pour l’essentiel des smartphones. Chacun suit un parcours précis : réception, diagnostic, effacement des données, réparation, contrôle qualité, expédition. En moyenne 45 minutes de traitement, avec une traçabilité assurée de bout en bout.

Bienvenue chez Largo, une entreprise de l’économie sociale et solidaire installée à Sainte-Luce-sur-Loire ! En dix ans d’activité, elle aura permis à plus de 700 000 smartphones d’être remis en circulation – dont 500 000 sur les quatre dernières années seulement. Un plus pour la planète, quand on sait que chaque appareil reconditionné permet d'éviter en moyenne l'extraction de 82 kg de matières premières...

Le reconditionné, nouveau réflexe des Français

  • Reconditionnement de smartphone chez Largo, à Sainte-Luce-sur-Loire. © Ludovic Failler

Durant sa première décennie d’existence, Largo est passée d'une logique de start-up à une organisation industrielle, tandis que le marché changeait de visage. Si en 2016, les produits reconditionnés souffraient d'une mauvaise image, « dix ans plus tard, ils occupent 22 % de parts de marché en France, observe Christophe Brunot, PDG et cofondateur de Largo. C’est la meilleure performance européenne ».

Parmi les clés de cette progression, la bonne qualité des appareils avant leur reconditionnement. Largo appuie son « sourcing » sur des programmes de reprise auprès des particuliers et des professionnels, complétés par des fournisseurs internationaux. « L’Europe représente à peu près 25 % du gisement, précise Olivier Blanchard, à la direction des opérations. Ce n’est pas assez pour satisfaire la demande, donc pour le reste, on se fournit à l’international ».

Les critères de sélection conditionnent la qualité du produit fini, qui bénéficie d'une garantie de 24 mois – un alignement sur les standards du neuf qui a contribué à asseoir la confiance des consommateurs. L'entreprise lucéenne a d’ailleurs obtenu en 2025 les certifications ISO 9001 (qualité) et ISO 14001 (environnement), et renouvelé le label RECQ, un label européen garantissant la qualité des produits reconditionnés par des professionnels du réemploi. 

Un ancrage local qui se renforce

  • De g. à d. : Christophe Brunot, Olivier Blanchard et Frédéric Gandon. © Ludovic Failler

Pour ce qui est de la distribution, Largo s'appuie depuis plusieurs années sur des partenariats avec Orange et Bouygues Telecom, et vient de contracter avec Fnac Darty et Electro Dépôt. « On fournit aujourd’hui la moitié des majors de la distribution de produits reconditionnés », souligne Frédéric Gandon, directeur général délégué et cofondateur de l’entreprise. Les ventes se développent aussi sur largo.fr et via un extranet, des canaux de distribution désormais préférés aux plateformes de vente en ligne type marketplaces.

Largo entend désormais étoffer sa gamme au-delà du smartphone, avec l'arrivée prochaine de tablettes, ordinateurs portables, montres et écouteurs reconditionnés. De quoi conforter, dans la métropole nantaise, une filière qui conjugue emploi local et réponse aux enjeux de la transition écologique.